RD Congo : Kabila promet la “publication prochaine” du calendrier en vue de la présidentielle

Bien qu’aucune date n’ait encore été fixée, le président congolais Joseph Kabila a assuré samedi à l’ONU que son pays se dirigeait irrévocablement vers des élections. Logistique, finances, sécurité : des défis de taille sont encore à surmonter.

“J’affirme que le cap vers des élections crédibles, transparentes et apaisées, est définitivement fixé.” Joseph Kabila s’est montré des plus déterminés lors de son allocution, samedi 23 septembre, devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York. Le président de la République démocratique du Congo (RD Congo), dont le second mandat de cinq ans a expiré le 20 décembre 2016, dit attendre “la publication prochaine” du calendrier électoral. La Constitution lui interdit de se représenter.

“Il y a lieu de se féliciter du fait que plus de 42 millions d’électeurs sur 45 millions projetés ont d’ores et déjà été enrôlés”, a souligné le chef d’État, en précisant que la dernière phase d’enrôlement venait de commencer dans les deux dernières provinces, dans le centre du pays.

Un accord politique signé par les différents partis le 31 décembre 2016 a fixé la tenue d’élections avant la fin de l’année 2017. Des délais qui risquent d’être difficiles à tenir, selon beaucoup d’experts, notamment car le recensement des derniers électeurs doit durer au moins jusqu’à la mi-décembre dans la région du Kasaï, théâtre de violences depuis un an.

Un report des élections courant 2018 ?

“Le défi en vue de l’organisation des élections dans mon pays demeure énorme, tant au plan logistique, financier, sécuritaire et normatif”, a reconnu le président Kabila. Mais “notre marche en direction [des élections] est irréversible […] Le tout sans ingérence extérieure, ni diktat quelconque”, a-t-il insisté.

Selon une source diplomatique à Kinshasa, un report des élections courant 2018 pourrait être accepté par les anti-Kabila, mais pas au-delà.

Les casques bleus “ne peuvent rester indéfiniment”

Le président congolais a aussi affirmé qu’il fallait “déterminer le rythme de réduction de la force de la Monusco [la mission de l’ONU dans le pays] jusqu’à son retrait total”, ajoutant : “Il est clair qu’après vingt ans de déploiement, la force onusienne ne peut nourrir l’ambition de rester indéfiniment dans mon pays, ni d’y exercer son mandat avec le même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées.”

“Depuis plusieurs années, nous exigeons le redimensionnement de la force de la Monusco”, a rappelé Joseph Kabila. “Nous n’entendons pas transiger avec le respect dû à la souveraineté de la République démocratique du Congo tel que garanti par la charte de notre organisation”, a-t-il martelé. La Monusco, plus grosse opération de paix de l’ONU, compte aujourd’hui plus de 18 000 personnes.

Plusieurs éléments aggravent la crise politique en RD Congo, pivot instable de l’Afrique centrale avec ses neuf frontières, 2,3 millions de km2, quelque 70 millions d’habitants, 3,8 millions de déplacés internes et 500 000 réfugiés du Rwanda, du Burundi, du Soudan du Sud et de Centrafrique.

Parmi eux, des groupes armés sont toujours actifs dans l’est frontalier du Soudan du Sud, de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, tandis que l’ONU a enregistré récemment “une augmentation importante” des violations des droits de l’Homme.

Avec AFP

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