5 Septembre 1895: Doudou Seck: il a été l'interprète de Cheikh Ahmadou Bamba lors du Conseil Privé du 5 Septembre 1895

Doudou Seck il a été l'interprète de Cheikh Ahmadou Bamba lors du Conseil Privé du 5 Septembre 18951°) Du Gouverneur de Lamothe qui, après avoir été le principal instigateur de l’arrestation du marabout, quitte sur sa demande la colonie du Sénégal. C’était le 17 mai 1895, c’est-à-dire 124 jours avant le départ d’Ahmadou Bamba pour l’exil.

Le 6 juillet 1895, Monsieur de Lamothe est nommé Gouverneur de la Guyane française et une mission spéciale lui est confiée. Ahmadou Bamba est arrêté à Djéwol le 10 août 1895; il embarqua à destination du Gabon (Congo français) le 21 septembre 1895.

La Guyane française à la tête de laquelle se trouve le gouverneur de Lamothe était réputée pour les établissements pénitentiaires répartis sur les “îles du Salut” au nombre de trois : l’île Royale, l’île Saint Joseph et l’île du Diable de loin la plus célèbre parce que, entre autres, le capitaine Dreyfus y purgea sa peine du 14 avril 1895 au 15 juin 1899.

Parmi les bagnards français de ces îles se trouvaient des algériens, des vietnamiens et des africains noirs dont des sénégalais.

Les recherches effectuées pour découvrir la liste des déportés africains noirs en Guyane n’ont encore rien donné.

Après huit mois de séjour en Guyane, M. de Lamothe est nommé Commissaire Général au Congo où il ne fera que quelques jours (du 28 septembre au 25 octobre 1897). Il devait revenir à Libreville en 1899 chargé encore d’une mission, tandis que M. Mouttet qui avait présidé la séance “historique” du Conseil privé était nommé en cette même année Gouverneur de la Guyane.

Si’ l’on tient compte du fait que l’on n’a jamais su l’itinéraire du bateau qui transportait Ahmadou Bamba en exil ni la durée du voyage, si l’on tient aussi compte des déplacements “suspects” du Gouverneur de Lamothe, on pourra raisonnablement se demander si Ahmadou Bamba n’a pas d’abord séjourné en Guyane avant d’être emmené au Congo ?

2°) De Monseigneur Antoine Marie Hippolyte Carrie né le 10 février 1842 à Propières (Lyon) et mort le 13 octobre 1904 à Loango. Selon la tradition orale, ce prêtre aurait été chargé d’une mission spéciale auprès de Cheikh Ahmadou Bamba pendant sa déportation. Après de longues et laborieuses recherches, j’ai en effet découvert que Mr Carrie a été évêque de Mayumba de 1886 à 1904 (Mayumba dépendant de Loango). Sa présence à Mayumba où résidait le marabout a pu être établie avec certitude. Les recherches que je continue de mener pourraient m’apporter des renseignements très précieux.

La présence quasi permanente du gouverneur de Lamothe et de Mgr Carrie dans les lieux où réside Ahmadou Bamba est vraiment troublante. La rareté des documents d’archives sur ce point d’histoire est heureusement suppléée par les écrits du marabout dont il conviendrait de se reporter le plus souvent comme l’a suggéré un jour le Khalife, Cheikh Abdou Lahat Mbakcé.

Source: Oumar Bâ, “Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1889 – 1927)
Les Titres et les inter-titres sont de la rédaction.

LES RELATIONS DE SERIGNE TOUBA A NDAR

Le Cheikh vint pour la première fois à Ndar -Saint-Louis du Sénégal- en 1887, selon nos sources. Celui qui l’intéressait, alors, c’était Maam As Kamara, un grand homme de Dieu qui rayonnait culturellement, intellectuellement et au plan ésotérique sur toute la zone englobant le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée et le Soudan. Maam As était-il un Khutb ? En tout cas, comme un pôle de l’Islam, il attirait tous les musulmans et résolvait toutes les équations qui surgissaient. Ndar en était fier.

Nous ne savons et ne pouvons dire que Serigne Touba était venu lui prendre quelque chose comme le racontaient certains exégètes ou s’il était venu à lui pour une confrontation mystique. Mais Maam As le reçut d’une façon grandiose aux côtés de son éminent lieutenant de Guet-Ndar, Cheikh Malamine Seck qui était, comme son maître et ami un grand dignitaire khadre.

