Vent de scandale à La Poste (1/8) : Au bout de l’espoir, la désillusion

La nomination de Siré Dia, actuel directeur général de La Poste, en décembre 2012, avait suscité beaucoup d’espoir au sein de l’entreprise, qui venait de tourner la page brouillonne de son prédécesseur. Quatre ans après, la déception est le sentiment le mieux partagé dans la boîte qui emploie près de 3000 agents. C’est ce que dit le «Mémoire du postier lambda», un document qui épluche la gestion de La Poste de janvier 2013 à avril 2017.  

DOCUMENT – “La Poste est une Société Nationale, qui constitue l’une des plus anciennes organisations publiques au Sénégal à côté de l’Administration centrale de l’Etat. Elle est aussi, aujourd’hui, l’un des plus grands employeurs de ce pays avec près de 3000 employés. Cette entreprise publique mérite une attention particulière pour plusieurs raisons :

  • son personnel est éparpillé à travers tout le territoire national avec ses nombreux bureaux de poste, ses agences et centres d’exploitation que l’on trouve dans certains villages très reculés du Sénégal ;
  • elle a une tradition de gestion hybride: ses procédures et pratiques administratives sont inspirées de l’Administration publique centrale alors qu’elle est une entreprise à gestion autonome avec des exigences de résultat dans un environnement de rude concurrence;
  • elle est une organisation où l’on peut retrouver un agent dont le grand-père, le père, la femme, les beaux-parents et les voisins (avec la tradition des coopératives d’habitat) sont tous des postiers.

     Vu le risque de conséquences sociales désastreuses en cas de crise, cette organisation mérite certainement une attention particulière.

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En 2012, avec l’avènement du Président Macky Sall, Monsieur Siré Dia en devient le Directeur Général. La nomination de l’homme, inspecteur des Postes et parent proche du nouveau Président, au sortir d’un long et violent bras de fer entre son prédécesseur et le syndicat le plus représentatif (le SNTPT), avait suscité beaucoup d’espoir.

 

Après plus de quatre ans de magistère, un bilan de M. Dia s’impose. Un prospectus qui retrace ses réalisations a été produit par ses services et distribué lors de la présentation des vœux dans l’entreprise au début de l’année 2017. Dans ce dernier, sont évoqués, en détails, comme réalisations, des voitures et des serveurs informatiques achetés, des bâtiments rénovés et un nombre élevé de reclassements d’agents effectués durant les 4 ans. Il n’y est pas fait mention d’objectifs bien définis et les taux de réalisation associés en termes de chiffre d’affaires, de maîtrise des coûts, en somme de résultat. Il y est encore moins évoqué des stratégies de positionnement sur nos différents marchés de prédilection (courrier, transfert d’argent, services financiers…).

Ce bilan manque étonnamment de chiffres. Pourtant, les états financiers, adoptés avec des sérieuses réserves des commissaires aux comptes, renseignent d’une perte nette de plus de 4 milliards de francs CFA en 2013, sa première année de gestion. Cette contre performance est constaté malgré des produits surtout financiers gonflés (à hauteur de 5 milliards). Et depuis lors, aucun autre état financier n’est sorti.

S’il est incontestable que depuis 2013, l’entreprise est constamment hyper liquide, il faut sérieusement se pencher sur la provenance et la destination véritable de cette importante masse d’argent. Aussi, est-il important de s’interroger sur les effets de ce nouveau modèle et sur sa viabilité.” (À suivre)

 

Auteur: seneweb news – Seneweb.com

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