Vivement le crépuscule des papys : A quand la passation ?
ACTUALITE, CONTRIBUTION, SOCIETE Mercredi, février 20th, 2013
Voilà une question qui attend la réponse de certains de nos nouveaux dirigeants. Oh pardon, de ces vieux routiers qui ont laissé leur jeunesse sur le chemin de la démocratie. Ces pères de la première alternance, qui ont épuisé toute leur vigueur en contestant un compagnon qu’ils adulaient.
Ces penseurs qui ont suscité l’espoir d’un second changement en 2009 avec la coalition Benno Siggil Sénégal avant que leurs neurones, surchargés par le poids de l’âge et l’orgueil, ne finissent par éclater le mouvement. Un éclatement foudroyant dont les éclats sont retombés avec fracas sur le dos courbé de ces papys drainés par Benno Book Yaakar jusqu’aux portes du Palais.
La jeunesse sénégalaise a voté, au soir du 25 mars 2012, pour un homme né après l’indépendance. Le père de la première alternance a été sanctionné pour que le pays retrouve un nouveau souffle. Mais, au moment où de jeunes technocrates attendent d’être recrutés par le gouvernement de Macky, Moustapha Niasse, Amath Dansoko, Abdoulaye Bathily,Amadou Makhtar Mbow, entre autres, continuent de trainer laborieusement ce qui reste de leurs sabots noirs de vieux routiers dans les salons «High Tech» de la Présidence.
A quand la passation, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ?
Vous prônez une Assemblée de rupture. Mais votre âge n’est-il pas un facteur bloquant pour ce changement?
Que dire de ces nombreux députés qui arrivent difficilement à poser un pied devant l’autre dans les coulisses de l’hémicycle national.
Là, ils prétendent défendre les intérêts d’une population composée à majorité de jeunes. Et quels enseignements tirer de la photo officielle du 2ème gouvernement sous l’ère Macky, où la canne de Dansokho capte beaucoup plus l’attention que les dirigeants qui composent ce gouvernement. Incompréhensible, pour qui connaît le dynamisme et l’intelligence de la jeunesse sénégalaise.
A quand la retraite, M. le Président Mbow ? Vos «assises nationales» constituent le principal levier de bonne gouvernance pour l’état du Sénégal. Donc, pourquoi avez-vous accepté d’occuper un fauteuil dans lequel un jeune serait aussi à l’aise que vous. Le repos est-il un tabou pour vous tous ?
Les élections présidentielles de 2012 ont été riches en enseignements. Et le jeune Macky Sall est en train d’en tirer les meilleurs profits. «Nous, les dirigeants, sommes comme des managers…. Il faut faire son temps et partir», avait-il déclaré au King Fahd Palace, à l’occasion du face-à-face, qu’il a eu avec les journalistes africains organisé par l’African Media Leaders Forum.
Abdou Diouf vous a trouvés dans le circuit, vous a dirigés, mais il a su partir avec les honneurs. Vous aviez combattu aux côtés du Président Wade, qui vous a coiffé au poteau en 2000 pour devenir le symbole de la démocratie africaine. Mais, il a été sanctionné par un peuple qui a une nouvelle vision de la gouvernance. Vous avez guidé les premiers pas du Président Macky.
Et il risque de vous laisser là, à la recherche perpétuelle d’un objectif inavoué, inatteignable peut-être, voire même inexistant, mais qui donne un sens à votre existence.
Quand allez-vous transmettre le témoin à votre jeunesse ?
Ces derniers jours, le ministre El Hadji Malick Gackou vous a adressé un message fort, en démissionnant de son poste de ministre du Commerce. Pourtant, il est plus jeune que Vous. Il a tourné le dos aux privilèges de la République, les belles voitures, les bons d’essence, les millions du contribuable, parce qu’il n’est pas le pantin d’une coalition qu’un Président fait danser à sa guise.
Car il est tout simplement un NTS (Nouveau type de Sénégalais). Quand allez-vous adhérer à ce concept ? Ou bien voulez-vous que le peuple vous amène au repos forcé ?
BOUBACAR BADJI
Le pays au quotidien
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