Nous savons que Serigne Touba se mesura mystiquement avec ses hôtes et réussit à les convaincre devant leurs propres disciples. Des légendes extraordinaires circulent encore qui démontrent que notre Cheikh était tellement loin de toute imagination humaine !

En venant à Ndar, Cheikh Ahmadou Bamba était accompagné de Cheikh Ibra. Ils étaient logés dans le quartier Sud où habitait Maam As En repartant, il laissera Cheikh Ibra à Ndar auprès de Maam As et Malamine en guise d’Ambassadeur pour raffermir leurs liens d’amitié. Maam As donnera à Cheikh Ibra un terrain à Guet-Ndar où le fidèle disciple habitera jusqu’aux environs de 1892-93. Il reviendra à NDar en 1895 et il y restera jusqu’en 1907.

Serigne Touba a eu des relations très intimes avec Serigne Madior Cissé, le grand érudit de Ndar qui lui affectera même un de ses enfants ou neveux devenu un grand mouride.

Il eut des relations avec Chérif Ahmet Khoureïchi, chez qui, on le fit loger lors de son arrestation en 1895
Avec Cheikh Amadou Ndiaye Mabèye, avec Serigne Ndiaye Sarr, Serigne Doudou Seck, les relations du Cheikh furent tout autre. Ceux-là s’étaient mobilisés pour le défendre contre les décisions colonialistes.

Amadou Ndiaye Mabèye était l’Iman Raatib de Ndar. C’est fort de ce titre, après une prière de vendredi, alors qu’on avait amené le Cheikh à Ndar, que l’Iman demanda aux notables de signer avec lui une pétition pour protester auprès du Gouverneur contre l’arrestation du Saint homme et pour qu’on le libérât. Cheikh Bamba lui rendit grâce pour cette action en le rassurant qu’il reviendra de son exil et qu’il le retrouvera sain et sauf à Ndar. Ce qui se réalisa.

Serigne Ndiaye Sarr était le Cadi de Ndar. Il avait protesté contre l’arrestation de Bamba et exigea même qu’on le mît à la disposition du Tribunal Musulman dont il était Président pour qu’il le jugeât selon les rites de l’Islam, ce que le Français refusèrent. Cette première contradiction fut sans doute une des causes de sa démission des charges de Cadi de Ndar. Il a eu une très grande considération et une très grande estime pour Cheikh Ahmadou Bamba.

Quant à Doudou Seck, Bou El Mogdad, je ne puis tarir d’éloges pour lui. En effet, cet interprète du Gouverneur Général d’alors est à l’origine de la pétition de protestation des Ndar-Ndar car c’était lui qui avait sifflé à Amadou Ndiaye Mabèye le dessein des Colonialistes. Ensuite, comme interprète entre Cheikh Amadou Bamba, le Gouverneur et son Conseil privé, en musulman respectueux du Cheikh, il adoucit les termes violents du Gouverneur envers le Saint homme pour ne pas heurter son illustre personnalité et tous les mots que Bamba retournait au colon pour ne pas le pousser à la colère car Bamba n’a pas été tendre pour le Français.

C’est d’ailleurs pourquoi Serigne Touba qui l’appelait “entonnoir” lui dira après ce Conseil privé :
“Dieu a vu ton geste Doudou… Si ce n’était que pour m’honorer et par solidarité islamique, je te pardonne d’avoir déformé mes mots et si c’était par respect que tu atténuais ceux du Gouverneur, Dieu t’a agréé à son Paradis car je comprenais tout ce qu’il disait…”

D’ailleurs, il continuera ses relations avec Doudou Seck, relations qui se transformèrent en une grande amitié. Ainsi, il reviendra en 1919 à Ndar à l’insu de la plupart des gens, pour loger chez Doudou Seck. Ils échangèrent beaucoup de cadeaux et de correspondances. C’est aussi pour cela que, lors de sa rencontre avec le Gouverneur Général, à Dakar en 1920, on fit venir l’interprète Doudou Seck pour relayer la conversation qui fut hélas très brève.

