Situation économique du Sénégal : La bataille des chiffres fait rage

Avec le régime de Macky Sall, les chiffres, les pourcentages et les formules magiques sont omniprésents, ils sont partout. Le régime pratique un véritable culte des chiffres gonflés, selon l’opposition, mais force est de reconnaître qu’ils sont mis à rude épreuve par la réalité.

Le ministre de l’Economie et des Finances qui s’exprimait, le vendredi 8 juin, lors d’une visite dans les locaux de la direction du Trésor, a déclaré que près de 700 milliards de francs sont dans les caisses du Trésor. En fin de semaine dernière, le gouvernement du Sénégal a rendu public «en urgence», la notation du Sénégal par Standard &Poor’s et Moody’s. Cette dernière, selon le communiqué a «rehaussé», la note du Sénégal qui passe B1 positif à Ba3 stable. De son côté, Standard &Poor’s maintient la note du Sénégal à B+ mais désormais avec perspective qui passe de stable à positive, d’après toujours le communiqué.

Avec le régime de Macky Sall, les chiffres, les pourcentages et les formules magiques sont omniprésents, ils sont partout. Le régime pratique un véritable culte des chiffres. Le pouvoir a un rapport quasi magique avec les chiffres. Il ne se passe plus pratiquement un jour sans que le gouvernement ne donne des chiffres sur la croissance du Pib, de l’agriculture, du remboursement de la dette intérieure, etc.

Des chiffres toujours positifs, mais très souvent remis en cause par la dure réalité. C’est le cas par exemple dans le domaine de l’agriculture. « Le Sénégal est dans une excellente dynamique parce que les statistiques montrent qu’en 5 ans, la production agricole a plus que doublé », déclare le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Pape Abdoulaye Seck, cité par le journal Le Quotidien. Le ministre s’exprimait au cours de l’inauguration de la documentation de son ministère.

Mais au moment où le ministre de l’Agriculture se glorifie d’une production record surtout de riz, la moitié du territoire national vit dans l’insécurité alimentaire et sous la hantise de la famine. En effet, la semaine dernière, lors d’une réunion à Kolda, Jean-Pierre Senghor, le Secrétaire général du Conseil pour la sécurité alimentaire, noté une progression du nombre de familles touchées par l’insécurité alimentaire. En moins d’une année, elle a touché cinq mille familles supplémentaires, passant de 42 000 à 47 000 familles.

On peut faire tout dire aux statistiques, a-t-on l’habitude de dire, mais la réalité finit toujours par nous rattraper. On l’a vu avec la mort de l’étudiant Fallou Sène qui est venue encore montrer que la réalité est têtue. Et pour cause, Fallou Sène a été tué par la gendarmerie lors d’une manifestation pour réclamer le paiement de trois mois d’arriérés de bourses. Une preuve, que l’ancien Premier ministre socialiste, Mamadou Lamine Loum n’a pas tort de dire qu’il y a une tension de trésorerie. Car, en plus de l’incapacité de payer les bourses des étudiants, le gouvernement est également dans l’impossibilité de payer sa dette intérieure. (walf-groupe)

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