VELINGARA – A cause de la circoncision : Des élèves prolongent toujours leurs vacances

CirconcisionDans le village de Thianfara, commune de Kounkané, les aînés ont décidé de circoncire tous les enfants âgés de plus de 5 ans. Par conséquent, ils ont été obligés de poursuivre leurs vacances scolaires au grand dam des enseignants.

Le directeur de l’école élémentaire, Siradio Baldé, renseigne : «C’est bien après la rentrée des classes que les parents sont venus m’informer de leur décision de retirer de l’école, provisoirement, une vingtaine de garçons pour les circoncire. Malgré mon insistance à les encourager à attendre les vacances de Noël, ils n’ont rien voulu comprendre.  Depuis 2 semaines, les cours se poursuivent sans ces enfants.»

Thianfara n’est pas le seul village du département de Vélingara, où des enfants en âge d’aller à l’école sont encore maintenus dans la «case de l’homme», un mois après la rentrée officielle des classes.

Dans les villages de Téyel, Biaro, Saré Coly Sallé et même dans la commune de Kounkané, de petits circoncis sont visibles le long de la Route nationale N°6, tendant la main pour demander de l’aumône. «C’est une tradition, dans le Fouladou, que d’exposer les petits circoncis pour demander de l’aumône. Il paraît que dans cette situation, les vœux sont vite exaucés», a dit un jeune accompagnateur des circoncis trouvé au bord de la route à Thianfara.

Le problème avec cette manière de faire, c’est que les enfants sont exposés sous le soleil à longueur de journées et, pendant plusieurs minutes ils peuvent restés debout, la tête coincée entre les 2 bras, les yeux pudiquement fixés sur le sol, les mains tendues vers le ciel, aussi longtemps qu’une silhouette humaine, de véhicule ou de vélo est aperçue, nourrissant l’espoir que l’un ou l’autre leur jettera une pièce de monnaie. Si ce n’est pas de la maltraitance, ça en a tout l’air, d’autant qu’il s’agit d’enfants qui traînent une plaie, parfois purulente, née de l’ablation du prépuce. Et presque rien de l’argent collecté ne revient aux enfants.

Expliquant la période choisie par les aînés pour mettre leurs enfants dans la «case de l’homme», Diouma Diao, du village de Kandiaye, a révélé :

«Circoncire des enfants dans un village est un événement qui mobilise un nombre important de jeunes. Ceux qui ont déjà subi l’opération se mettent aux petits soins des cadets. Il n’est pas possible de le faire pendant l’hivernage alors qu’on a besoin des mêmes enfants dans les champs.

En plus, il faut avoir de quoi bien nourrir tous ces garçons. En ce moment, les greniers ont commencé à contenir des graines de céréales.»

Abdoulaye KAMARA

akamara@lequotidien.sn

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