Mais les relations de Cheikh Ahmadou Bamba ne s’arrêtèrent pas là. Avec Sokhna Diarra Sèye, qui habitait le Sor, à l’extrémité de la Boutique “Fouta Toro”, près du marché, ces relations furent fermes et attendrissantes (elle portait le même nom que sa mère). C’est cette femme qui lui préparait à manger et lavait son linge lors de ses séjours à Ndar.

Thierno Ousmane SY, père de Mourchid Yane SY, de El-Hadj Malick SY, Moustapha SY et Babacar SY, eut de très belles relations avec notre héros.

Quand les Toubabs l’amenèrent à Ndar, il tint à lui manifester sa solidarité. Alors il ira au Fouta (à Souyna près de Podor) pour solliciter auprès de son oncle qui était un érudit connu dans toute la région des prières pour Serigne Touba.

C’est son oncle qui lui révéla la dimension du Saint homme et qui lui intima l’ordre de retourner sur le champ et de s’occuper de lui. Thierno Ousmane revint aussitôt et mobilisa sa famille qui, tous les jours, préparait des mets de qualité et en quantité destinés à Cheikh Amadou Bamba. Leurs relations se déteindront sur leur descendance car tout le monde connaissait les liens amicaux de Serigne Falilou et Serigne El-Hadji Malick SY de Thierno Ousmane et Serigne Yane dédia à Khadim un poème retentissant.

En poursuivant nos sources, elles vont nous révéler deux grandes figures du Mouridisme à Ndar, deux illustres notables du quartier Bas-Ndar Toute, Serigne Samba Diarra Mbaye le poète-chantre de Serigne Touba et Serigne Yatma Mbaye.

Cheikh Samba Diarra révéla partout le charisme de notre Cheikh. Il le chanta à Ndar, le trouvera à Guet-El-Ma et à Xoomak pour le sublimer. Il embauma son coeur par des poèmes en ouolof qui firent frémir tout l’entourage et enthousiasma même le Cheikh, avec des expressions d’une originalité et d’une logique convaincantes :

“Bu leen ma yeem, yeem leen ko moom
Du man di wax mooy kiddi wax
vaxande laa vu ¨nu tajji wax
buñu ma ubee may lamiñam…”
ou Ku fekke Jamonoy Ngir te sooy
Doo def ludul xoole ni looy
“Que je vous étonne guère car c’est lui le mystère
Ce n’est point moi qui parle c’est lui qui s’exprime
Je suis une boîte renfermant des sermons
Quand on m’ouvre je me mets à les dire…”
ou Celui qui se rend bredouille à une époque de grâce
Demain aussi n’aura qu’à regarder comme un “looy” (1)
(1) Looy : l’animal le plus paresseux de la terre.

L’autre relation est Serigne Yatma Mbaye. Celui-ci est un témoin important dans l’histoire du Cheikh car il faisait partie du contingent de soldats que Serigne Touba, grâce à Blaise Diagne et malgré Van Vollenhoven ce Gouverneur Général de gauche qui ne voulut jamais que les Africains furent enrôlés dans une guerre qui ne les regardait que peu, envoya au front en mai 1916 pour défendre la France.

Yatma vit un jour venir à lui, dans les tranchées du front de la Marne ou de Verdum (je ne retiens plus) Serigne Touba en personne drapé dans un grand boubou “Tiawal” et qui lui dit :

“- Yatma vous êtes là ?

Ne crains rien ! Dis chaque matin ceci et cela et tu viendras bientôt me rejoindre à Njareem sans égratignure.”
Puis il disparut. ce n’était ni en songe ni en rêve ni en hallucination car il lui donna un morceau de son boubou qu’il gardera avec lui.

Et quand la guerre finit, dès sa descente du bateau à Dakar, il se dirigea à Njaareem d’abord pour rendre visite au Cheikh. Dès que celui-ci l’aperçut dans la foule de talibés en ziarra, il lui sourit et lui fit signe de s’approcher.

<< Vous êtes venu Yatma ! Qui a gagné dans votre guerre ?

– Je suis venu Mbacké et vous exprime toute ma reconnaissance car c’est grâce à vous. Le jour où vous êtes venu à moi, nous avons subi une attaque foudroyante des Allemands. De notre section où il y avait 29 soldats, 2 adjudants, 3 sergents et 1 lieutenant, il ne restait que moi.

