Soupçons autour des milliards de l'Armée Sénégalaise attribués à la société China's Poly Group

Chine MilitaireUn marché d’armement de plusieurs milliards pour des navires et du matériel militaire attribué à une société chinoise suscite moult interrogations. 

Et pour cause, la société chinoise en question, Poly Technologie Inc est bien douteuse. Plusieurs de ses marchés ayant été frappés de soupçons de dessous de table. 

Les entreprises chinoises ne cessent d’envahir le marché sénégalais. Après l’autoroute à péage Thiès-Touba qui a vu l’Etat du Sénégal céder la construction, par entente directe, à une entreprise chinoise à hauteur de 400 milliards FCfa, voilà qu’une autre société chinoise – cette fois-ci mêlée dans des histoires de corruption dans certains pays africains – vient d’être retenue pour la fourniture de matériel militaire à des coûts de milliards. 

Les autorités militaires ont-elles toutes les informations sur la société chinoise Poly Technologie Inc retenue pour fournir des bateaux à l’armée ?

En tout cas dans le cadre du programme de restauration du potentiel de la marine nationale, l’offre de la société chinoise, Poly Technologies Inc pour des navires de l’armée et l’acquisition d’un patrouilleur de 58m OPV 190S auprès des chantiers navals Ocea (une société française), par l’Agence Nationale des Affaires Maritimes a été retenue, d’après des sources dignes de foi. 

Ces mêmes sources renseignent que l’offre de la société Poly Technologie Inc de Chine concerne un patrouilleur de 63 mètres, disposant d’une autonomie suffisante, un navire de projection et de soutien logistique pouvant transporter un bataillon organique de 500 hommes et un chaland de transport de matériel (CTM). 

Mais ce qui est sûr et vérifié, la société chinoise n’a pas bonne presse dans certains pays africains où elle a eu à livrer ses services.

Autrement dit, cette société est citée dans des affaires nébuleuses concernant l’acquisition d’armements. Il s’agit, entre autres, de la Namibie, du Nigéria et du Zimbabwé comme l’ont révélé des journaux dans ces pays africains. 

Par exemple en Namibie, renseigne le journal «The Namibian», «le gouvernement a décidé de saisir près de 3,6 millions de dollars namibiens du compte bancaire zambien de l’ancien chef des Forces de défense namibien, le lieutenant-général Martin Shalli, qui a reçu de l’argent de la société chinoise Poly Technologies à titre de commission sur la vente d’un navire de guerre à la marine namibienne».

Toujours d’après le journal namibien, «Poly Technologies avait signé un contrat pour la fourniture de matériels militaires aux forces armées namibiennes à un coût de 126,4 millions de dollars.

Une enquête a révélé que ladite société payait environ 500 000 dollars sur le compte de Shalli en deux versements en octobre 2008 et février 2009. Shalli a tenté de dissimuler l’origine de l’argent qu’il a reçu de Poly Tech et a utilisé deux anciens collègues de l’époque en fonction en Zambie pour éviter qu’il ne soit détecté, et qu’il n’ait pas à déclarer le revenu supplémentaire à des fins fiscales en Namibie». 

«La Haute Cour de Justice de Namibie a émis une ordonnance de confiscation de l’argent suite à un arrêt qui a confirmé une décision de la cour inférieure déclarant que tout l’argent provient des délits de corruption, la fraude, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent», renseigne le journal. 

Au Nigeria, cette société est liée à un conseiller du président de la République cité dans une affaire de blanchiment d’argent. 

Le journal «Premium Times», qui donne l’information, relève «la position ambiguë du conseiller spécial du président de la République Goodluck Jonathan, chargé des questions politiques, Ahmed Gulak. 

SHALLI

Ahmed Gulak agit aussi comme conseiller juridique à Erojim Group of Companies, selon les informations disponibles sur le site Web de cette entreprise.

Erojim est un entrepreneur qui prétend fournir des bateaux rapides, des systèmes radiaux et des équipements de communication navale et autres matériels militaires au gouvernement nigérian, en liaison avec son partenaire étranger, Poly Technologies, et Norinco, des entreprises chinoises.

En 2013, Poly Technologies avait même été blacklisté par les USA en compagnie de trios autres societés chinoises et d’une personne pour avoir enfreint une loi américaine visant à entraver le développement des armes de destruction massive par l’Iran, la Corée du Nord ou la Syrie. 

Une sanction qui avait suscité l’ire du ministère des Affaires Etrangères chinois qui avait officiellement appelé les USA à corriger ce qu’il qualifiait de faute et lever les sanctions contre ces sociétés. 

D’ailleurs Poly Technologies avait publié un communiqué pour réfuter les accusations américaines et préciser qu’elle n’avait jamais aidé aucun pays ou région à développer des armes interdites. 

Alors les autorités ignorent-elles toutes ces informations ? Sur quelle base, cette société a été retenue, même si les marchés de l’armée Sénégalaise sont frappés du sceau «Secret défense» ? Voilà autant de questions qui méritent des éclaircissements. 

Quant à la société Ocea, il faut dire que le Sénégal a eu déjà à traiter avec elle.

Selon le site du journal «Ouest France», «le Sénégal avait également commandé des patrouilles au chantier vendéen.

ocea

Il s’agit de 4 unités de types FPB98 (identiques aux 21 unités livrées par Ocea à l’Algérie) qui devraient être armées d’un canon de 20mm à l’avant».

Jacques Ngor SARR

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