UNIVERSITES SINE-SALOUM, TAMBACOUNDA, UNIVERSITE VIRTUELLE DU SENEGAL, ISEP, ANTENNES DELOCALISEES Une vaste opération de décongestionnement

Concertations nationales sur l'avenir de l'Enseignement supérieur (Cnaes)
Concertations nationales sur l'avenir de l'Enseignement supérieur (Cnaes)
Concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur (Cnaes)

Conscient du nombre pléthorique d’étudiants dans les universités publiques sénégalaises, le gouvernement s’est lancé après le conseil présidentiel sur les Concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur (Cnaes), dans une vaste opération de décongestionnement.

Ainsi, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour venir à bout de la question de l’orientation des bacheliers, entend mettre sur pied l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs) dont le démarrage est prévu en janvier 2014 et le réseau d’Institut supérieur de l’enseignement professionnel (Isep) dont celui de Thiès, centré sur les métiers du rail, du tourisme et des mines est déjà fonctionnel.

Le directeur des affaires académiques et juridiques à la direction générale de l’Enseignement supérieur, le Professeur Babacar Guèye, a passé en revue sans ambages hier, mercredi 25 septembre, sur ce qu’il est convenu d’appeler une vaste opération de décongestionnement.

Dans une logique d’application des mesures prises par le Conseil présidentiel sur les concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur (Cnaes), le gouvernement du Sénégal semble placer la très problématique orientation des nouveaux bacheliers au cœur de son dispositif. Ils sont cette année 40 845 élèves à frapper aux portes des universités sénégalaises, soit une légère hausse comparée à 2012 où le nombre d’amis était de 33 000.

Cette augmentation de nouveaux bacheliers laisse penser en perspective à de nouveaux problèmes d’orientation à la considération des capacités d’accueil limitées des universités publiques. Car, l’année dernière, l’Etat du Sénégal était obligé de se rabattre sur les établissements privés pour caser près de 6 000 bacheliers non orientés pour un coût de 7 milliards F Cfa. Cette question des nouveaux bacheliers de 2013 reste entière et est devenue une équation qui se profile à l’horizon nuageux.

Toutefois les autorités en charge de cette question notamment la direction générale de l’Enseignement supérieur, rassure d’emblée. En plus de l’Université virtuelle du Sénégal (Uvs), le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Mesr) s’engage dans un vaste chantier de construction de nouvelles universités et des antennes délocalisées eu égards aux réalités socio-économiques de la région en question.

Il s’agit de l’université du Sine-Saloum à Kaolack, à vocation essentiellement agricole dont certains de ses sites seront implantés à  Diourbel, Kaolack, Fatick voir même de Foundiougne. Sans oublier la deuxième université de Dakar orientée sur les Sciences, la Technologie, l’Ingénierie qui sera construite à Diamniadio sur  le site anciennement occupé par l’Université du futur africain.

« L’objectif final est de résorber ce déficit entre les constructions et le nombre de bacheliers qui nous arrivent chaque année. L’année dernière nous avions 33 000 bacheliers, cette année plus exactement 40 942 bacheliers. Au rythme où arrive ce flux qui va augmenter année après année si nous restons avec cette capacité d’accueil actuel sera la catastrophe », a laissé entendre le Professeur Babacar Guèye, directeur des affaires académiques et juridiques à la direction général de l’Enseignement supérieur.

Pour ce qui est des deux autres universités en l’occurrence Sine-Saloum et de Dakar, « nous ferons tout pour qu’elles soient fonctionnelles avant 2017. Il y va de l’augmentation de notre capacité d’accueil et de la diversification de l’offre de formation et l’orientation de notre système vers les Stem (Sciences de la technologie, ingénierie et mathématiques) », souligne M. Guèye.

Selon le professeur Babacar Guèye, le coordonateur ou le recteur de ces deux universités dont les constructions seront terminées en 2017, ont été déjà nommés. Et d’ajouter « Je signale que d’après les chiffres de l’Unesco le Sénégal n’a pas encore atteint le nombre maximum d’étudiants qu’il aurait du avoir en fonction de sa population. Donc, le nombre de bacheliers est insuffisant », a soutenu Pr Gueye.

Si la capacité d’accueil des bacheliers sera élargie, l’objectif recherché ici, selon le professeur, est de « rapprocher le bachelier de son lieu d’étude. Ceci pour décongestionner l’université de Dakar qui étouffe avec prés de 80 000 étudiants ».

