Succession de Wade au sein du Pds : Ndéné pas maître de son destin

Durant les moments d’épreuves intervenus après la perte du pouvoir, sa solidarité n’a pas été des plus visibles. Souleymane Ndéné Ndiaye s’était même éloigné des instances du Pds, préférant parfois des critiques plus ou moins fondées. Sa candidature à la succession de Abdoulaye Wade n’a pas encore fait grand bruit, mais elle ne manquera pas de susciter de l’opposition en interne.

La constante va inévitablement varier de personne et de nom. Qu’elle soit retardée ou programmée,  la bataille de la succession aura lieu. La date arrivera où le Parti démocratique sénégalais (Pds) devra procéder au remplacement de son secrétaire général, Abdoulaye Wade. Du  coup, les ambitions se déclinent et les  légitimités sont mises sur la balance.  Me Souleymane Ndéné Ndiaye a émis  le souhait de  succéder  au pape du Sopi. «Je suis candidat à la succession de Me Abdoulaye Wade. C’est clair. Je ne m’en cache pas. Je l’ai dit à Me Wade que mon ambition, c’est de lui succéder.» Ces secrets de ses échanges avec son mentor dévoilés ne manquent pas de courroucer certains responsables libéraux qui ont eu à faire face au régime de Macky Sall depuis la perte du pouvoir sans l’implication notoire du  dernier Premier ministre et dernier directeur de campagne de Abdoulaye Wade.  En effet, avec la nomination de Oumar Sarr comme coordonnateur général du Pds,  Souleymane Ndéné Ndiaye  avait déserté les activités du parti, laissant sous-entendre qu’il ne se laissera dirigera par personne, à part Abdoulaye Wade. En parfaite complicité avec Youssou Diallo, actuel conseiller technique au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Souleymane Ndéné Ndiaye menait une carrière solo, se démarquant parfois des positions tranchées du parti et réaffirmant à plusieurs reprises son amitié avec le Président Macky Sall. Son manque de présence aux combats et dans les instances de décision du Pds, en l’absence de Abdoulaye Wade, étonnaient et irritaient.

Le choc venant de Londres
Ndéné avait pris six mois pour séjourner à Londres pour, disait-il, apprendre «l’anglais», l’outil de travail de l’avocat international  qu’il est devenu.  Il a eu le temps d’adresser une lettre ouverte à ses frères de parti, en mai 2013, en les invitant à faire leur «mue». L’ancien président du groupe parlementaire libéral, Doudou Wade, n’avait pas manqué de lui lancer des piques en lui conseillant, de retour de Cambridge, d’aller parler la langue de Shakespeare en Gambie.  «Souleymane Ndéné Ndiaye  est allé à Londres pour apprendre l’anglais. Nous, nous avons profité de son absence, certains comme moi, pour apprendre le sarakholé, le sérère et le diola pour pouvoir parler aux populations et prendre leurs préoccupations en charge. Quand il reviendra, il va revenir dans le parti, peut-être qu’il doit aller en Gambie pour parler aux Gambiens…»  
Cette réaction était loin de plaire à Ndéné. Il a rédigé une seconde lettre-réponse salée destinée à Doudou. Ces échanges par presse interposée n’ont point poussé d’autres responsables libéraux à réagir. Le coordonnateur national du Pds, Oumar Sarr, déclarait dans les colonnes du journal L’Observateur qu’il  n’avait pas de commentaire personnel à faire par rapport à cette lettre. «Je ne dis rien et je ne dirai rien. Nous préparons notre marche. Après, le parti va se réunir pour discuter de cette question», a-t-il ajouté. Le porte-parole du Pds, Babacar Gaye, dira que la lettre de Souleymane Ndéné Ndiaye demande «une lecture à tête reposée, loin de l’émotion et sans état d’âme, pour donner une position réfléchie». Pour lui, la missive porte «une certaine gravité, donc il faudrait l’étudier et y apporter une réponse à la dimension de la gravité de la situation que cela crée». 

«L’Espérance bleue» et  légitimité en question
De retour à Dakar, le dernier directeur de campagne du candidat Abdoulaye Wade a brillé par son absence aux réunions du Comité directeur du Pds. Toutefois, il a rendu visite à Karim Wade et d’autres Libéraux en prison. Plus récemment, il a rejoint de pool  d’avocats qui défendent Aïda Ndiongue. Pourtant, Ndéné ne partage pas le  report de la restructuration du Pds à cause de la traque des biens supposés mal acquis qui vise des dignitaires libéraux. 
Dans la perspective d’un  changement de direction, le Pds a vécu les dernières élections locales comme des Primaires. Investi sur  la liste départementale de Kaolack alors qu’il était maire de Guinguinéo sortant, Souleymane Ndéné Ndiaye a perdu devant Benno bokk yaakaar. Au même moment, des Libéraux comme Aïda Mbodj et Modou Diagne Fada ont gagné leur département.  Oumar Sarr s’est montré indéboulonnable dans son patelin de Dagana.  Aïda  Mbodj s’est dit intéressée par la direction du parti.  Puis, elle s’est donné plus d’autonomie en créant son propre mouvement politique. Le dernier Premier ministre de Wade n’a pas été moins entreprenant. Dans certains cercles libéraux, Souleymane Ndéné était suspecté de vouloir créer un parti politique. A défaut «l’Espérance bleue», tel qu’il l’a mentionné dans sa lettre ouverte, sera la dénomination de son mouvement  politique.

Écrit par Birame FAYE

biramefaye@lequotidien.sn

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