Washington réimpose des sanctions à Téhéran

US President Donald Trump announces his decision to withdraw the US from the Paris Climate Accords in the Rose Garden of the White House in Washington, DC, on June 1, 2017. "As of today, the United States will cease all implementation of the non-binding Paris accord and the draconian financial and economic burdens the agreement imposes on our country," Trump said. / AFP PHOTO / SAUL LOEB

Ce rétablissement graduel des sanctions américaines est la conséquence du retrait des Etats-Unis de l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien.

Une première salve de sanctions réimposées à l’Iran par les Etats-Unis est entrée en vigueur mardi 7 août pour exercer une pression économique sur Téhéran, après le retrait unilatéral de Washington de l’accord historique sur le nucléaire iranien de 2015.

Dans un entretien télévisé à quelques heures du rétablissement de ces sanctions, le président iranien, Hassan Rohani, a accusé Washington de « vouloir lancer une guerre psychologique contre la nation iranienne et provoquer des dissensions » parmi les Iraniens.

Il s’agit de la première réaction de M. Rohani aux appels à négocier lancés par le président américain Donald Trump, qui a néanmoins de nouveau averti l’Iran lundi par la voie d’un communiqué : « Le régime iranien est confronté à un choix. Soit il change son attitude menaçante et déstabilisatrice, et il pourra retourner dans le giron de l’économie mondiale, soit il continue sur la route de l’isolement économique. » Mais M. Trump a aussi souligné qu’il restait « ouvert » à un « accord plus global qui concernerait l’ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme ».

Les Etats-Unis poursuivent sans relâche leur guerre d’usure contre l’Iran

L’économie iranienne déjà à la peine

La première vague de sanctions américaines, qui a pris effet mardi à 4 h 01 GMT, comprend des blocages des transactions financières et des importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisant les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale. Elle sera suivie, en novembre, de mesures affectant le secteur pétrolier et gazier ainsi que la banque centrale iranienne.

Ces sanctions devraient peser lourdement sur une économie iranienne à la peine, qui souffre d’un taux de chômage élevé et d’une nette inflation. Le rial iranien a plongé, perdant près des deux tiers de sa valeur en six mois.

Donald Trump, qui a adopté une attitude très hostile envers l’Iran depuis son arrivée au pouvoir, veut « intensifier la pression sur Téhéran pour qu’il change de comportement ». Il reproche entre autres à ce pays son soutien au président syrien Bachar Al-Assad, aux rebelles houthistes au Yémen ou encore au Hamas à Gaza et au Hezbollah libanais.

L’UE opposée aux sanctions

En Israël, le premier ministre Benyamin Nétanyahou, dont le pays est considéré comme le seul détenteur de l’arme nucléaire au Proche-Orient, a félicité M. Trump pour le rétablissement des sanctions. « Cela symbolise une détermination à freiner l’agression régionale de l’Iran, et son intention de se doter de l’arme nucléaire », a-t-il estimé.

L’Union européenne a, elle, regretté le rétablissement des sanctions et confirmé sa « détermination à protéger les opérateurs économiques européens engagés dans des affaires légitimes avec l’Iran ». Une législation spécifique en ce sens entrera en vigueur mardi.

Lire aussi :   Bruxelles activera sa loi de blocage pour protéger les entreprises européennes en Iran

Conclu après des années de difficiles négociations entre l’Iran d’une part, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, l’Allemagne et l’Union européenne de l’autre, l’accord dont Washington s’est retiré visait à garantir un caractère strictement pacifique du programme nucléaire iranien en le soumettant à une surveillance draconienne.

En échange, il prévoyait la levée progressive des sanctions qui avaient asphyxié l’économie iranienne et isolé le pays. Dans son dernier rapport en mai, l’Agence internationale de l’énergie atomique avait attesté que l’Iran continuait de respecter ses engagements.

Mesures anticorruption

La semaine dernière, plusieurs villes iraniennes ont été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits du mécontentement face à la situation économique détériorée, à la classe politique mais aussi au manque d’eau causé par la sécheresse.

Face à la chute de la monnaie nationale et à la contestation sociale, le gouvernement de M. Rohani a annoncé un assouplissement des mesures encadrant le taux de change du rial. Les bureaux de change, fermés en avril, devraient notamment être rouverts, même si leur activité sera strictement surveillée. Des responsables accusés de corruption et de spéculation ont en outre été arrêtés.

M. Rohani, qui avait tout misé sur l’accord nucléaire, a aujourd’hui bien du mal à défendre sa politique et voit ses soutiens s’étioler, selon des experts. Mais, selon eux, l’ayatollah Ali Khamenei, premier personnage de l’Etat et ultime décideur dans les dossiers sensibles, ne voudrait pas qu’il échoue dans sa tentative de modifier sa politique.

Lire aussi :   Avec le retour des sanctions américaines, un vent d’amertume souffle en Iran

lemonde.fr/international

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*