sraël. 70 ans d’une histoire ponctuée de guerres

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, proclamait depuis le musée d’Art de Tel-Aviv la naissance de l’État d’Israël, à l’expiration du mandat britannique sur la Palestine. 70 ans et plusieurs guerres plus tard, l’État hébreu fait face à un paradoxe. Il est la première puissance militaire et économique de la région, tout en demeurant plus éloigné que jamais d’une paix définitive avec les Palestiniens.

De mai 1948, il reste des images, en noir et blanc le plus souvent. Celles de David ben Gourion, président du Conseil national juif, proclamant depuis le musée d’Art de Tel-Aviv la naissance de l’État d’Israël. Celles de ces milliers de Palestiniens paniqués, fuyant leurs maisons face aux milices juives. Depuis, Israël commémore chaque 14 mai sa naissance ; les Palestiniens, chaque 15 mai, la “nakba”, la grande catastrophe.

En novembre 1947, l’ONU avait mis fin au mandat britannique sur la Palestine qui courrait depuis 1917 et la victoire sur l’Empire ottoman. L’ONU vote le partage de la Palestine en deux États, un juif et un arabe. Le plan est accepté par les dirigeants sionistes mais rejeté par les leaders arabes. La première guerre aura commencé avant même la proclamation d’Israël, le 15 mai 1948.

Le choc de 1967

Mais c’est le conflit suivant, en 1967, qui va profondément bouleverser la région et posé les bases d’une équation aujourd’hui inextricable. On a du mal à imaginer combien la guerre des Six-Jours, du 5 au 10 juin 1967, fut un choc. Des deux côtés. Pour les dirigeants arabes et leurs armées (40 000 morts et prisonniers), c’est l’humiliation.

Pour les Israéliens, c’est une divine surprise. En six jours d’une guerre éclair, l’État juif assure militairement son existence, moins de vingt ans après sa création dans un environnement hostile. Il occupe le Sinaï égyptien, le Golan syrien, Gaza, la Cisjordanie, et surtout Jérusalem-Est.

Des photos montrent les soldats israéliens au pied du mur des Lamentations à Jérusalem, souriants et presque ébahis d’avoir conquis si vite le lieu le plus saint du judaïsme.

La terre contre la paix

L’euphorie est de courte durée. En 1973, une attaque surprise des pays arabes, le jour du Kippour, manque de tourner au désastre. Israël préserve ses acquis territoriaux de 1967 mais, désormais conscient qu’il faut négocier pour assurer son avenir, il va en faire une monnaie d’échange : c’est la terre contre la paix.L’Égypte est le premier pays arabe à signer, en 1979, un traité en bonne et due forme contre la restitution du Sinaï.

Les accords d’Oslo, conclus en 1993 par le Palestinien Arafat et l’Israélien Rabin, partent du même esprit : une restitution progressive des territoires occupés de Gaza et de Cisjordanie en échange de garanties de sécurité pour l’État hébreu. On doit discuter “plus tard” de la question de Jérusalem, qu’Israël a annexé unilatéralement en 1980.

Ils ont ouvert la voie au traité de paix avec la Jordanie, en 1994. Ils auraient pu déboucher sur la coexistence de deux États, si les extrémistes des deux bords ne s’en étaient mêlés. Les meurtriers attentats des islamistes du Hamas et l’assassinat de Rabin par un extrémiste religieux israélien ont fait dérailler le processus.

Le cancer des colonies

Cela fait vingt ans que la communauté internationale tente de ranimer l’esprit d’Oslo. En vain. Plus le temps passe, plus le cancer de la colonisation métastase. Et rend impossible la solution à deux États. À partir de 2003, la construction d’un mur de séparation entérine sur le terrain l’impossibilité de la paix.

En 1972, on comptait 10 000 Israéliens dans les territoires conquis en 1967. Ils sont maintenant plus de 600 000, dont 200 000 à Jérusalem Est. Les premières implantations, près de la frontière internationale, avaient un objectif sécuritaire. Aujourd’hui, une bonne partie du gouvernement israélien les considère comme l’arme pour conserver la Judée-Samarie, nom juif de la Cisjordanie.

 ouest-france.fr

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