Recomposition du gouvernement et de sa majorité : Macky, un otage libéré

Ses hommes ont perdu là où il ne fallait pas et Macky Sall en profitera sûrement pour les punir sans contrainte. Le chef de l’Etat aura donc à faire avec les vainqueurs, même ceux qui ne sont pas de son camp.

La défaite de Benno bokk yaakaar ou de l’Apr est difficile à avaler pour son chef, Macky Sall. Mais elle sera un baromètre de ce que sera la suite de son mandat.

Le chef de l’Etat, longtemps considéré comme un homme «pris en otage» par ses fidèles lieutenants apéristes et ses alliés, a tout de même les cartes en mains.

Pour la prochaine Présidentielle, il ne peut compter (seulement) sur les communes et départements d’ail­leurs, parce que le défi à relever sera de ne pas laisser confirmer les voix perdues à Dakar.

Le verdict des urnes ayant déterminé le poids de chacun de ses éléments, Macky Sall peut se séparer de certains d’entre eux, battus, sans être accusé d’avoir trahi qui que ce soit.

Aux premières heures de ce qui ressemblait à une «dualité au sommet» entre lui et son Premier ministre, d’aucuns avaient soupçonné le chef de l’Etat d’être «derrière» les attaques contre Mimi Touré et de laisser pourrir une «mise à mort programmée».

Aujourd’hui, la sélection devient naturelle avec la défaite du chef du gouvernement à Grand Yoff et face à Khalifa Sall. De la même manière, «punir» Seydou Guèye et d’autres ministres et directeurs généraux, ajournés à l’examen des Municipales et Départementales, serait vu comme «logique».

Le message était pourtant clair et semblait inspiré de la philosophie de François Mitter­rand aux jeunes du Ps : «Faites vous élire ! (…) Pour durer, asseoir votre légitimité et avoir une chance de rebondir, mieux vaut une solide base locale qu’un éphémère portefeuille ministériel». Cela n’a pas été le cas pour nombre des ministres de l’Apr ou de Bby. 

Macky obligé de composer avec le réel
Mais au-delà de son propre parti, Macky Sall ne manquera pas d’analyser son alliance avec Moustapha Niasse et l’Afp. Il est vrai que dans un contexte où le Ps, avec Khalifa Sall, capitalise le succès de Taxawu Dakar, il serait impensable d’affaiblir ce gentleman agreement réaliste. Il s’agit seulement de se rendre compte de l’apport des Progressistes symbolisé, par exemple, par la non reconduction du maire du Point E, Malick Diop.

De façon générale, une recomposition s’impose au chef de l’Etat : faire avec les nouveaux élus qui ont ravi la vedette à ses hommes de confiance, c’est-à-dire composer avec le réel. Choisir les hommes qu’il faut pour atteindre «son» Sénégal émergent, car le deuxième mandat dépendra de son bilan. Et là, le prochain gouvernement pourrait accueillir de nouveaux visages, pas forcément politique ou «quotataire» de son parti ou de ses alliés.

Il lui avait été reproché de faire la part belle à ses alliés au détriment de ses hommes qui, finalement, ont été admis dans l’équipe de Mimi Touré. Cette contrainte est aujourd’hui levée par l’échec de nombre de ses ministres apéristes défaits dans leur fief. Et ces révélations ne sont pas toujours de l’opposition, mais issues des listes parallèles ou citoyennes qui ont émergé dans Dakar ou dans les régions. Sans doute, le premier acte de cette nouvelle forme d’alliance commencera par la rude bataille des conseillers devant désigner le maire. 

Écrit par Hamath KANE

hamath@lequotidien.sn

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