Terrorisme : les entreprises de sécurité utiliseront les effectifs de l'Euro

SECURITE FRANCELE FAIT DU JOUR. Face à une menace terroriste inédite, les centres commerciaux et les lieux qui accueillent du public vont-ils prendre des mesures supplémentaires ? C’est ce qu’anticipent les professionnels du secteur.

Dix mille agents. Ce sont les effectifs supplémentaires que les 4 500 entreprises de sécurité privée ont recrutés et formés depuis les attentats de 2015, portant le nombre total de salariés de la branche à 160 000. L’intégralité de ces renforts a aussi été utilisée pour répondre aux besoins de l’Euro de football. Parmi eux des CDD dont le terme devait coïncider avec la fin de la compétition. Mais les événements survenus le 14 juillet à Nice bouleversent la donne.

« Après la finale au Stade de France, il était prévu de réduire par étapes la voilure, explique Claude Tarlet, président de l’Union des entreprises de sécurité privée. Mais une bonne partie de ces effectifs constitue désormais un vivier, une sorte de réserve opérationnelle, dans laquelle nous pouvons puiser immédiatement pour faire face à la demande supplémentaire. Celle-ci afflue déjà de la part des entreprises, centres commerciaux ou bâtiments publics. » A commencer par la Côte d’Azur — et plus particulièrement Nice évidemment — où, du fait d’une activité touristique intense, les entreprises de sécurité privée sont très présentes.

« Cela représente même le troisième marché du secteur en France, après les régions parisienne et lyonnaise, précise encore celui qui se trouve également à la tête du comité de sécurité du Medef. Il est donc probable qu’il y ait dans un premier temps des mesures immédiates de renforcements dans la ville théâtre de l’attentat du 14 Juillet. En complément de ceux de la police, de la gendarmerie et de l’armée. Mais d’autres villes de province pourraient également rapidement connaître des mesures similaires. »

L’attentat de Nice se distingue en effet des attentats précédents par son ampleur, pour la première fois, dans une ville de province et avec un mode opératoire ne nécessitant que très peu de moyens logistiques. « Nous devons nous adapter très rapidement à ces évolutions, estime encore Claude Tarlet. Cela passe notamment par une évolution de la formation. Par exemple en créant une école nationale des métiers de la sécurité privée, dans laquelle les futurs agents pourront être mieux sensibilisés et préparés à la menace terroriste. »

Dans ce domaine, la branche d’activité a d’ailleurs déjà commencé sa mue. « Le risque se modifiant depuis 2015, le secteur a augmenté le niveau de qualification de ses agents, explique à son tour Serge Guyot, délégué général du Snes (Syndicat national des entreprises de sécurité), qui compte 30 000 salariés regroupés dans 230 entreprises. On a notamment mis en place un module de prévention du risque terroriste dans la formation qui permet d’obtenir la carte professionnelle d’agent de sécurité. Mais cela ne représente qu’une étape. Il faut aller encore plus loin dans l’évolution de l’enseignement qui est dispensé. »

Samedi, le secrétaire général adjoint du syndicat policier Alliance, Frédéric Lagache, a notamment suggéré de « réfléchir à une nouvelle conception des services d’ordre festifs », avec l’emploi d’agents de sécurité privée pour filtrer les spectateurs. « Cela soulagerait d’autant des forces de l’ordre très mobilisées. »

http://www.leparisien.fr/

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