SOCIETE AFRICAINE DE RAFFINAGE-LE GOUVERNEMENT ET SES PARTENAIRES Ils ne raffinent pas le même produit

Avant hier, jeudi 19 décembre, au terme d’une réunion qui a tiré en longueur, l’Etat et ses partenaires actionnaires dans la Société africaine de raffinage(Sr) se sont quittés sur un statu quo quant à l’avenir de l’entreprise, actuellement sous perfusion. Par conséquent, l’assemblée générale des actionnaires qui devait suivre pour statuer sur une éventuelle ouverture du capital par cessions d’actions, n’a pas eu lieu.raffinerie_

C’était une réunion « au sommet » dont les travaux devaient aboutir sur des décisions importantes pour l’avenir de la Société africaine de raffinage(Sar), moribonde. Un avenir dont l’option retenue par le gouvernement n’agrée pas cependant les saoudiens encore moins les français de Total. Faut-il rappeler que l’actionnariat de la Sar est composé de Saudi Binladin Group (34%) ; Total (20%) et Petrosen (46%) représentant l’Etat.

Alors que le gouvernement retenu dans l’immédiat l’option du « dégoulottage » qui consiste en l’augmentation des capacités des installations de la raffinerie, le partenaire saoudien qui n’a de stratégique que le nom, persiste dans son fameux PEMS sans cesse renvoyé aux calendes grecques. Quant au partenaire français Total dont le contrat technique n’existe plus depuis plus d’un an, il semble faire tout pour tenir la bride à la Sar, comme pour la pousser à l’enlisement, en insistant sur son souci de faire du hub de commercialisation de produits pétroliers. Bref, fermer la Sar. Un dessein qu’il nourrit depuis belle lurette.

Aussi, pendant que l’entreprise qui fait face à un déficit chronique d’investissements en plus de difficultés financières que l’Etat tente depuis peu de colmater, les partenaires de la Sar font durer le plaisir de voir le bateau couler.
Près une évaluation plus ou moins exhaustive de la situation de la Sar intégrant le point de vue des Experts du secteur, les « Sariens », comme ils aiment à s’appeler, réunis en Amicale des cadres de la Sar(Acs), ont élaboré et remis aux autorités en juillet dernier, un Document Unique Sar (DUS) qui dégage des pistes de solutions visant à sortir l’entreprise de s situation plus que délicate.

Un plan de relance qui vise, entre autres, à contribuer activement u processus de sécurisation de l’approvisionnement du marché en produits pétroliers par le renforcement du raffinage local. Un plan qui s’appuie sur quatre axes «Keep ; Upgrade ; Growth ; Control » qui sous-tendent le Programme de Sécurisation de l’Approvisionnement en Produits Pétroliers du Sénégal (SAPPS).

L’objet qui se dégage du premier axe « Keep » consiste, « immédiatement », à maintenir la capacité de production de la raffinerie à un minimum de 800.000 t/an, dans le but d’assurer la bonne marche de l’outil, mais aussi de sécuriser les unités. D’un coût évalué à 5 à 6 milliards de FCfa, ce projet peut-être financé, aux yeux des « sariens », rien que par le remboursement par l’Etat des pertes commerciales sur le Butane qui se chiffrent à 6.9 Milliards de FCfa. Il va sans dire que sa réussite est assujettie, entre autres, à l’exécution du budget d’investissement, mais aussi la mise à disposition d’un fonds de roulement, la Sar étant confrontée à des difficultés ténues de trésorerie.

La patate chaude

Passé ce cap et toujours sur le court terme, il étit question de mettre à jour « Upgrade » les installations de la raffinerie afin de revenir à la capacité nominale de 1 200 000 t/an. Ce qui suscitera non seulement une augmentation du débit de charges de la distillation pour atteindre 1 200 kt à un débit de 150T/heure, mais aussi une maximisation de la production de gasoil avec l’achat d’un brut plus sulfureux. Les moyens techniques étant identifiés, cette étape dont le coût est évalué à quelque 5 à 6 milliards de FCfa, pourrait être financée à travers un emprunt bancaire, mais aussi à travers la récupération de matériel au niveau de raffineries fermées.

Dans une troisième étape du programme proposé par les cadres de la Sar, il est question, pour atteindre un palier de production de 2 000 000 t/an à moyen terme, de construire une nouvelle unité de production d’une capacité d’au moins 2.000.000 t/an. C’est le projet « Growth ». Cette nouvelle unité permettrait d’augmenter dans une certaine mesure la production de butane (choix d’un nouveau catalyseur pour le reforming) ; d’adapter la production à la structure du marché (la part des distillats est importante) ; d’anticiper une évolution certaine des spécifications (soufre dans le gasoil et le fuel principalement), mais surtout de faire baisser sensiblement les coûts de fabrication (augmentation de la capacité de traitement et économies d’échelle), entre autres.

La question pourrait être si l’Etat a les moyens de son option ? La réponse est certainement dans s volonté.
Peu ou prou, ce programme pour le moins le mérite d’exister en tant que pistes concrètes et « bancable » que le gouvernement semble prendre l’option d’emprunter pour sauver l’entreprise et maintenir cet outil stratégique, pour peu que les actionnaires actuels aient la volonté de mettre la main à la poche, à moins qu’ils acceptent l’ouverture du capital par cessions d’actions.

La question n’aurait même pas été débattue, l’Assemblée générale des actionnaires qui devait se tenir le jour de la réunion du conseil, n’aura pas eu lieu. Il semblerait cependant que le partenaire saoudien chercherait à se « débarrasser » de la patate chaude en cédant ses parts, après le départ, il y peu, de l’ancien directeur général, le marocain Oumar Kassou.

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