Vingt ans de terreur en Gambie : Yahya jusqu’à la mort

Au cours d’un panel au siège du Warc tenu hier, les Ong de droits de l’Homme ont mis à nu les «dérives» de Yahya Jammeh et de son régime, qui durent depuis 20 ans. Assassinats, arrestations arbitraires de journalistes, menaces de mort, actes de torture sont autant d’exemples convoqués par les panélistes pour montrer le climat obscurantiste qui prévaut en Gambie.

Au moment où le Président de Yahya Jammeh célébrait hier ses 20 années de pouvoir en Gambie, des structures de défense des droits de l’Homme comme Amnes­ty international, Article 19 et la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), appellent les autorités gambiennes à cesser les «dérives». Parmi elles, les arrestations arbitraires de journalistes, très fréquentes dans ce pays. 

Directrice régionale de Article 19 en Afrique de l’Ouest, Fatou Jagne Senghore laisse transparaître son indignation à propos de la façon dont son pays est géré. Elle se rappelle : «Le 16 décembre 2004, Deyda Hydara, rédacteur en chef du journal Le Point et président du syndicat de la presse a été tué par balles dans sa voiture, alors qu’il rentrait du travail.

Deux de ses collègues qui se trouvaient dans le même véhicule ont été grièvement blessés aux jambes. Ce meurtre est survenu le jour anniversaire de la fondation du Point et trois jours après la promulgation d’une loi controversée visant à augmenter le montant des frais d’enregistrement pour les médias à la laquelle Deyda s’était opposé.»

Dans le même ordre d’idées, elle déplore les «disparitions forcées» de Ebrima Manneh, journaliste-reporter au Daily Observer, arrêté le 11 juillet 2011 et «sans nouvelles depuis ce jour» et du dignitaire religieux Baba Leigh, qui a affirmé avoir subi «des coups de matraque des câbles et des fouets».

Dans son propos, qui a plongé l’auditoire dans l’émoi, Fatou Jagne Senghore s’est notamment souvenue de «l’exécution arbitraire», qui a avait fait un tollé au Sénégal, par le pouvoir de Yahya Jammeh de neuf détenus dont deux Sénégalais, non sans rappeler le «meurtre» de 14 manifestants en avril 2000 par les Forces de sécurité.

Axée sous le thème : «20 ans de peur en Gambie, il est temps que justice soit faite !», cette rencontre a permis d’évaluer les actions menées pour contraindre l’enfant de Kanilaye à baisser la main de fer avec laquelle, il gouverne la Gambie. 

Secrétaire général de la Raddho, Aboubacry Mbodj a professé la délocalisation du siège de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des peuples, dont le siège se trouve en Gambie. «Lors de la 52ème session de la Com­mission africaine des droits de l’Homme, qui s’est tenue en octobre 2012 à Yamoussoukro, nous avions adopté une résolution sur la Gambie. Mieux, nous avions décidé d’adresser une lettre à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour la délocalisation du siège de ladite Commission de la Gambie vers un autre pays plus respectueux des droits humains.»

Par ailleurs, des témoins gambiens ont fustigé le silence des organismes internationaux. Sur ce, Pape Abdu Sarr estime que «la voie diplomatique ne peut rien contre le Président Jammeh».

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