SECOND MANDAT A LA TETE DU PAYS Macky change de discours

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Il avait déclaré ne pas faire de fixation sur un second mandat à la tête du pays et que tout ce qui le préoccupe, c’est de travailler pour la satisfaction des préoccupations des populations. D’où la formule : «la patrie avant le parti». Mais avec la récente sortie du Président Macky Sall à Neuilly  sur seine (France) : «Je vous lance un défi. Vous voulez les 10 ans, donnez-moi un second mandat», il ne fait plus l’ombre d’un doute que le Chef de l’Etat pense à sa réélection, en 2017.

Comme il en avait donné le signal, le 7 février dernier, dans une déclaration surprenante devant  les directeurs généraux des structures publiques affiliées à sa formation politique, l’Alliance pour la République : «Perdre les élections dans sa localité, c’est perdre son poste de DG». Le ton était déjà donné. L’appétit vient en mangeant.

«Je vous lance un défi. Vous voulez les 10 ans, donnez-moi un second mandat». Ces mots du président de la République, Macky Sall, prononcés devant les militants de l’Alliance pour la République (Apr) de Neuilly  sur seine (France), sonnent, à n’en pas douter, comme une déclaration de candidature pour la prochaine présidentielle prévue en 2017.

Pourtant, le Chef de l’Etat avait affiché, au début de son magistère, un désintérêt pour le pouvoir, en prenant la décision historique de renoncer à deux années de mandat, alors que la Constitution l’y autorisait. Il avait pris la décision de ramener ainsi la durée du mandat de sept à cinq ans et de s’appliquer la mesure. «Je ne vais pas compromettre la Constitution. C’est pourquoi, si je suis élu, j’ai décidé  de ne faire qu’un mandat de cinq ans au lieu de sept  ans. Nous  voulons aller vers une République  où  les valeurs seront respectées  et  restaurées» s’exprimait-il sur les ondes de Radio France internationale (Rfi). Et d’ajouter : «le mandat  ne pourra pas faire l’objet de modification et je commencerai à l’appliquer  dès mon premier règne».

Contre toute  attente, un climat de désapprobation avait envahit l’entourage du Président. Alioune Badara  Cissé, responsable politique à Saint-Louis, aujourd’hui  écarté  du cercle de l’entourage ; Djibril  War, directeur de l’école  du parti de l’alliance pour la République, Moustapha Cissé Lô, responsable politique à Mbacké, encouragent Macky Sall à revenir sur sa promesse de ramener le mandat de sept à cinq ans. Les sorties des camarades de Macky Sall installent le doute dans la tête des Sénégalais qui deviennent de plus en plus sceptiques sur la volonté réelle du chef de l’Etat de respecter sa parole. L’occasion  faisant le larron, lors d’une visite d’Etat en France, le président de la République Macky Sall, sur le perron de l’Elysée, remet les choses à l’endroit : «J’avais fait la promesse électorale de réduire le mandat présidentiel  à cinq ans et j’ai décidé  de me l’appliquer, même  si les Sénégalais   m’avaient élu  pour sept ans», avait-il souligné.

Devant l’entêtement   de Moustapha Cissé Lo qui, lors du lancement de son mouvement «Horizon 2022», est revenu a la charge pour manifester  sa volonté de voir son mentor exécuter  un mandat de sept ans, Macky Sall se veut catégorique : «Moustapha, je comprends ta  générosité, mais sache que j’ai pris la décision  de m’appliquer  un mandat de cinq ans». Macky Sall disait, d’ailleurs, n’attendre que  les résultats   de la commission de reforme des institutions  pour soumettre la décision, soit par voie référendaire  soit par voie parlementaire. Le président de la République ne s’était pas limité à renoncer à son mandat de sept ans,   il avait aussi soutenu qu’il ne se faisait pas de fixation sur un second mandat. D’où sa formule : «la patrie avant le parti !».

Seulement, celui qui ne se faisait pas de fixation sur un second mandat, semble désormais penser à la présidentielle de 2017 avec le risque d’installer le pays dans une campagne électorale prématurée. Et depuis le 7 février dernier, Macky Sall pose sa victoire, à l’issue du second mandat, en terme impératif. C’est tout le sens de la directive donnée aux directeurs généraux des structures publiques affiliées à sa formation politique, l’Alliance pour la République: «Perdre les élections dans sa localité, c’est perdre son poste de DG», avait-il déclaré.

Cette sortie de Neuilly  sur seine confirme le changement de discours de celui qui disait ne pas faire de fixation sur un second mandat.

Mais cette déclaration en banlieue parisienne renseigne sur la volonté du président de la République de respecter la promesse électorale de réduire le mandat de sept et à cinq ans et de s’appliquer le mesure.

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