SITUATION CARCERALE DU SENEGAL Aucune prison n’a été construite depuis l’époque coloniale

La maison d’arrêt et correction de Rebeuss étouffe et le nombre de détenus dépasse de loin, les capacités d’accueil. Au mois de septembre 2013, la population carcérale était de 2161 pour un effectif budgétaire de 1600 détenus, soit un dépassement de 561 détenus.prisonniers

Le Sénégal qui a signé et ratifié bon nombre d’accords portant sur l’amélioration des conditions de détention, devra consentir de gros efforts pour y parvenir. Hormis les établissements pénitentiaires que nous ont légués les colons, notre pays ne dispose guère de nouvelles prisons depuis 1960. A ce jour, nous en sommes à 37 établissements pénitentiaires dont 32 maisons d’arrêt et de correction, 2 maisons d’arrêt à Dakar, 2 camps pénaux (Liberté 6 et Koutal et une maison de correction à Sébikotane. Tous ces établissements ont été construits à l’époque coloniale, dépassant de loin leur capacité d’accueil, précise un document remis à la presse, à l’occasion d’un atelier national sur la situation carcérale au Sénégal dont la population est estimée à près de 35.000 détenus.

Ce qui est remarquable, la moitié de cette population est concentrée à Dakar et la prison de Rebeuss se taille la part du lion, avec une population carcérale estimée, à ce jour, à 2161 prisonniers. Presque le triple de l’effectif normal. Ce qui vient confirmer encore la saturation des prisons de la capitale et les dures conditions de détention des détenus qui séjournent dans ces établissements. Le Sénégal compte un surveillant pour huit détenus, alors que la norme internationale est d’un agent pour deux détenus.
Matériel obsolète
Il s’y ajoute le manque d’équipement des agents pénitentiaires qui utilisent un matériel dépassé et obsolète. Aux yeux d’Alioune Tine, cette situation «n’est pas concevable pour un pays qui a un ancrage en matière de droits humains comme le nôtre». D’où son appel à des changements dans la réalisation des établissements abritant des personnes qui sont en conflit avec la loi. «Il faut que ça change. Ces prisons ont été construites bien avant la colonisation dans une conception du 19ième siècle», peste le président du Comité sénégalais des droits de l’Homme (Csdh). Que faire, sinon construire des nouvelles maisons d’arrêt avec une population en croissance et une violence urbaine de plus en plus en net regain ? Forts de ce constat, les autorités judiciaires ont promis de trouver des solutions pratiques aux différents problèmes qui pourront éventuellement être identifiés, afin que la situation carcérale au Sénégal soit conforme aux critères et standards internationaux, notamment, le taux d’occupation carcéral. D’où tout l’intérêt pour les autorités, d’opter pour une approche inclusive qui impliquera tous les acteurs et élaborer un plan d’action pour faire suite à la concertation nationale.

Mouhamadou BA

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