Zimbabwe : A peine arrivé au pouvoir, Mnangagwa promet d’indemniser les anciens colons expropriés de leurs fermes

– A peine arrivé au pouvoir par un coup d’Etat de l’armée, le nouveau chef d’Etat promet d’indemniser les colons expulsés par Mugabe de leurs fermes.”Mon gouvernement s’engage à compenser ces fermiers dont les propriétés ont été confisquées”, a déclaré M. Mnangagwa dans son premier discours de chef de l’Etat, précisant toutefois que ces réformes étaient “inévitables”. (AFP Zimbabwe: Mnangagwa promet d’indemniser les fermiers blancs expulsés sous Mugabe)
Une tendance pro-occidentale et pro-chinoise semblent s’installer au pouvoir au Zimbabwe pour le plus grand bonheur des grandes puissances.
Rappelons que selon Selon The Telegraph, quelques jours seulement avant le coup d’État, le général Chiwenga qui a destitué Mugabe s’est rendu à Pékin. La Chinafrique aurait avalisé le coup d’Etat qui a renversé Mugabe : ” Répondant au coup d’État, le ministère chinois des Affaires étrangères a simplement déclaré que Pékin ” était très attentif à l’évolution de la situation “, suggérant que la Chine avait accepté de sacrifier le “Camarade Mugabe” dans l’intérêt d’une succession ordonnée.”
Enfin selon Mintpress News, la politique de nationalisation des entreprises étrangères au Zimbabwe via l’indigénisation aurait été à l’origine de sa perte : ” Selon Mint Press News :
“Les initiatives d’indigénisation lancées par Mugabe et la ZANU-PF au cours de la dernière décennie continuent d’être un problème majeur pour la Chine. Le programme d’indigénisation a modifié les lois du pays en matière de propriété, exigeant que les entreprises jugées d’intérêt national soient détenues majoritairement par des Zimbabwéens et non par des investisseurs étrangers.
Bien qu’il y ait eu des exceptions pour la Chine en raison de l’influence qu’elle exerce dans le pays, de plus en plus d’intérêts chinois ont été soumis à des politiques d’indigénisation. À compter du 1er avril 2016, lorsque la nouvelle loi sur l’indigénisation est entrée en vigueur, les entreprises chinoises ont commencé à craindre que leurs exemptions aux règlements sur l’indigénisation, déjà négociées, ne soient réduites, sinon éliminées.”
Le renversement de Mugabe n’est pas simplement un coup de palais mais bel et bien un coup d’Etat qui va avoir des implications sur la politique étrangère du pays et par voie de fait sur la politique intérieure. Retour vers un néocolonialisme chinafricain et américafricain ? Après l’indemnisation des anciens colons fermiers, vers une politique plus clémente envers les intérêts chinois, britanniques et étatsuniens au Zimbabwe ?
Samuel Ramani dans The Diplomat écrit que:  “La politique d’indigénisation de la ZANU-PF pourrait mettre en péril les investissements de la Chine dans le secteur minier zimbabwéen et la faillite de petites entreprises appartenant à des expatriés chinois à Harare… La décision de Mugabe de nationaliser l’industrie du diamant du Zimbabwe a suscité une inquiétude particulière à Pékin. En vertu des nouvelles règles du Zimbabwe, les sociétés minières chinoises sont obligées d’opérer sous l’égide de la Zimbabwe Consolidated Diamond Company (ZCDC)”.
Selon WSWS, “Mnangagwa aurait été signalé comme l’homme le plus riche du Zimbabwe selon les communications diplomatiques publiées par WikiLeaks et rédigées par un ambassadeur étatsunien en 2001. Les sources de sa richesse incluent des biens mal acquis pendant qu’il occupait le poste de secrétaire des finances de ZANU-PF, ainsi que de l’exploitation minière illégale au Congo.
Sa première destination en cherchant un soutien pour évincer Mugabe fut Pékin, le plus grand investisseur du Zimbabwe, où Mnangagwa s’est réfugié après avoir été limogé. Mnangagwa a fait appel à la Chine, aux États-Unis et à la Grande-Bretagne en se présentant comme respectueux des « engagements » et opposé au récent virage de Mugabe vers des politiques d ‘« indigénisation » qui pénalisaient les investisseurs étrangers dans les mines et autres secteurs essentiels.”
Vers le retour du grand Capital et du néocolonialisme au Zimbabwe ?
Lire :
– Crise du Zimbabwe. La Chine a-t-elle acquiescé au coup d’état de l’armée ? (The Telegraph)
Chinafrique. La campagne pour évincer Mugabe s’intensifie au Zimbabwe (WSWS)
– Zimbabwe : les rivalités intérieures, la concurrence étatsuno-chinoise sont à l’origine de la crise politique
(MintPress News)
Afrique Monde : Emmerson Mnangagwa est un gros porc, artisan des répressions du régime.
Emmerson Mnangagwa connaît en effet très bien les militaires, dont il a été le ministre et chef du renseignement. Il est considéré comme l’artisan de plusieurs répressions organisées par le régime, souligne Virginie Roiron, maître de conférences à Sciences-Po Strasbourg et spécialiste du Zimbabwe.
L’homme est à la manœuvre dans la répression contre les Ndébélés dans les années 1980, qui aurait fait 20.000 morts. Il participe aussi à l’organisation des terribles violences de l’entre-deux tours de la présidentielle 2008, après la victoire, au premier tour, de l’opposant Morgan Tsvangirai. Ce dernier renonce d’ailleurs à se présenter au second tour après l’« orgie de violence » organisée contre ses militants, laissant Robert Mugabe seul candidat à sa réélection.

: Afrique Monde

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