RAPPORT SUR LES MUTILATIONS GENITALES FEMININES 13% des initiateurs sont des hommes

excision_sn_2Le rapport finale de l’étude commanditée, entre autres, par le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) et le ministère de la Santé à Dakar et Tamba, zones de fortes pratiques des mutilations génitales féminines montre que,  13% des responsables de la pratique sont des hommes.

13% des initiateurs (de la pratique) des mutilations génitales féminines chez la population locale et migrante à Dakar et Tambacounda sont des hommes. S’ils ne sont pas les commanditaires, ils apparaissent dans d’autres cas comme les exciseurs. C’est ce qui ressort d’un rapport sur la pratique des mutilations génitales féminines dans les deux localités cibles rendu public hier, vendredi 18 juillet,  lors de l’atelier de restitution.  

Toutefois, le rapport indique une forte présence féminine derrière les mutilations génitales d’une part. D’autres parts, Mari Sabara, un des réalisateurs de l’enquête indique que sur les cas d’excision notés, les 5%, sont faits par le personnel soignant. 
 

Selon l’étude, depuis la criminalisation de la pratique, avec la loi 99-05 du 29 1999, d’autres moyens sont utilisés pour que la tradition soit perpétrée de manière discrète. Ainsi on assiste à la «dé-ritualisation» de la mutilation, ce qui fait croire qu’elle a démunie alors que ce n’est pas le cas ou simplement c’est une mère qui perpétue la tradition à sa propre fille. Par ailleurs, indique Aïssatou Diouf, la Directrice de la famille, dans le but de maintenir le secret, des bébés sont mutilés juste après la naissance.     
 
La non application de la loi fait que des gens continuent à s’adonner à la pratique, car depuis 1999, date de promulgation de la loi, moins de 10 cas ont été portés à l’attention des autorités judicaires au Sénégal. D’autres raisons justifiant la récurrence de la pratique sont la référence à la religion notamment à l’Islam, la stigmatisation des filles non excisées dans les communautés favorables aux mutilations génitales féminines conduisant souvent à l’exclusion sociale de celles n’ayant pas subi la pratique. 
 
Sur 40% des filles excisées à Dakar seules 12, 5% sont originaires de la région
 
Les études ont montré également que les communautés adeptes de la pratique se déplacent dans les villes carrefours comme Dakar et Tambacounda pour exciser discrètement la fille. Si l’on en croit le rapport, sur 40% des filles mutilées à Dakar seules 12, 5% sont originaires de la région.

Ainsi pour faire face au phénomène, les acteurs impliqués dans la lutte trouvent qu’il faut renforcer la coordination entre les différents intervenants surtout dans la région de Tambacounda considérée comme une poche de résistance, d’intégrer systématiquement dans la lutte les mères et les grand-mères, les ordonnatrices, de disséminer le arguments religieux qui justifieraient la pratique et d’amener les professionnels de la santé à contribuer à la détection et à la remontée des cas identifiés.  
 

Il est aussi nécessaire, de l’avis du Secrétaire générale du ministère de la Famille et de l’Enfance, Adama Baye Racine Ndiaye, d’appliquer systématiquement la loi interdisant les mutilations génitales féminines.

Fatou NDIAYE

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