Volcan de Fuego : au Guatemala, le bilan s’alourdit avec la poursuite des recherches

Les secours guatémaltèques ont retrouvé 69 corps, après l’éruption du Fuego, situé au sud-ouest de la capitale. Une nouvelle explosion et un glissement de terrain se sont produits lundi et ont provoqué de nouvelles évacuations.

Après l’éruption du volcan “de Fuego” (de feu), situé à 35 km au sud-ouest de la capitale Guatemala, le pays découvre des paysages désolés et des dizaines de corps humains et animaliers calcinés. De la lave et des cendres ont été projetés sur une vaste zone du Guatemala pendant une durée de seize heures, semant la panique parmi les habitants installés sur le flan du volcan, et provoquant la mort de dizaines de personnes – le bilan de 69 décès, divulgué lundi 4 juin, est provisoire et pourrait augmenter.

Actuellement, “69 corps” sont en cours d’identification au sein de l’Institut national médico-légal(Inacif), a indiqué lundi soir son directeur, Fanuel Garcia. Jusqu’à présent, seules 17 personnes ont pu être identifiées grâce à leurs “empreintes digitales et leurs caractéristiques physiques”, a-t-il précisé.

Selon David de Leon, porte-parole de la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes (Conred), quelque 46 blessés ont été recensés, dont la moitié sont dans un état grave. “Il y a des disparus, mais on ne sait pas combien”, a déclaré de son côté le directeur de la Conred, Sergio Cabañas. Quelques heures plus tôt, un précédent bilan faisait état de 33 morts.

Les colonnes de cendres émises par le volcan ont dépassé l’altitude de 2.200 mètres au-dessus du cratère, selon l’Institut de volcanologie. L’éruption a touché notamment des communes rurales proches du volcan et la cité coloniale d’Antigua, le plus important site touristique du Guatemala.

Paysage désolé

À San Miguel Los Lotes, hameau détruit par l’éruption, un journaliste de l’AFP a pu observer lundi matin un paysage désolé mêlant décombres de maisonnettes réduites à néant et corps noircis d’hommes et d’animaux domestiques gisant entre boue et cendres encore fumantes.

Eufemia Garcia, 48 ans, doit la vie à son mari qui l’a forcée à quitter sa maison, mais elle était lundi à la recherche de trois de ses fils, de sa mère, de plusieurs frères et de neveux. “Je ne voulais pas partir, je voulais y retourner, et je n’ai rien pu faire pour sauver ma famille”, sanglote-t-elle.

“Si on s’en sort cette fois, une autre éruption nous aura”, prédit Efrain Gonzalez, 52 ans, assis par terre dans un abri installé à Escuintlan, non loin de la localité d’El Rodeo, la plus affectée par l’éruption.

Efrain est parvenu à fuir avec son épouse et son bébé d’un an, mais son fils de 10 ans et son autre fille de 4 ans sont portés disparus après que la lave eut emporté leur maison.

Dimanche, des images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux ont montré une immense nuée de cendres descendant du volcan avant d’engloutir une route tandis que des habitants et des membres des équipes de secours fuyaient en courant. D’autres montraient des personnes couvertes de cendres que des secouristes essayaient de mettre à l’abri.

Le directeur de la Conred a indiqué que les personnes décédées avaient été piégées par la lave incandescente descendue à toute vitesse du volcan. Un total de 1,7 million de personnes sont affectées à divers degrés par la catastrophe, selon la protection civile.

Le président guatémaltèque Jimmy Morales, qui a visité lundi les zones sinistrées, a décrété un deuil national de trois jours. “Une réactivation est possible”, a prévenu l’Institut national de vulcanologie, recommandant de maintenir de strictes mesures de précaution dans cette région.

Auteur: France 24 – Webnews

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