UN SI LONG MANDAT…

C’est ce dimanche 26 février 2017, qu’aurait dû se tenir le premier tour de l’élection présidentielle mettant fin au mandat ayant débuté en 2012. C’est ainsi que candidat à sa propre succession, le Président aurait actuellement dû être, dans l’expectative anxieuse d’un verdict populaire imprévisible. Ce n’est malheureusement pas le cas, à cause du report des présidentielles en 2019, sur la base des résultats d’un référendum certes légal mais loin d’être légitime.

C’est vrai que l’institution présidentielle hypertrophiée, qui reste, plus que jamais, le centre d’impulsion de la vie politique est pris en otage par le secrétaire général du parti au pouvoir et chef d’orchestre d’une constellation de divers lobbies, partisans du maintien du statu quo social et de l’inféodation aux intérêts du Capital international.

On peut aussi parler d’autoritarisme de fait, car une chape de plomb digne d’une dictature pèse sur la Nation, obligée de subir les interdits, fantaisies et conspirations de Benno Bokk Yakaar, une sorte de « Ligue du Désespoir ». Elle utilise l’appareil d’État comme instrument d’un trafic d’influence des plus manifestes sur le déroulement des prochaines élections législatives.

La situation politique nationale est marquée par des dysfonctionnements institutionnels dénoncés par d’héroïques lanceurs d’alerte et qui rythment la marche de la République.

L’émergence économique est toujours attendue au moment où on assiste au développement fulgurant du banditisme, devant une inefficacité avérée des forces de sécurité, dont le Chef incite les populations à prendre en charge leur propre défense, ce qui est une façon d’encourager les lynchages et la justice expéditive.

Les réunions hebdomadaires du Conseil des ministres s’avèrent non seulement inopérantes pour apporter de véritables solutions aux problèmes posés, très souvent imputés à d’autres instances (Conseils Interministériels, Commissions…), quand ils ne sont pas relégués aux oubliettes (évaluations de l’Acte 3, de la CMU…).

Elles se réduisent à d’ennuyeuses chroniques des activités présidentielles, des effets d’annonce à forte connotation électoraliste et des efforts désespérés d’éteindre les foyers de tension allumés dans tous les secteurs (Université, Justice, Santé…).

Des institutions onéreuses et budgétivores sont créées pour caser une clientèle politique pléthorique. De manière plus générale, on observe un avilissement de la pratique politique, qui n’est ni sincère ni désintéressée. Il ne s’agit pas d’une compétition saine et loyale d’offres politiques concurrentes pour le bien-être de la communauté nationale, mais plutôt de corruption, de transhumance, de clientélisme, de chantage, d’intimidation, et d’instrumentalisation de la Justice, en vue de neutraliser des adversaires politiques.

La Coalition au pouvoir ne semble reposer ni sur des convergences programmatiques ni sur des accointances idéologiques mais sur des intérêts égoïstes et/ou de clan.

L’acquisition de la carte nationale d’identité censée également servir de carte d’électeur est entravée par l’amateurisme des néophytes du Ministère de l’Intérieur, contraignant de paisibles citoyens à déployer des efforts surhumains et disproportionnés pour disposer de ce précieux document. La date des élections fixée en dehors des prescriptions du code électoral est sujette à de grandes incertitudes liées non plus seulement au rythme des inscriptions mais aussi aux aléas météorologiques.

Les candidatures indépendantes sont menacées par les difficultés liées au processus d’inscription sur les listes électorales qui pourraient impacter négativement sur le recueil des signatures exigées, d’autant que le pouvoir semble miser sur la dissuasion par une caution exorbitante.

Le drame, c’est que dans les conditions actuelles de mutisme de la majorité des acteurs sur leurs offres politiques, même une perte de majorité par le pouvoir actuel ne garantit aucune rupture programmatique.

Les seules organisations à s’être prononcées de manière claire et audible sur une démarche de rupture, conformément à l’héritage des Assises Nationales, sont la Coalition Sam Li Ñu Bokk et Avenir Senegaal bi ñu bëgg, qui curieusement n’arrivent pas à faire front commun, ce qui réduit d’autant leurs chances d’obtenir une majorité électorale.

La Coalition Manko Wattu Senegaal et le groupe autour du maire de Dakar gagneraient à clarifier leurs engagements en faveur des conclusions des Assises Nationales et des recommandations de la CNRI.

Le socle sur lequel devrait reposer une vaste Coalition, qui ambitionne de déboulonner le pouvoir manœuvrier auquel nous avons affaire serait un document programmatique de législature dûment paraphé par toutes les organisations politiques et de la société civile.

Il ne doit plus seulement être question de voter contre Massamba ou Mademba, mais de voter pour une alternative crédible que le peuple sénégalais n’arrive pas encore à entr’apercevoir.

NIOXOR TINE

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