31 octobre 1501. Alexandre VI organise une soirée bunga bunga pour sa fille Lucrèce.

octobre-borgia-ephemeride-2658909-jpg_508162_652x284Le 31 octobre 1501, Silvio Berlusconi est heureux comme un pape… Il participe à la soirée bunga bunga organisée par le pape Alexandre VI Borgia à l’occasion du prochain mariage de sa fille bien aimée, Lucrèce Borgia, avec Alphonse Ier d’Este, futur duc de Ferrare. Une alliance prestigieuse que le pape de 70 ans veut fêter dignement, la crosse et la bite à l’air. C’est la veille de la Toussaint ? Pas de souci pour le pape. Plus on est de seins, plus on rit… La petite soirée commence par un festin. Les dizaines d’invités mangent et boivent sans retenue. Jean Burchard, prélat de Strasbourg et aumônier pontifical, figure parmi les convives. Le soir, il en notera tous les détails dans son journal.

Quand chacun a fini de ripailler, sur un signe d’Alexandre VI, une cinquantaine de danseuses apparaissent dans la salle pour divertir les convives avec des chorégraphies lascives. Les hommes lancent des obscénités. Les femmes sourient. On a l’habitude à Rome de ces réjouissances païennes… Assis confortablement sur un nuage, Dieu savoure cette ambiance de kermesse. Les danseuses laissent tomber leurs vêtements, dévoilant des charmes ne devant rien à la chirurgie esthétique. Des domestiques leur jettent des châtaignes à la volée. Aussitôt, elles se mettent à quatre pattes pour les ramasser. Borgia apprécie son annus magnifibilis… La petite Ruby fait ses premières armes… Le patron d’Apple en profite pour faire son coming fou. Ce dont tout le monde se fout…

On fornique dans tous les coins

Les convives, hommes et femmes, laïques et mêmes prêtres, sont aux anges. Chauds les marrons, chauds les marrons. Diablement excité, le pape organise un concours de virilité, promettant de magnifiques cadeaux aux convives manifestant le plus d’ardeur auprès des hétaïres dénudées. Les culottes volent, les soutanes se relèvent, les sexes dressent la tête. Les épouses sortent leur iPhone pour recueillir des souvenirs… Les danseuses courtisanes accueillent leurs amants d’un jour avec une amabilité toute romaine. Polanski se choisit la plus jeune… Bientôt, on fornique dans tous les coins. Lucrèce, César et leur père, Alexandre VI, apprécient la soirée. Bientôt, les gagnants du concours reçoivent leur prix. Ravis, mais vidés.

Des bégueules pourraient trouver la soirée de mauvais goût, mais Alexandre VI Borgia est un habitué du genre. Depuis son élection en 1492, les prostituées se sentent chez elles au Vatican. Il ne fait, après tout, que suivre l’exemple du Christ acceptant Marie-Madeleine parmi ses fidèles. Dès son plus jeune âge en Espagne, Rodrigo Borgia est un homme à femmes. Avec ses lèvres pulpeuses, son nez sensuel, il les tombe par dizaines. Sans avoir besoin d’enfiler un casque…

Rumeur d’inceste

Ce n’est qu’à 25 ans qu’il est appelé à Rome par son oncle, le pape Calixte III, qui le fait aussitôt prélat : il devient le vice-chancelier de l’Église (carrément le numéro deux du Vatican). Impossible pour lui de renoncer à la luxure du jour au lendemain. D’autant que, malgré sa fonction, il n’est pas encore prêtre. Il ne le sera qu’en 1468. Il fornique donc comme un beau diable. À l’époque, la plupart des prélats pratiquent le coïtus benedictus. Pour leur plaisir, mais aussi pour leur promotion professionnelle. Un cardinal qui a des enfants à marier peut tisser des liens avec les plus nobles familles italiennes, qui peuvent alors le soutenir dans sa conquête papale.

Une fois sur le trône pontifical, Rodrigo Borgia a la pudeur d’arrêter de faire des enfants. Du moins, quand une de ses maîtresses accouche, il ne reconnaît pas l’enfant. Une délicatesse que son prédécesseur, Innocent VIII, n’avait pas eue en reconnaissant deux de sa douzaine d’enfants. Quand Alexandre VI monte sur le trône de saint Pierre, il cherche à consolider son pouvoir en mariant sa fille Lucrèce à plusieurs hommes bien nés. Le premier est Giovanni Sforza. Mais bientôt, ce mariage ne satisfait plus le pape, qui, pour le dénouer, affirme qu’il n’a pas été consommé. L’époux serait impuissant ! Lequel Sforza, vexé comme un pou, affirme que s’il n’a pas honoré, c’est parce qu’il n’aime pas passer derrière le père et le frère ! Petit joueur ! C’est donc lui, l’auteur de la rumeur d’inceste qui colle, aujourd’hui encore, aux Borgia. Mais, au risque d’en décevoir certains, il est bien peu probable que le père et le frère César aient goûté à la petite crèche de Lucrèce.

Quelques semaines après le banquet bunga bunga, également appelé le banquet des châtaignes, Lucrèce épouse donc Alphonse d’Este, qui deviendra duc de Ferrare en 1505. Le couple fait plusieurs enfants. Ce qui n’empêche pas Lucrèce de conserver un tempérament très, très chaud. Des lettres à son amant le marquis de Mantoue, beau-frère de son mari, sont là pour le prouver. Elle séduit aussi le chevalier Bayard en poste à Ferrare. Vous savez, le chevalier sans peur et sans reproche. Tu parles… Finalement, Lucrèce meurt en 1519, quatorze ans après son père, en mettant au monde son huitième enfant.

C’est également arrivé un 31 octobre

1993 – Décès du réalisateur Federico Fellini, 73 ans.

1984 – Des extrémistes sikhs revendiquent l’assassinat d’Indira Gandhi.

1961 – Un nuage radioactif traverse la Sibérie après l’explosion de la plus puissante bombe atomique jamais fabriquée.

1959 – Raymond Queneau reçoit le prix de l’humour noir pour son roman Zazie dans le métro.

1957 – Sortie du film Le pont de la rivière Kwaï de David Lean.

1944 – Le docteur Petiot, tueur en série, est arrêté à Paris à la sortie du métro.

1942 – En France, le conducteur de locomotive Léon Bronchart refuse de conduire un train de Juifs vers la déportation.

1941 – Aux États-Unis, l’ensemble monumental du mont Rushmore est achevé.

1888 – John Boyd Dunlop invente le premier pneumatique pour bicyclette.

1866 – Création de l’opéra-bouffe La vie parisienne d’Offenbach, livret de Meilhac et Halévy, au théâtre du Palais-Royal.

1541 – Le Jugement dernier de Michel-Ange, peint dans la chapelle Sixtine de Rome, est officiellement dévoilé.

1517 – Les 95 thèses de Martin Luther sont placardées sur la porte de l’église de Wittem

 

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