Tgv, tramway, réfection rail Dakar-Bamako : Macky en train de rêves

Ces projets, déclinés lors du régime précédent, semblaient tout à fait utopiques. Pourtant, Macky semble accorder beaucoup d’importance à la réalisation d’un tramway pour la banlieue et d’un Tgv pour relier l’aéroport de Diass. Du Wade sans Wade ?Quand Abdoulaye Wade en parlait, le Tout  Dakar en avait fait des gorges chaudes. On attend de voir quel accueil sera réservé à l’idée de Macky Sall de faire enfin son tramway.

Le Quotidien a appris que ce projet a été l’un des points discutés lors du dernier séjour du chef de l’Etat à Paris. Il se dit même que des entreprises comme la française Alsthom seraient très intéressées.

Ce tramway de Macky Sall, qui entre toujours dans le cadre des projets visant à améliorer la mobilité urbaine, devrait relier Dakar et la grande banlieue, à savoir Rufisque, Sangalkam et la zone du Lac Rose, en passant bien entendu, par Pikine et Guédiawaye.

Ce tramway, s’il devait se réaliser, mettrait au rebut le Petit train de Banlieue (Ptb) qui relie péniblement, à l’heure actuelle, Dakar à la ville de Thiès, avec des escales à Pikine et Rufisque, entre autres.

Ce ne sera pas le seul éléphant de Wade auquel Macky Sall voudrait donner des couleurs. L’ancien Premier ministre de Wade voudrait un train à grande vitesse pour relier la capitale au futur aéroport de Diass. Ce projet sera concomitant au prolongement de l’autoroute à péage jusqu’au site de l’Aibd. Macky Sall ne veut pas que ces projets soient renvoyés aux calendes grecques, et il est déjà en train d’en négocier le financement avec la France.

Des personnes bien informées dans le cénacle présidentiel soulignent que l’Agence française de développement (Afd), le bras financier de la coopération française, a déjà reçu une requête de financement de la part de Dakar. Si le projet est approuvé, il est probable que le groupe Alsthom, spécialiste de la construction des Tgv, entame des études techniques. Au Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor, on calcule que tout cela ne devrait pas aller au-delà d’avril 2014.

A côté de ces moyens de locomotion mis à la disposition des Dakarois, le président de la République, en concertation avec son homologue malien, veut se lancer dans la réhabilitation du chemin de fer reliant Dakar à Bamako, au Mali. Ici, l’enjeu est tout aussi économique que politique.

Le Mali est en effet, le premier client commercial du Sénégal, bien avant la France. En plus, la situation d’enclavement de ce pays fait que Bamako dépend grandement des ports de la côte pour l’acheminement de ses marchandises, aussi bien à l’entrée qu’à la sortie. Si, à vol d’oiseau, le port de Dakar, avec ses infrastructures, est bien placé pour prendre une bonne part des échanges entre les deux pays, l’état exécrable des infrastructures, tant routières que ferroviaires, a longtemps fait que le niveau de ces échanges est resté assez faible.

Pendant longtemps, du fait de la situation d’insécurité qui régnait en Côte d’Ivoire, le principal concurrent du Sénégal, on ne semblait pas trop s’en inquiéter à Dakar. Mais depuis qu’Abidjan semble déterminée à reprendre toutes ses parts de marché d’avant la crise, et même à les augmenter, les hautes autorités sénégalaises semblent prendre conscience qu’il est plus que temps de tout mettre en œuvre pour faciliter autant que possible la circulation des biens et des personnes.

Pour ce projet, exit la vision grandiose de Abdoulaye Wade qui parlait de «train à grand écartement». La réalisation de ce projet aurait demandé 1 500 milliards de francs Cfa au minimum, selon des calculs réalisés au ministère des Transports terrestres. Alors que la réhabilitation de l’existant, y compris la réfection de certaines gares de transit, selon toujours les estimations des mêmes sources, ne devrait pas demander plus de 300 milliards de francs Cfa. Autant dire, environ ce qu’aura coûté l’autoroute à péage Dakar-Diam­niadio.

Ici, en plus des Français, des entrepreneurs chinois seraient plus qu’intéressés. La Banque mondiale a même déjà exprimé son intérêt pour un tel projet, au financement duquel elle ne rechignerait pas. Et l’on peut croire que le moment venu, la Banque africaine de développement (Bad) pourrait apporter aussi son «obole».
Si à la différence des projets de l’ancien chef de l’Etat Abdoulaye Wade, Macky Sall a déjà approché et obtenu une écoute bienveillante pour ses projets d’infrastructures, il reste à voir combien de temps il faudra attendre pour que les premiers coups de pioche commencent à être donnés.

Écrit par Mohamed GUEYE   mgueye@lequotidien.sn

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