Situation Economique : Le Déficit Budgétaire Grimpe À 548,1 Milliards De Francs Cfa

La situation économique du Sénégal n’est pas si enviable que cela.

Au moment où le déficit budgétaire continue sa progression pour s’établir à 548,1 milliards de francs Cfa, les intérêts sur la dette ont englouti 219,2 milliards et la masse salariale 556,1 milliards de francs.

La performance économique du Sénégal fait face à de rudes épreuves qui ont des conséquences graves sur les conditions de vie des populations notamment, des structures étatiques et des agents de l’Etat.

La nouvelle année s’annonce économiquement rude pour l’Etat qui reste confronté à un déficit budgétaire, un taux élevé d’endettement, une absence de ressources financières suffisantes pour le financement des projets et des priorités, la mauvaise gouvernance, la baisse des exportations et des importations et la lapidation des ressources de l’Etat par certains fonctionnaires. D’où le retard dans le paiement de salaires pour certains fonctionnaires et la ponction sur le salaire pour les autres.

C’est ainsi qu’il a été relevé dans le dernier point mensuel de conjoncture de la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee) du ministère de l’Economie et des Finances, un  repli du niveau de mobilisation des ressources.  Au total, le solde budgétaire, dons compris, est évalué en déficit à 548,1 milliards de francs Cfa contre un déficit de 384,6 milliards de francs Cfa un an auparavant.

D’après la note, il y a eu une progression des dépenses publiques à fin novembre 2017, associée à un léger repli des ressources. A en croire la Dpee, la baisse des ressources s’explique, d’une part, par l’impact du recouvrement exceptionnel de 2016 sur la licence 4G et le Swapp, et d’autre part, par la faible progression des recettes budgétaires. Tout en précisant que les ressources sont composées de recettes budgétaires pour 1 709,5 milliards, de ressources du Fse pour 23,7 milliards ainsi que de dons pour un montant estimé à 198,9 milliards.

Tandis que les ressources et dons mobilisés à fin novembre 2017 sont évalués à 1 932,1 milliards de francs Cfa contre 1 956,3 milliards un an auparavant, soit un repli de 1,2 %. En outre, pour nuancer cette régression, la Direction de la prévision signale qu’elle est en liaison avec la mobilisation en 2016 d’un montant exceptionnel de 90,2 milliards de francs Cfa sans aucune autre précision sur les raisons de cette manne financière.

Quant aux dépenses totales, les services du ministère de l’Economie les évaluent à 2 480,1 milliards de francs Cfa à fin novembre 2017, soit une hausse de 139,2 milliards de francs Cfa en valeur relative et +5,9 % en valeur absolue. Cependant, précisent-ils, ces dépenses se sont renforcées de 5,9 % par rapport à la même période en 2016.

Selon les agents du ministère des Finances, cette progression s’explique principalement par des dépenses d’investissement, la masse salariale et les charges d’intérêts sur la dette. Les dépenses d’investissement globales sont estimées à 1 026 milliards, soit un accroissement de 4,6 % imputable autant aux investissements financés sur ressources internes, soit +3 % que ceux sur ressources extérieures, soit +7 %.

Les intérêts sur la dette évalués à 219,2 milliards et la masse salariale à 556,1 milliards ont enregistré des progressions respectives de 36,5 % et 7 %. «La progression des dépenses a, toutefois, été atténuée par le repli de 0,2 % des dépenses de fonctionnement qui sont passées de 680,2 milliards en fin novembre 2016 à 678,9 milliards à la même période en 2017», précise la note.

Adama COULIBALY

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