Tensions Iran-Israël : la communauté internationale s’inquiète de l’escalade militaire en Syrie

This photo provided early Thursday, May 10, 2018, by the government-controlled Syrian Central Military Media, shows missiles rise into the sky as Israeli missiles hit air defense position and other military bases, in Damascus, Syria. The Israeli military on Thursday said it attacked "dozens" of Iranian targets in neighboring Syria in response to an Iranian rocket barrage on Israeli positions in the Golan Heights, in the most serious military confrontation between the two bitter enemies to date. (Syrian Central Military Media, via AP)

Des chars israéliens postés à la frontière avec la Syrie, dans la partie occupée du Golan

L’Union Européenne a appelé à la retenue face à l’embrasement des tensions entre les deux pays ennemis.

Avant l’aube jeudi, Israël a mené des dizaines de raids aériens meurtriers contre des cibles présentées comme iraniennes en Syrie voisine, affirmant riposter à des tirs de roquettes iraniennes contre la partie du plateau du Golan sous son contrôle.

Si leur paternité était confirmée, ces tirs de roquettes seraient une première attaque directe de la part de l’Iran contre des positions israéliennes dans la confrontation à distance depuis des décennies entre les deux pays. La riposte israélienne est quant à elle d’une ampleur exceptionnelle en Syrie depuis le début de la guerre civile dans ce pays en 2011.

Cette escalade militaire inédite entre Israël et l’Iran sur le théâtre syrien a alarmé la communauté internationale face au danger d’une guerre ouverte même si les deux pays ennemis disent vouloir éviter le conflit.

Un nouveau pas franchi dans l’hostilité israélo-iranienne

Pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, l’Iran a franchi une “ligne rouge”. Le président iranien Hassan Rohani a affirmé pour sa part que son pays ne voulait pas de “nouvelles tensions” au Moyen-Orient, soulignant que “l’Iran a toujours cherché à faire baisser les tensions”.

Néanmoins des experts ont estimé qu’un pas avait été franchi dans l’hostilité israélo-iranienne en Syrie, où Téhéran aide militairement le régime de Bachar al-Assad.

Dans un contexte d’incertitudes et de tensions régionales avivées par la décision du président Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, le patron de l’ONU Antonio Guterres a demandé “un arrêt immédiat de tous les actes hostiles afin d’éviter une nouvelle conflagration”.

Une escalade “extrêmement inquiétante”

L’Union européenne a appelé à la retenue face à une escalade “extrêmement inquiétante”. Londres, Paris et Moscou aussi. “L’escalade des dernières heures nous montre qu’il y va vraisemblablement de la guerre ou de la paix”, a prévenu Angela Merkel, dont le pays a dénoncé les “attaques iraniennes” et soutenu le droit d’Israël à se défendre.

Israël se tenait prêt à une réaction à au moins trois séries de frappes meurtrières depuis début avril contre des positions iraniennes en Syrie. L’État hébreu, qui reste officiellement en état de guerre avec la Syrie, affirme s’employer à rester à l’écart de la guerre chez son voisin. Mais ne cesse de proclamer qu’il ne permettra pas à Téhéran de se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui.

Les tensions ont été avivées par la querelle sur le nucléaire iranien. Israël se considère en effet comme la cible désignée d’un Iran qui serait doté de l’arme atomique, et son Premier ministre Benjamin Netanyahu a mené une vigoureuse campagne contre l’accord de 2015.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*