Shutdown : Trump essuie le plus cinglant revers de sa présidence

President Donald Trump walks from the podiumafter announcing a deal to temporarily reopen the government, in the Rose Garden of the White House, Friday, Jan. 25, 2019, in Washington. (AP Photo/ Evan Vucci)

Le président américain a accepté un financement de l’administration fédérale jusqu’au 15 février, sans obtenir le moindre dollar pour le mur à la frontière avec le Mexique.

Donald Trump a tenté de sauver les apparences, vendredi 25 janvier. Il s’est dit « très fier » d’être parvenu « à un accord pour mettre fin au shutdown » (« fermeture ») d’un quart du gouvernement fédéral. Lorsqu’il a quitté la roseraie de la Maison Blanche, choisie pour cette annonce, les conseillers et les membres de son cabinet présents l’ont applaudi. Il venait pourtant d’essuyer l’un des plus cinglants revers de sa présidence.

Après de premiers signes de désordre dans le transport aérien à New York, faute d’assez d’aiguilleurs du ciel, le président des Etats-Unis s’est en effet résigné à accepter à l’identique ce qu’il avait refusé le 21 décembre 2018, plongeant 800 000 fonctionnaires fédéraux dans l’incertitude. Après le plus long shutdown de l’histoire du pays, il a accepté un financement temporaire des départements concernés, jusqu’au 15 février, sans obtenir le moindre dollar pour le mur qu’il souhaite ériger sur la frontière avec le Mexique. Les fonctionnaires recevront leurs salaires gelés pendant cette période, au contraire cependant de milliers de sous-traitants.

Le financement de ce projet auquel les démocrates sont opposés va faire l’objet de négociations pour lesquelles Donald Trump arrive en position de faiblesse. Pendant les cinq semaines de shutdown, le président a tout tenté pour convaincre les Américains de l’existence d’une « crise » à la frontière : allocution solennelle, déplacement sur place, tables rondes à la Maison Blanche, pluie de messages alarmistes publiés sur son compte Twitter. Rien n’y a fait.

Formules maladroites

Le président des Etats-Unis a également instillé le doute au sein de son propre camp sur sa capacité à livrer et à remporter les « victoires » dont il avait juré pendant la campagne présidentielle que sa base finirait par se lasser. La direction républicaine avait tenté de le dissuader de se lancer dans cette épreuve de force faute d’avoir les voix nécessaires au Congrès. Il est pourtant passé outre.

Par Gilles Paris

lemonde.fr

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*