Venezuela : le président Maduro dénonce une attaque à l’hélicoptère contre la Cour suprême

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a dénoncé mardi une attaque “terroriste” destinée à provoquer un “putsch” après avoir révélé qu’un hélicoptère avait tiré sur le siège du Tribunal suprême de Justice et le ministère de l’Intérieur.

Un hélicoptère de la police vénézuélienne a ouvert le feu mardi contre le siège du Tribunal suprême de justice et le ministère de l’Intérieur à Caracas, selon le président Nicolas Maduro et son gouvernement. Un événement qui vient accentuer la violente crise qui ébranle le Venezuela depuis le mois d’avril.

“J’ai activé toutes les Forces armées pour défendre l’ordre. Nous allons saisir très vite l’hélicoptère et ceux qui ont réalisé cette attaque terroriste”, a déclaré mardi le président socialiste depuis son palais présidentiel de Miraflores, dont les alentours étaient gardés par une forte présence policière ainsi que par des blindés de l’armée.

Une attaque “destinée à provoquer un putsch”

Nicolas Maduro a dénoncé une attaque “terroriste” et a mis en demeure les dirigeants de la Table de l’unité démocratique (MUD), la coalition de l’opposition, de “condamner cette attaque destinée à provoquer un putsch”. “Ils auraient pu provoquer des dizaines de morts”, a-t-il ajouté.

D’après un communiqué de la présidence, l’appareil a tiré à quinze reprises contre le ministère, où plusieurs dizaines de personnes participaient à une cérémonie, tandis que quatre grenades “d’origine colombienne et de fabrication israélienne”, ont été lancées depuis les airs sur la Cour suprême.

Selon le président Maduro, l’hélicoptère était piloté par un homme qui avait été le pilote de son ex-ministre de l’Intérieur et de la Justice, Miguel Rodriguez Torres, un général à la retraite qui a pris ses distances avec le gouvernement. Le président a accusé ce général d’être lié à des préparatifs supposés de coup d’État à son encontre.

Le général Torres – un ancien chef du renseignement de l’ex-président Hugo Chavez (1999-2013) – avait dans la matinée qualifié de “sottises” les accusations présidentielles sur ses liens supposés avec la CIA américaine. “Les coups d’État, ce sont les militaires qui les font. Je suis général à la retraite depuis trois ans et les militaires retraités ne font pas de coup d’État”, avait-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Dans un communiqué, le gouvernement précise que l’hélicoptère a été dérobé par un pilote de la police identifié sous le nom d’Oscar Perez. Une vidéo mise en ligne sur un compte Instagram le montre devant plusieurs hommes en armes, affirmant qu’une opération est engagée pour restaurer la démocratie. Perez ajoute qu’il représente une coalition de militaires, de policiers et de fonctionnaires hostiles au gouvernement “criminel” de Maduro et appelle ce dernier à démissionner.

Une opération orchestrée par le pouvoir ?

Le Venezuela connaît depuis début avril une nouvelle crise politique violente qui a fait au moins 75 morts. Et des chefs de file de l’opposition exhortent de longue date les membres des forces de sécurité à la désobéissance. Mais pour certains partisans de l’opposition, cette attaque par hélicoptère pourrait avoir été orchestrée par le pouvoir pour justifier la répression.

Le MUD n’avait pas réagi en soirée. L’un de ses dirigeants a toutefois estimé dans un tweet qu’”il n’y a pas d’information suffisante sur l’hélicoptère” et a appelé à participer aux manifestations de rues convoquées pour mercredi.

Sur les réseaux sociaux circulaient des photos montrant un hélicoptère survolant Caracas et affichant une pancarte sur laquelle était écrit “350 Libertad”, en référence à l’article de la Constitution autorisant la déchéance de gouvernements hostiles aux garanties démocratiques.

Cet article de la Constitution est régulièrement invoqué par les opposants du MUD qui exigent le départ du gouvernement et du président. Sur les photos, on peut distinguer deux hommes dans l’hélicoptère, l’un le visage recouvert d’une capuche et l’autre à visage découvert.

Nicolas Maduro avait prévenu plus tôt dans la journée que ses partisans prendraient les armes si son gouvernement était renversé par la violence. “Je dis au monde, et j’espère que le monde l’entendra après 90 jours de manifestation, de destruction et de mort : si le Venezuela était plongé dans le chaos, la violence et la révolution bolivarienne détruite, nous irions au combat”, avait-il déclaré lors d’un rassemblement politique.

“Nous n’abandonnerions jamais, et ce qui ne pourrait être fait par les votes, nous le ferions avec des armes, nous libérerions notre patrie avec des armes”, avait-il poursuivi. Le successeur d’Hugo Chavez s’exprimait lors d’un meeting organisé en vue des élections constituantes qu’il veut organiser le 30 juillet.

L’opposition, majoritaire à l’Assemblée nationale depuis les élections de décembre 2015, refuse ce projet et réclame la tenue d’une élection présidentielle anticipée. En l’état du calendrier électoral, le prochain scrutin présidentiel n’est pas prévu avant fin 2018.

Avec AFP et Reuters

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*