THIERNO ALASSANE SALL, SUR L’EXPLOITATION DU PETROLE AU SENEGAL «IL FAUT ATTENDRE ENCORE TROIS ANS…»

Thierno Alassane Sall, ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables
Thierno Alassane Sall, ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables

Les sénégalais vont devoir attendre au moins trois ans voire plus avant de voir les premiers retombés des récentes découvertes pétrolières au large dans nos côtes. C’est ce qu’a indiqué samedi dernier Thierno Alassane Sall, ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables, lors de son passage à l’hémicycle pour l’adoption de son budget 2016.

Le ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables, Thierno Alassane Sall, se veut clair par rapport aux attentes des sénégalais sur les importantes découvertes pétrolières aux larges des côtes sénégalaises.

«Au moment où je vous parle, des infrastructures assez importantes en terme de bateaux, d’hélicoptères et d’équipements techniques sont dans les eaux en train de faire un travail de recherche pour pouvoir, d’ici trois ans, apporter des résultats clairs, probants et définitifs à partir desquels nous pourrons engager les investissements nécessaires pour commencer à produire du pétrole», a fait savoir le ministre à un poigné de députés présents samedi dernier lors de l’adoption de son budget pour l’année 2016. Lequel est arrêté à la somme de 85 370 572 700 F CFA  contre 99 645 989 060 F CFA en 2015, soit une baisse de 14 275 416 360 F CFA  en valeur absolue et 14,33% en valeur relative.

Le ministre de l’Energie d’annoncer qu’ «un programme précis de forages et d’analyses va être mené durant ces trois ans pour pouvoir recueillir le maximum de données à travers deux ou trois puits de pétrole dans la zone concernée qui est totalement dans les eaux nationales du Sénégal. Et ce travail va permettre d’évaluer, de manière précise, les quantités, la qualité du pétrole, et de voir à partir de là, l’aspect commercial».

Toutefois, a-t-il tenu de rassurer aux élus du peuple en rappelant que «le Sénégal s’est doté lui-même des textes qui régissent ses activités et qui stipulent dans quelles conditions nous allons faire les partages nécessaires sur d’éventuelles bénéfices tirées de cette exploitation».

Selon le ministre: «Ces textes ne sont pas des textes imposés par les compagnies, mais ils ont été établis par le Sénégal et soumis à la représentation nationale», a-t-il expliqué, tout en relevant que lesdits textes «garantissent les intérêts du Sénégal tenant compte des contraintes liées à cette activité où beaucoup de compagnies ont investi par le passé en prenant beaucoup de risque sans être sûres d’aboutir».

Toujours dans son développement, le ministre Sall laissé entendre que «ce même processus engagé pour la gestion du pétrole est valable pour le gaz, notamment avec les découvertes faites à la frontière Nord du pays dans la partie mauritanienne, par Kosmos Energy, pétro-gazier coté à New-York».

«Cette même entreprise fait des recherches du côté du Sénégal. Nous sommes en train de discuter à trois (Sénégal-Mauritanie-Kosmos Energy) pour voir comment, dans les meilleures conditions de paix et de coopération, trouver les arrangements nécessaires pour que nous puissions véritablement nous engager à entamer la phase d’exploitation active de ce gaz», a-t-il indiqué.

FACTURES IMPAYEES DES STRUCTURES PARAPUBLIQUES : La tutelle conforte la SENELEC

Le ministre de l’Energie et des énergies renouvelables Thierno Alassane Sall, souhaite vivement que les créances, en souffrance, relevant des structures parapubliques soient honorées. Il l’a fait savoir samedi dernier, lors de son passage à l’hémicycle pour l’adoption de son budget 2016.

Va-t-on vers la coupure d’électricité dans les structures parapubliques (hôpitaux, universités, agences de l’Etat, Assemblée nationale et autres) dans les semaines à venir? En tout cas, le ministre de tutelle ne cautionne pas l’attitude de structures concernées. «Il faut que les gens aient par devers eux, le sens du service rendu. Vous ne pouvez pas demander un service bien rendu et refuser de payer. Un contrat de performance lie l’Etat à la Senelec. De même, un contrat de police lie la Senelec aux clients», a-t-il fait savoir.

Et de s’interroger: «Pourquoi la Senelec se serait permise de couper et de faire payer un petit ouvrier qui a consommé moyennement 20 à 30 mille francs y compris le bon de coupures et laisser le grand consommateur facturé à des millions, retarder l’échéance et continuer à consommer. Est-il imaginable d’aller se faire soigner dans un hôpital sans avoir à payer? Un service rendu se paye», a martelé Thierno Alassane Sall, répondant ainsi aux questions de certains députés, contrariés par les menaces de la Senelec de priver d’électricité certaines structures comme les hôpitaux. «Il est tant que les fautifs passent à la caisse. On ne peut pas continuer ‘’in fine’’ dans ça. Et si, les créances en souffrance ne sont pas payées, la boîte va couler», avertit-il. Toutefois, dira, le ministre «Nous entendons discuter avec les parties prenantes (Senelec, ministère de la santé, universités, mairies…) pour voir dans la mesure du possible comment ils pourront honorer leurs engagements», fera-t-il savoir.

D’autres questions comme le prix du kWh, décrié par les clients et la baisse des prix du carburant au regard de la dégringolade du prix du baril de pétrole sur le marché international ont été soulevées. A ces interrogations le ministre a assuré sans rassurer.

Jean Pierre MALOU

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