Un opposant congolais en exil, Ferdinand Mbaou, blessé par balles près de Paris

Capture-d’écran-2015-11-10-à-22.37.52Un opposant congolais en exil en France, Ferdinand Mbaou, a été blessé par balles mardi alors qu’il sortait de son domicile à Bessancourt, en banlieue parisienne, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Ce général de 59 ans a été blessé mardi après-midi par un « individu qui lui a tiré dans le dos à proximité de son domicile », a indiqué à l’AFP le procureur de Pontoise, Yves Jannier, confirmant une information du journal Le Parisien.

Blessé à l’épaule, Ferdinand Mbaou avait été hospitalisé dans un état sérieux mais « son état s’est amélioré, il devrait sortir de l’hôpital », a précisé en fin de journée le procureur, prudent quant aux motivations de l’auteur de cette tentative d’homicide, qui a pris la fuite.

« Nous n’avons toujours pas de revendication. Est-ce lié à son activité politique ou est-ce complètement étranger? Rien ne permet de le dire à ce stade, toutes les hypothèses sont envisageables », a souligné Yves Jannier.

La victime « n’avait pas fait l’objet de menaces précises contre sa sécurité » ces derniers temps, a-t-il ajouté.

Ancien directeur de la sécurité présidentielle du président Pascal Lissouba (1992-1997), Ferdinand Mbaou est parti en exil avec ce dernier en 1997 quand Denis Sassou Nguesso a pris le pouvoir par les armes à l’issue de la guerre civile.

Il est décrit comme « l’un des plus ardents opposants au régime » de Brazzaville, par un membre de la diaspora congolaise en France, qui a requis l’anonymat. Ferdinand Mbaou est retourné à plusieurs reprises ces dernières années au Congo, où il a été « emprisonné au moins deux fois », selon cet interlocuteur, qui se dit « très inquiet ».

« S’il est avéré que c’est une tentative d’assassinat politique, c’est très grave », a-t-il dit.

« Nous sommes pantois et inquiets », a également confié à l’AFP Jean-Luc Malekat, ancien ministre de l’Economie (1991-92), responsable des Assises nationales du Congo, rassemblement des partis d’opposition et de la société civile de la diaspora congolaise dans le monde.

« Nous nous posons la question: est-ce que ce n’est pas le début d’une chasse à l’homme par le pouvoir de Brazzaville ? », a-t-il ajouté.

Âgé de 72 ans cette année, M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 30 ans au pouvoir, a dirigé le Congo sous le régime du parti unique (1979-1992). Après avoir perdu les premières élections pluralistes en 1992, il est revenu au pouvoir par les armes en 1997 à l’issue d’une guerre civile, avant d’être élu en 2002 et réélu en 2009.

Il a fait approuver fin octobre par référendum, qualifié de « mascarade » par l’opposition, une nouvelle constitution qui lui permet de briguer un nouveau mandat en 2016.

Le 20 octobre, la répression de manifestations contre le référendum à Brazzaville et à Pointe-Noire (sud), la capitale économique du pays, avait fait 17 morts selon l’opposition, quatre selon les autorités.

AFP

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