Sahara: M. Hilale dénonce le détournement des aides humanitaires et le refus d’Alger de recenser les populations des camps de Tindouf

8395939-13170623-300x170L’Ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, a dénoncé, jeudi à New York, le détournement massif et systématique par les dirigeants du polisario des aides humanitaires destinées aux populations des camps de Tindouf, condamnant le refus de l’Algérie d’opérer un recensement de ces populations.
M. Hilale, qui intervenait devant la 4ème Commission de l’ONU, a souligné que les populations des camps de Tindouf ont été privées, pendant plusieurs décennies, des aides humanitaires qui leur étaient destinées par les donateurs internationaux, et qui ont « malheureusement servi à l’enrichissement personnel des responsables du polisario et d’autres, aux dépens des populations séquestrées des camps ».
Se basant sur le rapport accablant de l’Office européen de lutte anti-fraude (OLAF), qui a révélé le détournement « systématique, organisé, frauduleux et à grande échelle de l’assistance humanitaire destinée aux populations des camps », M. Hilale a noté que l’Office a conclu que ces détournements ont été rendus possibles, notamment par l’absence de recensement des populations des camps de Tindouf.

Tenant compte des conclusions de l’OLAF, le Parlement européen a adopté, fin avril 2015, une résolution confirmant ces détournements et demandant que des mesures correctives soient prises pour éviter à jamais leur récurrence, a encore rappelé M. Hilale.
Il a, dans ce cadre, tenu à exprimer la « profonde préoccupation » du Maroc au sujet de l’absence de l’enregistrement des populations des camps de Tindouf.
Quarante ans après l’appel de l’ancien Haut Commissaire pour les réfugiés, Agha Khan et les rappels de tous ses successeurs, a dit M. Hilale, « le monde est en droit de connaître le nombre et l’origine des quelques milliers de sahraouis qui restent encore dans ces camps ».
Il a, dans ce contexte, rappelé aux dizaines de représentants des Etats membres de la Commission, qu’en vertu de la Convention de 1951 sur les réfugiés, « le recensement n’est pas une formalité volontaire, mais une obligation statutaire du HCR, et une responsabilité imprescriptible du pays hôte de ces camps, l’Algérie ».
Cette obligation, a-t-il poursuivi, a été récemment mise en exergue par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon dans son rapport au Conseil de sécurité d’avril 2015, ainsi que par la résolution 2218 du Conseil de sécurité qui a réitéré l’appel lancé par cet Organe exécutif de l’ONU depuis 2011.

Regard sur l’Afrique

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