Tests de contamination à l’aluminium : Awa Marie Coll s’assoit sur les résultats

On peut bien croire que le ministre de la Santé et de l’Action sociale cache des choses scandaleuses dans son département.

Depuis que Awa Marie Coll Seck a pris connaissance des résultats issus des tests de toxicité, liés à la contamination à l’aluminium d’hémodialysés, elle a choisi de s’asseoir sur les documents, de peur «d’ajouter à la polémique et surtout dans le souci de préserver la vie privée des malades».

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (Msas) a fini de cerner l’ampleur de la contamination à l’aluminium de dizaines d’hémodialysés, soignés à Dakar.

Parallèlement aux tests commandités par l’Association sénégalaise des hémodialysés et insuffisants rénaux (Ashir), qui a constaté des taux de toxicité très élevés sur l’échantillon de malades désignés à cet effet, le département de Awa Marie Coll Seck en avait fait pareil mais sur un échantillon plus large.

On parle de plus de 50 hémodialysés testés par le laboratoire Bio 24 choisi pour effectuer les prélèvements. Lesquels ont livré leurs secrets depuis plus de dix jours maintenant. Sont-ils catastrophiques ou non, comme le laissent entendre certains de nos interlocuteurs ? Le Quotidien a tenté de percer le mystère en vain…

C’est qu’en fait, le Msas a décidé tout bonnement de garder les résultats dans ses tiroirs. Au cours d’une réunion convoquée récemment au siège du ministère, pour apprécier les résultats issus des prélèvements qu’il avait commandités, le directeur général de la Santé avait émis cette idée de publier un communiqué dans la presse, afin que nul n’en ignore, mais il a été convaincu de laisser tomber cette idée qui «ne va qu’amplifier la polémique».

Ce à quoi Dr Pape Amadou Diack a finalement souscrit, oubliant que les Sénégalais ont besoin de savoir ce qui se passe.

Le coordonnateur de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (Lsdh) déplorait dernièrement le manque de communication qui entoure ce scandale que le ministère de la Santé veut étouffer dans l’œuf. Au cours de l’émission Objection sur la radio Sudfm, l’avocat et défenseur des droits humains disait : «C’est un signe de manque de prise en charge de certaines questions dans un Etat de droit. De moindres choses ont suscité les réactions de toutes les institutions de l’Etat.

C’est des choses extrêmement graves, qui touchent la santé des citoyens et dont l’ampleur encore moins les contours ne sont encore déterminés. Le ministre de la Santé a juste dit qu’une enquête est ouverte, il n’y a pas eu suffisamment de communication surtout sur la gravité des faits.

Quand une chose de cette nature arrive dans une société humaine, il faut d’abord expliquer les conséquences, dire quelles sont les raisons et dire que le gouvernement a pris telle mesure. Or, vous n’avez jamais entendu ce genre de communication, sauf de façon lapidaire.

C’est dommage qu’on nous dise simplement qu’une enquête est ouverte.» Mardi dernier, le ministre de la Santé et de l’Action sociale a dit devant les conseillers économiques, sociaux et environnementaux que les «inspections sont encore en cours», répondant à une question relative à la contamination à l’aluminium.

Ce qu’elle n’a pas dit aux membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese), c’est que les résultats relatifs à la contamination des hémodialysés à l’aluminium sont bien disponibles depuis longtemps. Mais certains de ses conseillers ont choisi de ne pas «ajouter à la polémique et de préserver la vie privée des malades».

Écrit par Aly FALL

alyfall@lequotidien.sn

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