SWIFT, rouage aussi discret que central de la finance mondiale

Société de droit belge fondée au début des années 1970, le très discret groupe SWIFT s’est imposé au fil des années comme un acteur incontournable de la finance mondiale, au point de se retrouver au coeur des sanctions américaines contre l’Iran.

SWIFT, fournisseur mondial de services de messagerie financière sécurisés, a annoncé lundi sa décision de « suspendre » l’accès de certaines banques iraniennes à son réseau après la décision des États-Unis de réimposer des sanctions à l’Iran.

Paradoxalement, cette société largement inconnue du grand public ne ressemble guère aux autres grands noms de la finance mondiale et il est rare que son nom fasse les gros titres de l’actualité.

Fondée en 1973, SWIFT n’assure aucun mouvement d’argent, elle ne réalise aucun investissement sur les marchés, ni ne s’illustre dans de grandes opérations de fusion-acquisitions menées à la hussarde.

Son quartier général n’est même pas installé dans un grand centre financier mondial : son siège est à Bruxelles. Non cotée, elle est en outre organisée sous forme de coopérative détenue par ses actionnaires.

SWIFT, acronyme de Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, n’en est pas moins un acteur clé de la finance et du commerce mondial. Et pour cause : c’est l’un des plus importants réseaux de messagerie bancaire et financière.

Mis en oeuvre dans les années 1970 pour remplacer la technologie vieillissante du Telex, le groupe assure plusieurs tâches : transit des ordres de paiement entre banques, ordres de transferts de fonds de la clientèle des banques, ordres d’achat et de vente de valeurs mobilières, etc. Le tout grâce à des messages standardisés, permettant une communication rapide, confidentielle et peu coûteuse entre établissements financiers.

SWIFT a notamment développé le code BIC, qui permet d’identifier une banque via un code unique composé de 8 à 11 caractères, prenant en compte le nom de la banque, son pays d’origine, sa localisation et l’agence ayant traité l’ordre en question.

« Notre plate-forme de messagerie, nos produits et nos services connectent plus de 11.000 organisations bancaires et de titres, infrastructures de marché et entreprises clientes dans plus de 200 pays et territoires, leur permettant de communiquer en toute sécurité et d’échanger des messages financiers d’une manière fiable », revendique le groupe sur son site internet.

« C’est le seul réseau véritablement mondial utilisé pour transmettre des informations entre banques dans le monde entier, c’est un service de télécommunication qui permet à un paiement d’atteindre la bonne banque », explique à l’AFP Guntram Wolff, directeur au sein de l’institut bruxellois Bruegel.

« Il y a eu quelques tentatives pour créer de nouveaux réseaux concurrents ou alternatifs, mais cela reste très difficile à faire. Et de fait, quand vous avez un réseau sur lequel tout le monde est présent, il est très difficile pour n’importe qui d’autre de bâtir une alternative crédible. De fait, on a quelque chose d’assez proche d’un monopole », ajoute M. Wolff.

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