REDUCTION DU MANDAT DU PRESIDENT DE 7 A 5 ANS Quand Macky prépare au revirement

macky-signe_1La promesse tenue par le Président Macky Sall, entre les deux tours, celle de réduire son septennat en quinquennat, réitérée dans la cour de l’Élysée en février dernier, tarde toujours à se concrétiser. Entre temps, sa volonté de s’en référer à la loi, et la position soutenue par certains de son camp, notamment le Réseau des Enseignants de l’Apr, laissent planer un désir de préparer les populations à un possible «wax waxeet bis» (volte-face ou revirement)

Déclarée en pompe entre les deux tours de la Présidentielle de 2012, et réitérée à travers moult sorties du Président de la République, la promesse de Macky Sall de réduire le mandat Présidentiel de 7 à 5, de manière rétroactive, tarde à voire le jour. Des lenteurs dans la modification des textes de la Constitution sénégalaise qui laissent perplexes plus d’un.
 
Pendant ce temps, et pas plus tard que le mardi dernier, le Réseau des Enseignants de l’Alliance Pour la République (Apr) est monté au créneau pour demander au Président de revenir sur sa promesse. Comme arguments avancés, et se basant sur 3 possibilités (Assemblée Nationale, Référendum, démission) qui s’offrent au Président, Amath Suzanne Camara et compagnies ont estimé que «cela présente des risques». Selon eux, la majorité des élus du peuple peut opposer son vote à ce projet de réduction de mandat. Sur ce, ils ont déclaré qu’ «il est donc techniquement impossible de réduire le mandat du Président». 
 
Une position qui vient rappeler les déclarations de Macky Sall, quelque peu assimilable à ce que l’on pourrait appeler «mettre de l’eau dans son vin», récemment sur les antennes de Rfi. En effet, lors du dernier sommet consacré au financement des infrastructures dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), Macky Sall n’a pas manqué de se prononcer sur ladite question. Interpellé là-dessus, Macky avait déclaré : «Je ne sais pas combien de fois j’ai déclaré que je réduirais mon mandat à cinq ans. Maintenant, je leur ai dit qu’il fallait attendre la fin des élections locales pour que je reprenne le dossier». 
 
Cependant, s’était-t-il empressé de rappeler que c’est une volonté et une conviction personnelles, mais que «là ce n’est pas moi qui fais la loi. Il appartiendra au Parlement ou au référendum, selon le schéma qui sera arrêté» d’en décider, avait-t-il indiqué. Des propos qui laissent perplexe tout citoyen averti, au vu de la position tranchée tenue lors de l’entre deux tours de la présidentielle de 2012 et lors de son séjours à Paris, en février dernier. 
 
Pour rappel, suite à sa sortie pour exprimer sa ferme volonté de respecter sa promesse de campagne, le groupe parlementaire Bby avait pondu un communiqué pour le féliciter dans sa «constance».  Pour la coalition Bennoo Bokk Yakaar, le Président Sall s’honore et honore son pays et «il fait mentir l’adage selon lequel les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient». Une manière, selon Moustapha Diakhaté de mettre fin au débat sur la promesse de réduire son septennat en quinquennat. Au vu de la tournure des élections locales, caractérisée par l’éclatement par endroits de la coalition Bby et  à la sortie de certains du camp présidentiel, et à ce qui peut être assimilé à «mettre de l’eau dans son vin», s’achemine-t-on vers un possible remake du «wax waxeet» ou revirement ?

Jean Michel DIATTA

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*