SENEGAL-SOCIETE-EDITION: Souleymane Bachir Diagne : ''Il n'existe qu'une seule philosophie''

Dakar, 29 déc (APS) – Le philosophe sénégalais, le professeur Souleymane Bachir Diagne, écarte l’idée de l’existence de plusieurs philosophies (islamique, africaine, etc.), affirmant qu’il n’en existe qu’une seule qui ”s’exprime selon son aire culturelle’’.

Le professeur Diagne s’exprimait, samedi à Dakar, lors d’une cérémonie de présentation de son ouvrage : ‘’Comment philosopher en islam ?’’, édité pour une troisième fois par la Nouvelle maison sénégalaise d’édition JIMSAAN.

Cependant, le philosophe sénégalais, nuançant ses propos, a admis le concept de ‘’philosophie islamique’’ dans l’interprétation seulement des prières pour expliquer leurs sens.

Ce livre, a-t-il dit, est comme ‘’l’un des plus personnels’’ dans sa bibliographie. Selon l’auteur, ‘’l’islam est dans l’obscurité depuis le 13e siècle’’, après la destruction de la ville de Bagdad et de la dynastie des abbasides.

Ainsi, ‘’le monde islamique s’est replié sur lui-même. Et les meilleures intelligences du monde islamique se sont retrouvées dans le soufisme’’, a fait remarquer le philosophe sénégalais, ajoutant que la pensée islamique était pourtant de nature ‘’expansive’’.

Parlant de son renouveau, le professeur Souleymane Bachir Diagne, a affirmé que ‘’tout doit se jouer dans l’école’’.

‘’C’est dans l’éducation que se jouera le renouveau de la pensée islamique’’, a dit le philosophe qui a écarté le concept de : ‘’école occidentale et école islamique’’, avant de dire qu’il n’existe qu’’une seule’’ où l’on acquiert du savoir.

S’interrogeant encore sur le ‘’Comment philosopher en islam ?,’’, le professeur Diagne a dit que ‘’la philosophie n’adhère pas mais creuse une distance’’.

‘’La plus grande question philosophique demeure l’existentialisme’’, a rappelé le philosophe sénégalais selon qui ”la religion nous invite à découvrir Dieu et nous-mêmes’’. Dans ce processus, l’écrivain-philosophe a souligné l’importance capitale de la raison.

‘’La raison nous conduit jusqu’au seuil de sa faiblesse, pour laisser place à la faculté prophétique qui rectifie notre raison’’ elle-même, soutient le professeur.

‘’Cette faculté s’adresse aux lumières’’, a dit Souleymane Bachir Diagne, rependant à la question : ‘’la raison s’arrête là où la croyance commence’’.

Auparavant, le professeur Felwine Sarr a retracé l’itinéraire scolaire et universitaire du professeur Diagne qu’il a présenté comme le fils d’un ‘’moukhaddam (dignitaire religieux)’’ de la confrérie tidjiania.

AT/AD

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