UNE PRIÈRE QUI EN DIT LONG. Par Seydina Omar

UNE PRIÈRE QUI EN DIT LONG. Par Seydina Omar

Samedi dernier, lors de la prière de Tabaksi, il s’est passé une chose pour le moins intrigante à la Mosquée dite “Massalikoul Jinan” de Dakar. Ceux qui étaient placés juste derrière l’imam, à la première rangée, sans doute par ignorance ou par manque de concentration, n’ont pas rectifié l’imam quand celui-ci a oublié de réciter la Sourate Liminaire (Fatiha) lors de la deuxième inclinaison (rakka).

Il a fallu qu’il prononce le salut final pour qu’un des participants à la prière, placé loin derrière lui, dans les autres rangées, fasse savoir à l’imam, via un intermédiaire, qu’il avait omis la Fatiha. Omission qui avait rendu la prière caduque de fait. Après en avoir été informé, l’imam s’est donc levé de nouveau pour reprendre l’intégralité de l’office.

Pourtant, il aurait fallu lui en faire part lors de l’office par un “SoubhaanAllah” pour qu’il rectifie la prière au lieu de devoir la reprendre dans son intégralité. Ce fait rare n’a été relaté dans aucun média d’envergure, car les chaines de télévision ont sans doute reçu l’ordre de ne diffuser qu’une prière.

Cette scène témoigne à suffisance des accommodements que nous faisons parfois avec les préceptes de l’Islam. Celui-ci recommande en effet que la première rangée, ou tout du moins les personnes qui sont placées juste derrière l’imam, soient individuellement en capacité non seulement de le rectifier quand il se trompe, mais surtout de pouvoir continuer la prière dans le cas où l’imam a un empêchement ne lui permettant pas de poursuivre la prière.

Or qu’observe-t-on ? La Mosquée érigée sur le site dénommé “Massalikul Jinaan” à Dakar, entre les mains de représentants de la Communauté mouride, devient de plus en plus, lors des prières de l’Aïd, un endroit où les peoples, les politiciens en mal de visibilité ainsi que les ambianceurs, se donnent rendez-vous le temps d’une prière pour s’afficher devant les caméras.

La “star” la plus en vue cette année a été ce fameux sénégalais dont la notoriété a été faite par des insultes crues qu’il a distribuées à la quantité d’autorités religieuses, politiques et coutumières de ce pays. Pire, un individu se réclamant de la famille Mbacké a cru bon de devoir réaliser des selfies avec la “star” du jour et d’afficher ensuite les photos sur les réseaux sociaux avec le message suivant : “Un tel et moi-même vous souhaitons une bonne fête de Tabaski”.

Fort de ces constats, l’on peut clairement se demander si certains n’ont tout simplement pas perdu la raison ou si, fort heureusement, ils ne sont pas en train de montrer à la face du monde leurs vrais visages. Comment en effet se réclamer de Cheikh Ahmadou Bamba et transformer un si important rendez-vous religieux en un balai mondain dans lequel l’on joue à qui mieux mieux dans le “voyez-moi” et le “qu’en dira-t-on” et les potins peoples.

A observer certains comportements, il est permis de se demander si certains n’ont pas tout simplement oublié les trois nuits cauchemardesques que Cheikh Ahmadou Bamba a passé à Dakar avant sa déportation en septembre 1895; celui dont le seul tort et l’unique viatique a été de porter haut le flambeau de l’Islam au péril de sa vie, à mille lieues de ce à quoi certains s’emploient à d’associer injustement.

Ngeen baal ma àqq, Wassalaam !

Seydina Omar Ba

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