UCAD-POUR RENOUER AVEC LE FIL DU DIALOGUE LES ETUDIANTS RECLAMENT LA TETE DE MARY TEUW NIANE ET ABDOULAYE DAOUDA DIALLO

Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) pavillon ALes étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont soutenu que la démission du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et son homologue de l’Intérieur est une «condition sine qua none pour entamer le dialogue avec les autorités étatiques». Ils l’ont fait savoir hier, lundi 18 août 2014, à l’occasion de leur Assemblée générale tenue devant le hall du pavillon A.

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) est plongée dans un calme plat depuis la mort de l’étudiant Bassirou Faye, tué par balle à la suite d’un affrontement entre étudiants qui réclamaient le paiement des bourses et les forces de l’ordre. La tristesse et la colère étaient les choses les mieux partagées entre les représentés d’étudiants des différentes facultés.
Devant le hall du pavillon A où ils tenaient leur assemblée générale, les étudiants se veulent formels sur la crise universitaire : «pas de dialogue tant que le ministre de l’Enseignement supérieur et celui de l’Intérieur ne démissionneront pas». Pour joindre l’acte à la parole, ils ont décidé par conséquent de décréter une grève illimitée pour espérer obtenir gain de cause.  Une situation qui complique davantage l’année académique 2013/2014 marquée par des grèves répétitives des étudiants liées notamment à l’augmentation des frais d’inscription, le master pour tous et l’orientation des nouveaux bacheliers.
Sentant une année invalide qui plane à l’Ucad, l’Assemblée des facultés de l’Ucad a décidé d’organiser une session unique pour les examens. Pendant que certains observateurs proposent d’ores et déjà l’invalidation de l’année universitaire, les étudiants restent déterminés sur leur position. Ils disent ne pas être dans les dispositions de «rencontrer des ministres, ni une quelconque délégation».
«Nous parlerons seulement à Macky Sall si et seulement si Abdoulaye Daouda Diallo et Mary Teuw Niane démissionneront», tonnent-ils.Le porte-parole du jour, Kaba Pouye précise que les étudiants qui sont partis rencontrer Abdoulaye Wade, sont partis de leur propre chef. «Ils ne représentent guère la communauté estudiantine. Il n’y a pas d’hommes politiques derrière nous», tient-il à préciser comme pour répondre au Chef de l’Etat.
L’Etudiant à la faculté des Sciences et Techniques (Fst) affirme que les autorités veulent déplacer le débat. «Nous allons prendre toutes les dispositions nécessaires pour régler cette affaire définitivement. Nous sommes entrain de mettre  sur pied un comité», confie-t-il.
Relevant être dans les dispositions à continuer le combat, les étudiants de l’Ucad ont tenu toutefois à appeler au dialogue avec les autorités, afin de trouver une solution définitive à la crise universitaire. «Ce qu’il y a lieu de faire est d’appeler toutes les entités au dialogue», a conclu Kaba Pouye.
FACULTE DE MEDECINE, DE PHARMACIE ET D’ODONTOLOGIE – LES ETUDIANTS REPOUSSENT LES EXAMENS DE RATTRAPAGE
Les étudiants de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie-stomatologie (Fmpo) ont décidé d’annuler les examens de rattrapage de la deuxième session qui étaient prévues hier, lundi 18 août 2014, jusqu’à nouvel ordre. Dans une déclaration dont nous avons copie, l’amicale des étudiants a déploré «les actes de barbaries qui se sont soldés par des dégâts matériels, des traumatismes moraux, des blessés graves, des arrestations et des pertes en vies humaines dont une a été confirmée».
«Nous aurions dû commencer nos examens de rattrapage de la deuxième session aujourd’hui (hier, lundi 18 août 2014, Ndlr), mais compte tenu de cet état d’insécurité, de psychose généré par ce drame (mort par balle de Bassirou Faye, Ndlr) et pour honorer la mémoire de ce martyr nous les avons repoussés jusqu’à nouvel ordre ».
C’est en substance ce qu’on peut retenir de la déclaration liminaire de l’amicale des étudiants de la Faculté Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie (Fmpo) hier, lundi 18 août 2014.
Constatant pour le regretter que l’installation des forces l’ordre dans les campus pédagogique et social, en violation des franchises universitaires a conduit à ce drame, les futures blouses blanches tiennent pour responsable de la mort de l’étudiant Bassirou Faye le ministre de l’Enseignement supérieur et celui de l’Intérieur. Par conséquent, ils exigent que justice soit rendue sans occulter la démission des ministres concernés.
«Nous n’avons cessé d’interpeller toutes les autorités et les sensibilités par rapport au problème et personne ne nous a tendu une oreille attentive. Nous sommes arrivés au point où le drame que nous redoutions est arrivé», lit-on dans la déclaration.
L’amicale des étudiants appelle par ailleurs tous «les chefs religieux, les acteurs sociaux, les médiateurs, les acteurs de droit humain pour soutenir la cause des étudiants, pour la paix et la sécurité nationale ».
RESEAU DES UNIVERSITAIRES REPUBLICAINS – ALIOU DEME REND LE TABLIER
Le professeur d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Aliou Dème, a démissionné du Réseau des universitaires républicains (Rur) dont il était le vice-président de la commission Education et Scientifique. M. Dème dit ne pas épouser les réformes engagées par le gouvernement au terme des Concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur (Cnaes).
Suite à la violence universitaire qui a causé mort de Bassirou Faye à l’Universitaire Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le Réseau des universitaires républicains (Rur), mouvement affilié à l’Alliance pour la République (Apr) de la mouvance présidentielle, connait des remous. En effet, des universitaires, membres du Réseau ont décidé de démissionner. C’est le cas du professeur d’histoire à l’Ucad, Aliou Dème, non moindre Vice-président de la commission Education et Scientifique du Rur.
Ce professeur d’Histoire dit ne pas partager les méthodes utilisées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Mesr) sur la gestion universitaire avec l’entrée en vigueur des mesures prises lors du Conseil présidentiel sur les Concertations nationales de l’Enseignement supérieur (Cnaes).
« Notre vision de l’Enseignement supérieur n’est pas celle appliquée par Mary Teuw Niane. S’il y’a un choix à faire entre les étudiants et le parti, je choisirais les étudiants. J’ai démissionné», a expliqué le professeur Dème.  Et de confier : «Un autre membre a démissionné. 6 autres personnes m’ont appelé pour me faire part de leur prochaine démission. Les gens en ont assez !  Ce n’est que le début».
Pour le vice-président de la Commission académique du Rur, « les autorités disaient qu’on ne peut pas faire d’omelettes sans casser des œufs. Au regard de la situation, la poule a été étranglée et le poulailler brûlé. Il y’avait un contrat moral entre universitaires et étudiants à l’occasion des élections où nous les mobilisions».

Ibrahima Baldé

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