Sénégal: le phénomène des enfants de la rue inquiète

mendiants-enfants-des-rues-Dakar-SénégalRien que Dakar, la capitale du Sénégal, on compte plus de 50 mille d’enfants de la rue. Et il en existe plus de 100 mille dans les autres villes de l’intérieur du pays, d’après l’Unicef. Aujourd’hui, les autorités essaient tant bien que mal de juguler le fléau des enfants de la rue.

Sur la rue Sandiniéry, en plein cœur de Dakar, un bâtiment de couleur beige. Ici vivent des gens qui ont tourné le dos à la société juste. C’est le lieu de résidence de ces jeunes dont l’activité favorite, à longueur de journée, est l’inhalation de stupéfiants. Ces jeunes, visages balafrés, bouches enflées, ont un regard terrifiant, et portent des coiffures extravagantes et des habits sales. Ils dégagent une odeur infecte. On les surnomme les enfants de la rue. Parmi eux, Ndèye (nom d’emprunt) une femme trentaine d’années environ. Elle fait partie d’un groupe de jeunes âgés entre 10 et 25 ans. Pour se saouler, tous utilisent un morceau de tissu trempé dans du diluant qu’ils aspirent fortement, par la bouche ou le nez.

Selon la direction de la protection des droits de l’enfant au Sénégal, une étude de 2007 sur la mendicité des enfants, rien que dans la région de Dakar, révélait 7600 mendiants, dont les 42% viennent de la sous région. En 2006, une étude sur la mobilité et la vulnérabilité des enfants a recensé 70 mille enfants de la rue.

Le Sénégal a ratifié la convention relative aux droits de l’enfance, mais aujourd’hui, la situation des enfants de la rue est assez difficile malgré les efforts consentis par l’Etat.

Et Serigne Mor Mbaye Psychologue, directeur du centre de guidance infantile et familiale avertit : «c’est une bombe parce que 60 % des Sénégalais qui ont moins de 25 ans sont désœuvrés. Ils n’ont pas de travail, ne vont pas à l’école». Il ajoute: «ces jeunes-là sont une main d’œuvre facile pour les prédateurs de toutes sortes. Il y a certains groupes religieux qui les enrôlent pour en faire carrément une armée parallèle et personne ne dit rien. Nos dirigeants le savent».

© OEIL D’AFRIQUE

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