Rohingyas : La triste histoire d’une minorité persécutée face au silence coupable de la communauté internationale

Des dizaines de milliers de musulmans rohingyas ont fui la Birmanie vers le Bangladesh à cause de violences physiques notoires et inhumaines. Cette minorité musulmane est victime du nationalisme bouddhiste depuis de nombreuses années. Une barbarie qui ne dit pas son nom, face au mutisme de l’ONU de certaines ONG et de la Umma islamique.

Les Rohingya sont un peuple indo-aryen, comme en atteste leur langue. Leur présence en Arakan (une subdivision administrative de la Birmanie, située sur la côte occidentale du pays) est au moins antérieure au 8e siècle après Jésus-Christ. Au fil des temps, ils se sont mêlés aux peuples arabes, mongols, turcs, bengalis, voire portugais et se sont convertis à l’Islam tardivement, au 15e siècle, alors qu’à l’époque la région était un Etat vassal du Bengale.

De 1824 à 1826, époque de la première guerre entre l’empire britannique et la Birmanie, les Rohingyas sont supplétifs dans l’armée britannique et considérés comme des traitres par les indépendantistes birmans. Après la Seconde guerre mondiale, ils soutiennent de nouveau les Anglais face aux Birmans.

En 1948, la Birmanie retrouve son indépendance et les Rohingyas sont alors rejetés et persécutés. Les Birmans se basent toujours sur ces faits du passé pour infliger des actes de barbarie de tous genres à des gens innocents, n’épargnant ni femmes, ni enfants.

L’exode massif des Rohingya vers le plateau de l’Arakan, à la fin du 19e siècle est causé en grande partie par la politique d’immigration encouragée par l’administration coloniale durant la période du Raj britannique, dans le but de les inciter à travailler comme main d’oeuvre dans les exploitations agricoles.

Au fil des générations, les Rohingya ont perdu leur caractère bengali, leur langue se différenciant nettement du bengali parlé au Bangladesh. Cet état n’est rattaché à la Birmanie qu’en 1948. Les Rohingya vivent dans l’Etat actuel d’Arakan (dont ils forment environ la moitié de la population), séparés de la Birmanie proprement dite par l’Arakan Yoma.

En juin 2012, un Rohingya est accusé du viol d’une Birmane. Ce sera le point de départ d’une campagne de « nettoyage ethnique » dans l’Ankaran, état du nord-est birman où vit cette communauté. L’Etat birman ainsi que des moines bouddhistes sont accusés d’avoir participé ou favorisé un «crime contre l’humanité», des propos rapportés par Human Right Watch. L’ONG estime que les autorités ont participé à la destruction de mosquées, procédé à des vagues d’arrestations avec violences et bloqué l’accès des organismes d’aide humanitaire aux musulmans déplacés.

Le 23 octobre de la même année, au moins soixante-dix (70) Rohingyas ont été torturés et tués en une journée dans la localité de Yan Thei, située dans la commune de Mrauk-U.

En 2015, les musulmans rohingyas tentent une traversée dangereuse, faisant des centaines de morts en Méditerranée. En 2016, un épisode de violences avait poussé l’ONU seulement à mettre en garde contre le «nettoyage ethnique» les concernant.

En l’an 2016, le problème des discriminations visant cette communauté avait resurgi après des récits de violences perpétrées des soldats birmans sur des Rohingyas, avec des dizaines de cas d’agressions sexuelles, selon l’ONU. Des actes qualifiés de «nettoyage ethnique» par le représentant de l’organisation internationale au Bangladesh.

Cette année encore les persécutions ont repris. Mais cette fois ci, c’est un nouvel épisode de violences, constituées comme d’habitude d’actes contre nature de tous genres, qui a provoqué l’exilde quatre-vingt mille (80 000) Rohingyas vers le Bangladesh voisin où ils espèrent trouver refuge aux côtés d’autres Rohingyas installés dans le sud du pays depuis années 1990. Ce présent génocide est parti pour être le plus sanglant et le plus triste dans cette histoire, si rien n’est fait.

Ces temps-ci, les critiques s’intensifient contre Aung San Suu Kyi, la cheffe du gouvernement birman, pour son mutisme. Une pétition demandant le retrait du Prix Nobel de la Paix, qui lui a été attribué en 1991 pour son combat contre la junte militaire, a déjà recueilli plus de trois cent trente mille (330 000) signatures, à en croire le Parisien. Son silence face à cette situation alarmante étant en paradoxe avec ce statut.

Ce qui est préoccupant, inacceptable, incompressible dans cette affaire, c’est le silence de l’ONU, de la Oumma islamique et de certaines ONG. Quand nous parlons de silence, nous faisons allusion à cette absence d’actions concrètes, d’une intervention militaire qui est nécessaire. Il est facile de parler, toujours parler, encore parler !

Il faut agir et le faire vite. Car les Rohingyas sont des humains à part entière et méritent de vivre en paix comme tout autre être humain de ce monde.

Qu’est-ce qui vous empêche d’agir, principalement vous de l’ONU ? Est-ce à cause du véto de l’un ou de tous les cinq puissances qui s’y opposent? Ou c’est simplement par qu’ils sont des musulmans ? Et pourtant, si c’était ailleurs en Europe ou en Amérique, vous vous empresseraient d’agir !

Et vous du monde musulman : les Emirats arabes, l’Arabie Saoudite, l’OCI ainsi que les autres organisations islamiques…, bref, la Oumma islamique, pourquoi vous vous taisez face à cette injustice contre des frères et s…urs de la même religion ?

N’est-ce pas c’est l’Islam qui dit: «Face à une injustice, agit par l’acte ; à défaut par la parole ; à défaut des deux cas précédents, apporte ta solidarité en regrettant intérieurement l’injustice». Mais vous restez malheureusement et éhontément muets.

Vous êtes tous coupables ! Vous êtes coupables devant Dieu et devant les hommes Et, si vous continuer à fermer les yeux face à cette injustice, comme vous le faites avec le Palestine, vous en subirez atrocement et pitoyablement les conséquences ici-bas et à l’au-delà. Car, tôt au tard, chacun répondra de ces actes devant l’ultime jugement !

Et Dieu a dit: «Par le ciel au retour ! Et par la terre à la fente ! Oui, ceci est une parole décisive, et non une frivolité! Oui, ils rusent une ruse et Je ruse une ruse. Accorde donc un délai aux mécréants : accorde-leur un peu de délai» (Coran 86: 11-17).

«Ceux qui prévariquent verront bientôt de quel tourment ils vont tourner !» (Coran 26:227).

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