RDC : Historique ! Tshisekedi l’emporte avec 38,57%. Les jérémiades de Fayulu

Proclamés finalement tard (aux environs de 3 heures du matin) dans la nuit du 9 au 10 janvier, les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 en République démocratique du Congo donnent le chef de l’opposition, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, vainqueur avec une majorité relative de 38,57%. Devant ses deux principaux adversaires, Fayulu et Shadary.  

Le score n’est peut-être pas à la hauteur de l’engouement manifesté par le peuple congolais pour le changement. Mais pour une élection qui a été boycotté par plus de la moitié du corps électoral, une élection de laquelle ont été exclus près de 6% du corps électoral du corps électoral dans les provinces du Nord-Kivu et du Mai-Ndombé, la victoire du leader de l’opposition, et surtout une élection qui a connu une pléthore de candidats des partis dits d’opposition, la victoire historique du chef de l’opposition congolaise n’en parait que plus retentissante.

Du jamais vu depuis la victoire aux élections générales de mai 1960, remportées  largement par le Mouvement national congolais (MNC) de Patrice Lumumba.  Sur  18.281.100 suffrages valablement exprimés, le candidat de la coalition CACH qui le disputaient à 19 autres, dont celui de la non moins redoutable coalition Lamuka, a recueilli à lui seul 7 051 013 de voix pour un score en valeur relative de 38,57%, devançant considérablement son poursuivant, Martin Madidi Fayulu, 34,8% soit 6.366.732 voix, et de loin, le candidat du pouvoir, Ramazani Shadary, 23,8% soit 4.357.359.

Comme cela était prévisible, les 17 autres candidats dont on se doute que la plupart des candidatures furent validées pour émietter les voix du camp du changement, ont dû se contenter de la portion congrue restante des 517.362 voix restantes à se partager.

Fayulu et les jérémiades d’un mauvais perdant?

Evidemment, les résultats du 10 janvier restent provisoires, puisque les résultats de certaines circonscriptions électorales communales ne tomberont que ce jeudi, notamment dans les communes de Masisi et Rutshuru (Nord-Kivu) où le corps électoral est composé d’environ 122.000 individus, sans compter le Sud-Kivuoù l’on retrouvé dernièrement dans une rivière des sacs contenant des paquets de bulletins de vote du candidat Félix Tshisekedi et où les témoins de l’opposition ont refusé de signer les procès-verbaux, à cause de leur non-conformité avec la loi électorale. A cela il faut ajouter les communes exclues du vote dans deux provinces qui ne voteront qu’en mars prochain, deux mois après que le président élu aura déjà prêté serment. Il n’en demeure pas moins qu’en l’état actuel des choses, il ne sera plus possible de rattraper le vainqueur “provisoire”, FATSHI (du petit nom de Félix Tshisekedi)

Si les résultats proclamés ce matin par la CENI ont suscité de l’euphorie dans le camp du changement qui a consenti tous les sacrifices imaginables pour se débarrasser du régime Kabila, ils semblent avoir laissé un goût d’amertume chezle candidat de Lamuka qui refuse de regarder la réalité en face et parle d’un « putsch électoral » et de résultats « ridicules ».

« Ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes. C’est une vilaine escroquerie de M. Nangaa et de son camp politique. C’est un véritable putsch électoral, c’est incompréhensible. Je demande à la Cenco, à l’Eglise du christ au Congo, à la Symocel et à tous ceux qui ont observé les élections de me dire la vérité, de publier les résultats. (…) On a volé la victoire du peuple congolais et le peuple congolais n’acceptera jamais que sa victoire lui soit volée », a déclaré sur les antennes de RFI Martin Fayulu, que des observateurs avaient déjà vu venir, quand ses partisans ont déversé leur bile sur les médias et réseaux sociaux en évoquant une probable entente entre la coalition CACH et le candidat du régime, après que Félix Tshisekedi a affirmé  que la RDC post-Kabila devait faire l’économie d’une chasse aux sorcières contre le dirigeant sortant, et privilégier la réconciliation des Congolais pour un nouveau départ.

Le chef de file de Lamuka qui a sans doute la mémoire  un peu trop oublieuse, semble faire fi du fait que pendant la campagne électorale, de nombreux partisans des deux principaux partis qui le soutenaient, à savoir “Ensemble pour le changement” de Moïse Katumbi, et le Mouvement de libération du Congo de Jean-Pierre Bemba, avaient rallié publiquement le duo Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi-Vital Kamerhe (FATSHIVIT).

Mais sa démarche pourrait difficilement prospérer, le peuple congolais qui a trop souffert , au moins ces 20 dernières années ayant obtenu l’essentiel du résultat de son combat, et aspirant à observer une pause pour se relancer.

Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde

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