 UVS ou opération de décongestionnement

Outre les Universités du Sine-Saloum et la deuxième université de Dakar à l’horizon 2017, les acteurs de l’enseignement supérieur pour décongestionner les autres universités publiques notamment Ucad, ont lancé l’université virtuelle du Sénégal (Uvs) dont les activités vont démarrer à la rentrée prochaine, plus précisément en janvier 2014.

Le décret portant création de l’Uvs est déjà adopté. Cette université sera composée de 5 filières en licences notamment l’anglais, la sociologie, Sciences juridiques et politiques et Sciences économiques et de gestion et enfin les Mathématiques appliquées et Informatique.

« Sur les inscriptions en ligne, 36 987  nouveaux bacheliers ont déjà manifesté le désir de suivre les cours de l’Uvs. C’est une innovation majeure dans la mesure où elle est une université qui ne nécessite pas la présence de l’étudiant. Peut être dans certaines modalités, il y aura des regroupements des étudiants. Ceci dépend des enseignements », affirme professeur Gueye.

La particularité de cette université au-delà de son fonctionnement à distance qui ne nécessite pas la présence de l’étudiant dans les classes, est de permettre aux nouveaux bacheliers dans les zones les plus reculées du Sénégal, de recevoir les cours convenablement, faire des travaux pratiques et subir les évaluations avec l’installation des Espaces numériques ouverts (Eno). Un endroit qui accueillera  200 ordinateurs connectés à l’internet en permanence et être en contact avec les formateurs et les superviseurs.

«Tout le monde va me dire que le monde rural n’a pas de Net, de l’électricité. Nous avons pensé à ce problème dans la mesure où nous comptons mettre dans chacune des régions ou voir même des départements ce qu’on appelle un espace numérique ouvert », a expliqué Pr Gueye.

 Antennes délocalisées et ISEP

Toujours dans la logique de décongestionner les universités, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a décidé de la création des centres délocalisés des universités Assane Seck de Ziguinchor et Gaston berger de Saint Louis. Le centre de Kolda qui sera effectif en 2015 sera implanté dans la zone de Dioulacolon et suivi de deux champs d’appui localisés à Tankanto Escale dans le département de Kolda. Un institut d’enseignement et trois centres de recherche en éducation environnementale (Cree) seront crées dans les trois départements de Kolda. Le même procédé sera utilisé à l’université Gaston Berger (Ugb) de Saint Louis

« Nous avons le projet de faire rayonner l’université de Ziguinchor sur Kolda et Sédhiou. L’ugb va rayonner sur les régions de Matam et Louga. Pour L’Ugb, ça a commencé à fonctionner à Géoul. Pour les autres c’est pour bientôt. Il faudra se mettre en accord avec les collectivités locales pour qu’elles s’approprient du projet et offrir des terres », a expliqué professeur Gueye non sans annoncer que « nous pourrons arriver dans les 2 ans maximum. Pourquoi pas même l’année prochaine ».

Il convient aussi de noter la construction et le démarrage de l’Université du Sénégal oriental (Uso). Centrée sur les Mines, l’université qui va polariser la région de Kédougou et le département de Bakel avec des antennes sera implantée à Tambacounda. Son ouverture est prévue pour la rentrée 2015/2016.  « Ces nouvelles antennes permettront décongestionner l’Ucad, de rapprocher l’étudiant de son lieu de formation et de diversifier  l’offre de formation orienté vers les Stem et la formation professionnelle », a-t-il ajouté.

En plus des universités publiques et la mise en place des antennes délocalisées, un projet de réseau d’Institut supérieur de l’enseignement professionnel (Isep) a vu le jour. La particularité des Isep est d’être collée aux réalités socio-économiques de la région dans laquelle ils sont ouverts. C’est ainsi que l’Isep de Thiès  qui fonctionne déjà est centré sur les métiers du rail, du tourisme et des mines.

« Ces instituts vont recruter le niveau Bac en formation professionnelle de deux ans. Nous comptons implanter ces Isep dans chacune des régions du Sénégal. C’est d’ailleurs ainsi que nous avons récemment recruté un consultant chargé de faire les études sur la mise en place du réseau d’Isep », note le directeur des affaires académiques et juridiques.

Ibrahima Baldé Sudonline

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