RESTAURATION AU MOIS DE RAMADAN POUR LES NON JEUNEURS Tracassaries pour un plat « par défaut »

RESTAURATION AU MOIS DE RAMADAN POUR LES NON JEUNEURSLa période du ramadan est un moment de privation de nourriture pour les fidèles musulmans, mais aussi un temps de calvaire pour les non jeuneurs à la recherche de quoi se mettre sous la dent. Même si par endroits quelques rares restaurants ont ouvert leurs portes, les personnes rencontrées se sont plaints de la réduction de l’offre, les obligeant à manger ‘’par défaut’’ au pire des cas de se contenter d’un petit sandwich.

C’est parti pour un mois de jeûne pour les fidèles musulmans et un mois à problèmes, pour les non jeûneurs à la recherche de quoi venir à bout de leur faim. A Dakar, la majeure partie des restaurants mettent la clé sous le verrou à l’heure du déjeuner, certains ont fermé pour tout le mois de ramadan. Si à l’Université Cheikh Anta Diop, le service du midi se fait normalement pour les étudiants qui n’ont pas jeûné, ailleurs le constat est tout autre et les non jeûneurs vivent un calvaire pour dénicher soit un restaurant, soit un plat à leur goût. 
 
Au téléphone, Xavier Badji, jeune fonctionnaire dans une boite de la place, explique le calvaire qu’il vit en ces temps. Selon lui, «en temps normal, nous nous cotisons entre collègues de service pour donner à une femme, qui nous prépare le déjeuner et nous l’amène au travail». La situation est tout autre depuis que le mois béni de ramadan a démarré, et la livraison de plats ne se fait plus, selon lui. A l’en croire, «je suis obligé d’aller chercher dans les parages un fastfood ouvert pour acheter un sandwich, ce qui n’est pas évident en cette période». Poursuivant, il informe depuis un temps «je retiens ma faim jusqu’à l’heure de la descente, pour me restaurer une fois à la maison, vers 17-18h». Pour parer à cette situation «inconfortable», tout de même «compréhensible», selon lui, il est obligé de prendre un très bon petit déjeuner pour éviter ces «tracasseries» pour trouver un fastfood ou un restaurant ouvert à midi.  
 
Ailleurs, ceux qui sont au centre ville de Dakar ont certes beaucoup plus de chance pour trouver un restaurant ouvert. Cependant la réalité du moment les attend aux portes des restaurants. Selon Bienvenu Djiba, travailleur dans un collège en plein centre ville, «il y a un petit restaurant dans l’enceinte de l’école, qui est ouvert et qui enregistre l’attraction de tous ceux qui n’ont pas jeûné dans les environs». A côté de la mairie de Dakar, se trouve un autre restaurant ouvert très prisé par les travailleurs du Plateau, nous informe le jeune archiviste. Cependant, il indique que l’éventail de l’offre n’est pas forcément à la hauteur des attentes de la clientèle non jeûneuse.

A l’en croire, «on est parfois amené à manger ‘’par défaut’’, c’est-à-dire le peu de plats qu’on nous propose, si on ne veut pas se contenter d’un tout petit sandwich». Pour cause, les restaurants présentent moins de menus pendant le mois de ramadan et concentrent leurs efforts sur l’heure de la rupture du jeûne, avec des formules ‘’ndogou’’ pour certains. La preuve, pour la journée d’hier, il soutient s’être contenté d’un sandwich, car le restaurant a mis au menu du jour du «dakhine», un plat qu’il ne raffole guère. Une situation qu’il a cependant compris et accepté, car il soutient que «les restaurants ne peuvent pas fonctionner à perte pendant ce mois, c’est pour cela qu’ils ont réduit leurs menus».
 

Des situations pareilles sont rencontrées par pas mal de Sénégalais, non musulmans ou simplement non jeûneurs en cette période de ramadan. Si d’aucuns rencontrent de sérieux difficultés pour trouver un restaurant ouvert, d’autres par ailleurs ont du mal à se payer chaque jours un plat dans un restaurant ou fastfood à cause des tarifs différents de ceux des gargots fermées.  

Jean Michel DIATTA

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