SENEGAL-JUSTICE-ASSISES-LOUGA: Thierno Top condamné à dix ans de travaux forcés pour meurtre

Cheikh Mawlany Sané mort en PrisonLouga (APS) – La Cour d’assises de Saint-Louis (Nord), siégeant à Louga (Nord), a condamné lundi à 10 ans de travaux forcés, l’accusé Thierno Top, un homme d’une trentaine d’années reconnu coupable du meurtre de son cousin, a constaté l’APS.

Il a fallu moins d’une heure de délibération au président de la Cour et à ses assesseurs pour s’accorder sur ce verdict. La Cour a ainsi rejeté la demande de requalification des faits de meurtre en coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort, sans avoir l’intention de la donner.

Elle n’a pas, non plus, suivi à la lettre le réquisitoire du ministère public. L’avocat général avait notamment requis une peine d’emprisonnement de 20 ans de travaux forcés. Thierno Top, qui a purgé un an, devra donc passer neuf ans de sa vie derrière les barreaux.

Une sentence sans doute à la hauteur de l’acte commis, puisqu’il a, selon l’accusation, asséné volontairement un coup de couteau à Mamadou Sarr, au niveau de la case thoracique de son cousin, lui donnant ainsi la mort.

Les faits remontent au 7 mai 2013 et ont eu pour cadre le village de Lindé, dans la communauté rurale de Thiarny (département de Linguère). Ce jour-là, des éléments de la brigade de gendarmerie de Linguère reçurent une information faisant état de l’évacuation, à la poste de santé locale, d’un homme ayant reçu un coup de couteau.

Arrivés sur les lieux, ils constatèrent le décès de l’homme et procédèrent à l’ouverture immédiate d’une enquête qui permit dans l’heure qui suivit, d’arrêter l’auteur présumé du meurtre.

Thierno Top aurai surpris son cousin et colocataire, lui assénant violemment un coup de couteau mortel. D’après les témoignages recueillis à l’enquête préliminaire et à l’instruction, ce geste était en fait une réaction de l’accusé après que la victime, son seul ami dans le village, l’avait empoigné pour l’empêcher de se battre.
‘’J’étais en colère et furieux contre mon cousin. Je suis alors retourné à la maison et trouvé un couteau dans la cuisine. Je n’étais pas moi-même. J’étais ivre et je lui en voulais. Mais je n’ai jamais eu l’intention de tuer celui qui fût mon seul ami dans la vie’’, avait soutenu l’accusé durant la phase d’instruction.

Suffisant pour que l’avocat général, Salobé Gningue, qualifie cette affaire de ‘’meurtre gratuite’’. Selon lui, l’acte d’homicide volontaire et l’élément intentionnel sautent aux yeux, alors que l’accusé n’a pas montré de remords ou exprimé des regrets. 

Dans cette posture, Thierno Top, n’a pas fait bonne impression devant la Cour. Durant tout le procès, il a changé de versions en fonction des questions des membres de la Cour, rejetant systématiquement tous les témoignages, jusqu’à agacer son avocat. Au point que ce dernier, à un moment, donné lui supplia de dire la vérité au nom de son amitié avec la victime. 

Celle-ci dans ses dernières volontés aurait recommandé de ne pas poursuivre son meurtrier. Et ce serait la raison pour laquelle aucune partie civile ne se serait constituée dans cette affaire.

Mais le meurtrier est resté égal à lui-même, confirmant ainsi les témoignages d’habitants du village de Lindé. Décrit comme une personne réservée et belliqueuse, le charretier inspire la peur à chaque fois qu’il est en état d’ébriété. 

‘’Il était prêt à en découdre avec quiconque oserait se dresser sur son chemin. C’est une crapule, un grand fumeur, et il passait le plus claire de son temps à boire de l’alcool. Il incarne le mal. Le meurtre qu’il a commis n’a surpris personne. Il garde toujours une arme par devers lui’’, a ainsi déclaré le chef du village de Lindé.

Des propos confirmés par les dépositions faites par des propres membres de sa famille, et qui ont poussé son avocat, Me El Hadji Daouda Seck, à solliciter auprès de la Cour, la clémence et une application bienveillante de la loi.

‘’Thierno Top en a fait une affaire personnelle. Il a fait cavalier seul durant tous les débats et n’a pas donné une bonne impression devant la Cour. A défaut d’une application bienveillante de la loi, il mériterait la clémence. Ne serait-ce que pour respecter la dernière volonté de la victime’’, a-t-il indiqué à la Cour.

AKS/ASG

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