Top 100 des joueurs africains de l’histoire: El-Hadji Diouf, 10e

Adulé par les férus du ballon rond pour son immense talent, décrié par certains pour son caractère de « Bad boy », l’ancien porte-étendard de la génération dorée des Lions de la Téranga au début des années 2000, El-Hadji Ousseynou Diouf, ne laisse personne indifférent.

El-Hadji Diouf, c’est d’abord le souvenir d’un soir de 31 mai 2002 à Séoul, lors de la première apparition du Sénégal en Coupe du Monde. Confronté à l’équipe de France, championne du monde et championne d’Europe en titre, le double Ballon d’or africain (2001 et 2002) a tout simplement magnétisé d’entrée toute la planète foot par sa classe et son génie.

Elu à l’unanimité homme du match, l’enfant de Balakoss ravit la vedette au beau monde présent par ses prouesses techniques et ses séquences de dribbles face aux Desailly, Petit et Leboeuf médusés. Devant des Bleus dépassés, Diouf offrit même une passe décisive à Pape Bouba Diop qui signa le but de la victoire pour le Sénégal.

Menée par leur prodige de 21 ans, les Lions qui disputaient le premier mondial de leur histoire, viennent de faire tomber l’ogre français (1-0) ! Ce fut l’un des plus beaux exploits de l’histoire de la grande messe du football mondial. Le peuple sénégalais se plait encore aujourd’hui à décrire ce moment magique avec précision, seize ans après.

« Certains footballeurs ont disputé deux ou trois Coupes du monde, mais personne ne s’en souvient, assène Diouf. Moi, j’en ai joué une seule et tout le monde s’en rappelle ! ». Cette arrogance naturelle, l’enfant terrible du football sénégalais l’a tissée grâce à un talent inné, qu’il décrit mieux que personne :

« N’importe quel attaquant peut pousser le cuir au fond des filets, mais le plus dur, c’est de créer. C’est la créativité qui est rare, c’est l’apanage de ce qu’on appelle les génies du foot. »

Un génie du ballon rond, le natif de Dakar en était en effet un. Le surdoué sénégalais fit ses premières armes de footballeur dans les rues du quartier de Balacoss à Saint-Louis, qu’il quittera, à seulement 14 printemps, pour l’hexagone du côté du centre de formation du RC Lens.

Toutefois, son expérience chez les Lensois échoue après douze jours de stage. « Quand j’ai débarqué au RCL, ils m’ont recalé. Ils disaient que je n’avais pas le niveau. C’était la honte pour moi de retourner au pays.» Le jeune adolescent intègre alors le FC Sochaux qui lui offre une seconde chance. Il ne tarda alors pas à s’habituer aux exigences du centre de formation et fait vite étalage d’un talent certain aux côtés de futurs professionnels comme Pedretti, Meriem et Frau.

Le 11 novembre 1998, à l’aube de ses 18 printemps, le Lionceau fête sa première apparition en Ligue 1 face au SC Bastia (2-1). Il participe alors à quinze rencontres durant la saison avant de rejoindre le Stade Rennais en juin 1999.

Transféré en Bretagne contre la coquette somme de 5,35 millions d’euros, le jeune attaquant de 19 ans déçoit. Il ne réussit à trouver le chemin des filets qu’à une seule reprise durant la saison et s’illustre surtout par ses frasques ­ dont un accident au volant d’une voiture conduite sans permis.

Le « Bad boy » se réfugie alors de nouveau à Lens, en juillet 2000. Soutenu par son coach Rolland Courbis, il s’y révèle une saison plus tard, à 21 ans, stimulé notamment par ses premières prouesses sous le maillot du Sénégal, finaliste de la Coupe d’Afrique et qualifié pour son premier Mondial.

Tacticien, dribbleur, buteur, passeur, et meilleur buteur du club sur les deux exercices 2000/2001 et 2001/2002, il conquit de manière remarquable les cœurs des fidèles du stade Bollaert-Delelis et s’impose comme étant la star incontestée des « Sang et Or« .

A seulement 20 ans, il fut élu ballon d’or africain. Sourire diamanté et toison blonde platine, le jeune prodige explose aux yeux du monde entier lors du Mondial 2002 où il emmena les Lions avec brio en quart de finale.

Nommé septième meilleur joueur de la Coupe du Monde par la FIFA, il réussit l’incroyable prouesse de décrocher son deuxième ballon d’or africain à l’issue de la saison. Des performances remarquables qui pousseront les dirigeants de Liverpool à décaisser en juillet 2002 la mirobolante somme de 18,5 M€ pour s’attacher les services du jeune phénomène des «Gaïnde».

« Dioufy« , de son surnom en Angleterre, débuta alors en fanfare son expérience au « Royaume de sa Majesté » avec notamment un doublé lors de sa première apparition à Anfield, son seul fait d’arme en deux saisons puisqu’il ne marquera que 3 petits buts en 55 matches de championnat durant cette période. Pire encore, le « bad boy » du football africain sera de nouveau pris par ses vieux démons. Il sera coupable notamment d’un nouvel accident de voiture et de multiples crachats envers ses adversaires mais aussi envers des supporters.

Ceux du Celtic Glasgow en témoignent… C’est ainsi qu’en 2004, devenu indésirable sur les bords de la Mersey, El-Hadji Diouf décidera de quitter les Reds. Il enchainera ensuite plusieurs expériences en demi-teintes au Royaume-Uni sous les couleurs de Bolton (2005-2008), de Sunderland (2008-2009), de Blackburn (2009-2011) avant de rejoindre l’Ecosse du côté des Rangers (2011-2012) et d’achever son parcours en deuxième division anglaise ainsi qu’une courte expérience en… Malaisie(Sabah FA, 2014-2015).

Passant plusieurs fois sur le billard, multipliant les frasques de tout genre sur et en dehors du rectangle vert, l’enfant terrible du football sénégalais n’a plus jamais réussi à retrouver son niveau d’antan ni en club ni en sélection.

Le 1er avril 2009, le sulfureux capitaine des Lions surprend même l’ensemble des Sénégalais en annonçant sa retraite internationale à seulement 28 ans. Il enchainera alors les critiques contre les dirigeants de sa Fédération nationale (FSF), soutenant que « tout le système du football sénégalais était corrompu ».

Nul doute que l’Enfant rebelle de Balacoss aurait pu et même dû connaître une carrière beaucoup plus aboutie, n’empêche que le double Ballon d’or africain (2001 et 2002) demeurera à jamais l’un des meilleurs footballeurs que le Continent-mère ait jamais enfanté.

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