RÉSILIENCE AUX CHOCS. Par Mamadou NDIAYE

Autour de nous, il y a un cercle de feu. Pris en tenaille par une chaîne de conflits, le Sénégal ne manque pas d’observer ce qui ce se passe chez ses voisins immédiats. Depuis 2012, le Mali est coupé du nord de son territoire où sévissent des rebellions et des jihadistes qui y occupent les principales villes. En 2013, la France lance l’opération Serval pour endiguer leur progression vers la capitale Bamako. Puis, Serval devient Berkane et engage plus de troupes au sol. La même instabilité s’étend au Niger et au Burkina Faso régulièrement frappés par des attaques sanglantes. Par moment, la Mauritanie repousse des offensives terroristes. Au Tchad, l’armée est sur le qui-vive. Ces différents pays ont en commun d’être membres du Groupe des Cinq pays du Sahel qui ne comprend pas le Sénégal. Paradoxe ou anomalie ? Les deux. Personne ne s’explique l’absence de Dakar de ce projet voué à la protection des frontières placées sous contrôle. De ce constat pointe une explication du rejet : impliqué dans divers théâtres d’opérations dans le monde sous l’égide de l’ONU, le Sénégal se prévaut d’une expérience distinctive qui pourrait servir dans la zone sahélienne. Son armée a du métier, reconnu mondialement. Ce prestige gêne la Mauritanie qui, à la manœuvre, préfère une « bande de 5 » qui exclut le Sénégal et adoube le lointain Tchad. Tactiquement Nouakchott parvient à ses buts. Mais au plan opérationnel, le G5 Sahel bouge peu. Un comble dans cette partie très secouée de l’Afrique. Par un enchaînement de circonstances favorables, notre pays se réintroduit par la voie diplomatique au cœur du processus de pacification du Sahel. Au mois de juillet 2018, un plan « Sahel, terre d’opportunités » en six points est justement examiné en marge du sommet de l’Union africaine qui se tenait dans la capitale mauritanienne. Ce long détour a valeur d’interpellation au sujet de la question sécuritaire comme un thème axial dans la prochaine campagne présidentielle. Il n’ y a pas de prospérité sans sécurité. Très certainement celle-là conditionne celle-ci. Autrement dit, l’attrait des investisseurs est fonction des aptitudes des pays à assurer un climat d’affaire propice à l’expansion économique. L’inégal niveau de développement des pays du Sahel se traduit par une résilience asymétrique aux chocs extérieurs. Que faire dès lors pour rassurer les opinions inquiètes ? La sécurité aux frontières va-t-elle dominer la campagne électorale ? Comment contenir les populismes qui surfent sur la vague de l’émotion ? Nos potentiels candidats réfléchissent à ces problématiques qui deviennent maintenant des préoccupations populaires. Elles sont tout aussi importantes que les questions domestiques : emploi, santé, éducation, environnement. S’il flotte dans l’air l’idée d’une politique commune des frontières, ceux qui aspirent à nous diriger devraient articuler des stratégies pour présenter aux citoyens (appelés à voter) de meilleures offres de sécurité possible. La quête du bonheur passe par la satisfaction des besoins primaires. La sécurité en est un : à l’interne tout comme à la périphérie…

In the Spotlight

Les USA volent le pétrole syrien (Vidéo)

by Seutou Lat Dior in A LA UNE 0

Les Etats-Unis seraient en train de dérober le pétrole syrien depuis la province de Deir Ezzor. C’est ce qu’a révélé l’agence syrienne Arabi Today, à la foi d’un membre des Forces démocratique syriennes (FDS), cette [...]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*