Retro 2017 : Marche Inédite Des Journalistes, Adoption Du Code De La Presse

En adoptant, mardi 20 juin 2017, à l’unanimité, le projet de Code de la presse, les députés de la 13e législature n’ont pas uniquement formalisé un secteur désorganisé, ils ont aussi satisfait une vieille doléance des professionnels des médias. Que ce fut laborieux avant d’en arriver là !

Les pourparlers ont été longs et difficiles. Il a fallu des années de luttes, de revendications et de négociations pour voir le Sénégal se doter enfin d’un Code de la presse. Jusqu’à l’adoption dudit Code, c’est la loi de 1996 relative aux organes de communication sociale et à la profession de journaliste et de technicien qui régissait officiellement un secteur devenu informel. Lancées en 2009 par Me Abdoulaye Wade, les discussions qui ont mené à l’élaboration du texte consensuel ont plus que tiré en longueur.

Le président Abdoulaye Wade n’a pas seulement initié le projet de Code de la presse. Après avoir lancé l’idée et convenu, en 2010, avec les acteurs de la presse des termes de référence, il a tout bonnement rangé le projet dans ses tiroirs. Arrivé au pouvoir, Macky Sall, qui s’est entouré plus que tous ses prédécesseurs de journalistes, va dépoussiérer le dossier. Mais visiblement, il n’en avait lu que quelques lignes. Le dossier va ainsi retourner dans les placards de la présidence de la République jusqu’en 2013.

En effet, lors de sa Déclaration de politique générale (Dpg), lundi 28 octobre, Aminata Touré, alors Premier ministre, renseignait de la volonté du pouvoir de s’occuper définitivement du dossier. Seulement, malgré les assurances de Mimi Touré, qui n’a fait que passer à la Primature, le régime de Macky Sall va vouloir contenter les acteurs de la presse de séminaires d’évaluation à n’en plus finir.

Face aux pas de caméléon du pouvoir, les professionnels des médias s’impatientent et se font entendre. Après avoir mis en place une superstructure regroupant le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps), le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), le Comité pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored), l’Association des professionnels de la presse en ligne (Appel), la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs), l’Union nationale des photojournalistes du Sénégal (Unpjs), le Collectif des techniciens de la presse audiovisuelle du Sénégal (Ctpas) ainsi que l’Union des radios associatives et communautaires (Urac), ils décident de passer à la vitesse supérieure.

Ainsi, le 3 mai 2017, ils appellent à manifester à la Place de la Nation ex-Obélisque, pour pousser le gouvernement à adopter le Code. Comme si l’Etat attendait d’être vilipendé pour réagir, la marche des journalistes, couronnée par une réussite, va l’inciter à bouger. Le 31 mai, le projet est adopté par le Conseil des ministres. Le 20 juin 2017, à l’unanimité, les députés le valident.

Seulement, malgré son adoption, le projet de Code de la presse est loin de faire l’unanimité. Non seulement la dépénalisation du délit de presse n’y figure, mais le gouvernement a greffé des points qui, pour certains, risquent de rendre les journalistes plus dociles que des moutons. Les responsables de la Coordination des associations de presse (Cap) qui ont fait face aux journalistes ont mis en exergue certains de ces points en insistant sur le fait que sur les 233 articles du Code, 52 sont répressifs et peuvent hypothéquer une entreprise de presse.

Avec l’introduction d’une disposition faisant état de secret-défense, de l’enquête et de l’instruction, le pouvoir tient une loi fourre-tout pouvant être brandie en n’importe quelle circonstance. Selon Ibrahima Lissa Faye, membre de ladite organisation, «cette disposition est aussi grave que le fait de donner aux autorités administratives, préfet, sous- préfet, gouverneur, la possibilité de retirer une émission, de fermer un organe ou un support de diffusion».

En outre, le journaliste susceptible d’être traîné en justice pour diffamation ou autres, est sujet à des amendes pouvant aller jusqu’à 50 millions F CFA. La liste est loin d’être exhaustive.

 Mame Birame WATHIE

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