SEPT MOIS SANS SALAIRE : Des Agents Contractuels De Santé Sonnent La Charge

Correspondance : Leur recrutement en janvier dernier avait suscité un grand espoir, l’espoir d’un divorce avec le chômage.

Mais, les agents de santé recrutés par l’Etat avec l’appui de la Jica (coopération japonaise) n’ont pas mis du temps à comprendre le destin qui les attendait. Car, depuis lors, ils courent derrière un salaire qui tarde à tomber. Aujourd’hui, la patience de ces femmes et hommes semble avoir atteint une limite au-delà de laquelle, la réaction s’impose. Car, depuis plus de sept mois, la situation n’a pas évolué «Nous avons attendu longtemps, en vain», rapportent-ils en chœur. Derrière ce constat, se cache le triste destin de ces agents recrutés pour renforcer le personnel de santé.

Dans la région de Ziguinchor, ils seraient au moins 80 personnes à souffrir en silence, sans salaire et sans perspective. Leur situation est d’autant plus insoutenable que la plupart de ces agents de santé officient en brousse, parfois très loin de Ziguinchor. Hier, ils se sont donné rendez-vous dans la capitale du sud pour exposer à l’opinion leur sort et manifester leur ras-le-bol.

«Sept mois sans salaire, c’est inacceptable pour des soutiens de famille que nous sommes», fait remarquer le porte-parole des plaignants. «Loin de nos familles, nous avons de la peine à faire face à nos engagements, c’est-à-dire, payer le loyer, et même manger», raconte Lansana Sonko pour s’en offusquer. Ce qui irrite le plus ces agents contractuels, c’est le manque d’interlocuteur. «On ne sait pas à qui s’adresser», font-ils savoir. Ce qui est inquiétant à quelques jours de la fin de leur contrat.

Devant une telle situation, les plaignants ont rencontré hier la presse régionale dans l’enceinte de la formation sanitaire de Ziguinchor pour réclamer leur dû. Désormais, le combat de ces hommes et de ces femmes, touchés dans leur dignité, sera porté par le Sutsas.

Le secrétaire général de l’union régionale dudit syndicat à Ziguinchor promet le dépôt d’un préavis de grève pour obliger l’Etat à respecter ses engagements. Car, pour Ousmane Mbaye, le gouvernement, à travers de telles attitudes, fragilise le système de santé déjà très éprouvé par les mauvaises politiques appliquées jusque-là. Pour le moment, les agents de santé concernés par ce non-paiement de salaire croisent les doigts en espérant une réaction positive et rapide de leur hiérarchie.

Mamadou Papo MANE 

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