Traitement de l’information relative aux abus subis par des enfants : La presse invitée à sauvegarder leur dignité

Amener les journalistes à tenir compte de l’intégrité et de la dignité des enfants victimes d’abus dans le traitement des informations relatives à la maltraitance qu’ils ont subie, c’est l’objectif que s’est fixée la direction des Droits, de la Protection de l’enfance et des groupes vulnérables. Cette structure a organisé le 30 novembre et le 1er décembre derniers à Saly (Mbour) un atelier auquel des journalistes ont pris part, dans le but de les sensibiliser sur la nécessité de prendre en considération la protection de l’enfance.

La direction des Droits, de la Protection de l’enfance et des groupes vulnérables tient à «Sensibiliser les professionnels des médias sur la nécessité de traiter les informations relatives aux abus subis par des enfants en tenant compte  de la préservation de leur intégrité et de leur dignité». Ce thème constitue l’objectif d’un atelier de deux jours qui s’est déroulé à Saly le week-end dernier, pour permettre aux journalistes de s’imprégner de ces questions.

Organisé par la direction des Droits, de la Protection de l’enfance et des groupes vulnérables, cet atelier regroupant des journalistes de différents organes du pays s’inscrit dans la dynamique du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance de mettre en place des mécanismes qui facilitent l’intégration des médias dans les «approches de communication déclinées à travers les documents de politique nationale comme la Stratégie nationale de la protection de l’enfance (Snpe)».

Présidant cette rencontre, le secrétaire général de ce ministère, Abdou Faye, a déploré la manière dont les informations relatives aux enfants victimes de maltraitance sont traitées dans les médias.

«Comme vous le constatez, il est fait état quotidiennement dans notre paysage médiatique d’abus et de maltraitances de toutes sortes, subis par des enfants. L’exposition de tels faits, souvent douloureux pour les victimes et leurs proches, peut s’avérer traumatisante si l’information n’est pas relatée de manière à préserver l’intégrité de l’enfant.

La collecte, le traitement et la diffusion de l’information ayant trait aux thématiques de protection sont des processus complexes et sensibles qu’il convient de surveiller étroitement», a-t-il fait savoir. Embouchant la même trompette, le directeur des Droits, de la Protection de l’enfance et des groupes vulnérables, Niokhobaye Diouf, soutient que ces genres d’informations sont souvent relayés d’une manière qui porte atteinte aux droits de l’enfant.

«Dans certains cas d’abus, les enfants sont exposés. Leurs noms sont dévoilés et leur visage est montré», a-t-il déploré. D’après lui, «les enfants doivent être protégés dans tous les cas. C’est des citoyens qui doivent assurer et assumer des fonctions dans le pays. Donc pour cette raison, nous devons préserver leurs droits fondamentaux», a-t-il déclaré.

Pour le secrétaire général du ministère, «le droit à l’information ne doit pas écarter les professionnels des médias de l’obligation de préserver la dignité des enfants. Il doit plutôt s’y adosser, la renforcer». Selon M. Faye, cette rencontre devrait renforcer les capacités rédactionnelles des journalistes participants «en vue d’un traitement de l’information qui prenne en charge, entre autres, l’article 3 de la Convention des Nations-Unies relative aux droits de l’enfant (Cde), à savoir l’intérêt supérieur de l’enfant».

Pour le directeur des Droits, de la Protection de l’enfant et des groupes vulnérables, ce séminaire de formation devrait, au-delà du renforcement des capacités des journalistes sur le traitement des informations relatives aux maltraitances et aux abus subis par des enfants, permet­tre la mise en place d’un réseau de journalistes qui traite de ces questions. «Il s’agira d’échanger sur les voies et moyens à mettre en œuvre en vue de redynamiser, mais surtout de pérenniser le réseau des journalistes et animateurs pour la protection de l’enfance, un partenaire qui pourra continuer à accompagner le ministère pour rendre visible les mécanismes mis en place en matière de protection de l’enfance», a-t-il souhaité.

  • Écrit par  Dieynaba KANE

dkane@lequotidien.sn

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