22 novembre 1787. Bonaparte perd son pucelage avec une prostituée du Palais-Royal

Bonaparte PucelageDans ses mémoires, l’empereur décrit comment il devient un homme à 18 ans quand il est encore sous-lieutenant.

La nuit tombe sur un Paris pluvieux. Il bruine, il fait froid. Ce n’est pas un temps à mettre une prostituée dehors. Pourtant, il y a du monde dans le jardin du Palais-Royal, haut lieu de la prostitution parisienne en cette fin du XVIIIe siècle. À la lueur des lampes du sieur Quinquet, quelques demoiselles persistent à se promener sous leur parapluie. Elles ont entre 12 et 40 ans. Des messieurs les croisent, les interpellent, leur donnent le bras. Nous sommes le 22 novembre 1787, à la veille de la Révolution française.

Un jeune homme qui vient de sortir du théâtre des Italiens avance d’un pas mal assuré sous les arcades ceinturant le parc. Il n’a guère plus que 18 ans. Il est maigre, malingre. Il a le teint jaunâtre, le menton volontaire. Son nez frémissant est celui de l’aigle. Les cheveux sont noirs. Il ne porte pas encore la main sur le ventre… Son habit est usé. C’est Bonaparte. Le tout jeune Bonaparte. Le futur Napoléon qui accumulera les conquêtes féminines n’est encore qu’un puceau à la recherche d’une première victoire. Sous-lieutenant d’artillerie, il est revenu, treize jours plus tôt, d’un congé de six mois en Corse.

l lui faut une femme. N’importe laquelle. Au-dessus de son lit, il a punaisé un poster de Christine Boutin… Son oeil noir s’illumine en regardant les beautés à la taille gracile, aux jambes nerveuses, aux seins palpitants, aux robes suggestives qui se pavanent sous le crachin. On les appelle les “castors” ou encore les “demi-castors”, suivant leur rang. Elles sont élégantes, elles sont chères, sa solde mensuelle de 71 livres et 5 sous ne lui permet pas de s’offrir ce luxe. Il tente néanmoins d’en aborder quelques-unes, mais son allure misérable ne lui vaut que mépris. Son regard tombe alors sur une petite demoiselle, d’apparence plus modeste, qui arpente les allées. Visiblement, elle attend d’être abordée. Bonaparte se jette à l’eau (il contera lui-même cet épisode ultérieurement). “J’étais sur le seuil de ces portes de fer quand mes regards errèrent sur une personne du sexe. L’heure, la taille, sa grande jeunesse, ne me firent pas douter qu’elle ne fût une fille. Je la regardais : elle s’arrêta non pas avec cet air grenadier (des autres), mais un air convenant parfaitement à l’allure de sa personne.” Pressé par un besoin impérieux, le jeune Bonaparte adresse crânement la parole à celle qui s’avère s’appeler Mlle Deschamps :

– Vous aurez bien froid, lui dis-je, comment pouvez-vous vous résoudre à passer dans les allées ?

– Ah ! monsieur, l’espoir m’anime. Il faut terminer ma soirée.

Puis, faussement compatissant devant la fragilité de la pauvrette, il ajoute :

– Vous avez l’air d’une constitution bien faible. Je suis étonné que vous ne soyez pas fatiguée du métier.

– Ah dame ! monsieur, il faut bien faire quelque chose.

– Cela peut être, mais n’y a-t-il pas de métier plus propre à votre santé ?

– Non, monsieur, il faut vivre.

– Il faut que vous soyez de quelques pays septentrionaux, car vous bravez le froid.

– Je suis de Nantes en Bretagne.

– Je connais ce pays-là… Il faut, mademoiselle, que vous me fassiez le plaisir de me raconter la perte de votre pucelage.

– C’est un officier qui me l’a pris.

– En êtes-vous fâchée ?

– Oh oui, je vous en réponds. Ma soeur est bien établie actuellement. Pourquoi ne l’eus-je pas été ?

– Comment êtes-vous venue à Paris ?

– L’officier qui m’avilit, que je déteste, m’abandonna. Il fallut fuir l’indignation d’une mère. Un second se présenta, me conduisit à Paris, m’abandonna, et un troisième, avec lequel je viens de vivre trois ans, lui a succédé. Quoique français, ses affaires l’ont appelé à Londres et il y est.

La rusée fille de joie, sentant qu’elle tient son client, porte l’estocade :

– Allons chez vous.

– Mais qu’y ferons-nous ?

– Allons, nous nous chaufferons et vous assouvirez votre plaisir.

Mais Bonaparte n’est pas aussi benêt qu’il y paraît. Lui aussi joue un jeu. Il l’avoue. Le jeune officier entraîne sa conquête vers la sortie du Palais-Royal. Transis par le froid glacial soufflant dans les sombres rues de la capitale, ils filent d’un bon pas vers le modeste hôtel de Cherbourg, rue du Four-Saint-Honoré (aujourd’hui rue de Vauvilliers), où il occupe une petite chambre. Le récit de Bonaparte se termine ici. Aucun moyen de savoir s’il remporte cette première victoire avec panache.

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