Traitement de l'information : Le Cored condamne les médias

A l’issue du scrutin municipal et départemental, le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) sort de sa réserve afin de mettre en évidence les dérives constatées durant cette période dans le traitement de l’information.

L’affaire Moustapha Cissé Lô a laissé des traces et pas seulement matérielles. Prisme de l’ire du Cored (Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias), le procédé utilisé pour semer la fureur à Touba semble relever de l’ignominie pour le directoire du Cored.

Son président, Bacary Domingo Mané s’insurge contre la méthode employée alors : «Après les devinettes, c’est l’ère du journalisme mouchard : celui qui consiste à publier dans la presse des conversations privées, parfois avec des détails qui heurtent la sensibilité.

Des éléments audio sont diffusés sur la toile et parfois repris par la presse traditionnelle. Des enregistrements de discussions privées sont diffusés sur les ondes d’une radio privée de la place.»

La conséquence, selon lui, est que ce comportement a failli coûter  la vie à des  citoyens, «s’ils ont échappé à la mort biologique, ils sont par contre frappés de plein fouet par la mort sociale. Livrés au jugement des autres, ils sont obligés d’affronter quotidiennement le regard  accusateur des voisins, amis, camarades etc.» 

La source de ces maux réside en partie dans le fait qu’«aujourd’hui des sites sont créés, parfois dirigés par des gens qui ne savent ni lire ni écrire en français. D’autres font la pluie et le beau temps dans les rédactions parce qu’ils manient bien la langue de Kocc Barma et assimilent, hélas nos plateaux de télévision et nos studios de radio à des scènes de théâtre où parfois la dérision et l’impertinence deviennent des qualités qui leur ouvrent les portes du monde des stars». 

Bacary Domingo Mané  oppose à ces dérives la Charte des journalistes qui encourage à collecter l’information par des moyens professionnels, notamment en s’identifiant comme journaliste. La charte stipule en outre que le recours à des moyens clandestins doit être exceptionnel et justifiés par l’intérêt de l’information pour le public et l’impossibilité d’obtenir ces informations par des méthodes professionnelles éprouvées. Autre constat opéré par le Cored, la proclamation des résultats avec une presse partisane qui fait fi de toute prudence en s’emparant de chiffres provisoires comme à Saint-Louis.

Le Cored met en exergue le cas de la Côte d’Ivoire, qui pour avoir trop versé dans la presse partisane, s’est enfoncé dans la guerre civile. Au-delà du caractère partisan que peuvent prendre certaines couvertures médiatiques, le Cored réprouve également le fait que des journalistes sous pression contractuelle se transforment en publicistes, n’hésitant pas sur les plateaux de télévision à s’afficher vêtu d’habits faisant la promotion d’entreprises privées.

A ce mercantilisme, le journaliste peut faire valoir sa clause de conscience qui le soustrait à ce type de pression contractuelle entre son employeur et des annonceurs. En réaction à ces dérives multiples, le Cored compte accélérer la cadence et installer solennellement  un tribunal des pairs le 23 juillet prochain. Il sera composé de 7 membres  parmi lesquels des  journalistes expérimentés dont Mame Less Camara, Diatou  Cissé, Ibrahima Bakhoum et Mamadou Biaye.

Écrit par Bastien DAVID

bdavid@lequotidien.sn

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