“Dierejefati Serigne-Bi”. Mais nous avons gagné la guerre. Nous avons chassé les Allemands des frontières françaises…
– Crois-tu Yatma qu’ils ne reviendront pas ? Soyez toujours sur pieds ! “

A bien réfléchir les Allemands reviendront en France en 1939 comme Serigne Touba l’avait laissé deviner.
Ce Yatma restera très attaché au Cheikh qui finira par lui dicter l’essence même de la “Sallatou alla Nabi” qu’il crachait sur des fils qu’il nouait. Ces fils noués de Serigne Yatma Mbaye guérissait les maux, satisfaisaient les besoins et protégeaient tous ceux qui venaient à lui.

Enfin nos sources nous ont fait découvrir des relations très cachées de Serigne Touba, à Leybar-Boye. D’abord une femme qui s’appelait Yacine Sarr , qui l’a accueilli à Leybar

Elle fit connaissance avec Cheikhoul Khadim quand celui-ci, de retour de son exil de Mauritainie et alors qu’il était en partance pour Thiyeen, après un séjour de deux semaines à Ndar, se déroba des foules qui l’assaillaient dans la grande ville et vint à pieds jusqu’à Leybar à 7 km de la ville pour prendre le train car la gare de Ndar avait été envahie dès la nuit tombée la vieille du départ par une meute considérable de talibés. A l’aube, il quitta doucement la ville pour venir à Leybar où il effectuera la prière du matin.

C’est là aussi où il rencontrera Serigne Djibril Guèye qui, m’a-t-on dit, le prendra dans ses bras, pour le soustraire de la foule venue le rejoindre jusqu’à Leybar, l’aidera à monter dans le train. D’autres disent qu’il montera avec lui pour l’accompagner jusqu’à Thyeen près de Dahra.

En tout cas, tous ceux qui vivent à Leybar-Boye sont automatiquement mourides. Je ne sais pas les raisons de cette uniformité mais la rencontre de Sokhna Yacine Sarr, de Serigne Djibril Guèye et de Serigne Touba en est pour quelques chose : “Lumu Saf kiko Macca Ka Xam…” dit le ouolof.
Je n’ai pas épuisé les relations de Ahmadou Khadim à Ndar. D’autres recherches et d’autres découvertes sont encore nécessaire pour les cerner.

Il faut tout simplement retenir que Khadimal Moustapha aimait beaucoup notre ville naguère appelée Dar-Es- Salam par Abdallah El Fasi et Abdallahi Ibn Yacine dès le XIè siècle, bien avant l’arrivée des français qui l’appelleront Saint-Louis.

Au XIIè siècle déjà Ndar était un grand centre islamique où s’étaient installés des Marocains et des Almoravides sans doute émerveillés par le charme du site ou la douceur du climat mais aussi pourquoi pas, par une griffe divine que Dieu y avait auréolée.

Les raisons de Serigne Touba ne peuvent êtres connues d’un individu aussi humble que moi, mais il a dit à ceux qui l’auraient approché à Ndar : ” qu’il y avait au-dessus de cette ville, à l’époque des colonialistes, l’une des portes du Paradis que Iblis, le démon voudrait souiller. C’était la raison des ses multiples passages et ses nombreux séjours à Ndar.”

LE PARRAIN SERIGNE ABDOULAHI MBACKE “Borom Deurbi”

“Il était en avance sur son temps!” Voilà qui aurait pu servir d’épitaphe sur le Mausolée du frère cadet de Serigne Bassirou et frère aîné de Serigne Abdoul Ahad. A une époque où l’agriculture sénégalaise émergeait à peine de l’âge primitif, Serigne Abdoulahi MBacké “Borom Deurbi” était “le patron des jardins”. Le fondateur du village de Darou Rahman initiera de son vivant, à sept kilomètre de Touba la Sainte, un Eldorado florissant à une période où rares étaient ceux qu’inquiétait la question de la désertification.

Il était au service de Dieu et des hommes.

LE MIRACLE DE DAROU RAHMAN

Aujourd’hui que son vénérable fils Serigne Cheikh MBacké s’est résolument lancé sur ses traces, c’est avec plaisir qu’on revisiterait la prestigieuse généalogie de celui dont Cheikhoul Khadim trouvera lui-même la mère dans l’illustre famille des Kounta de Mauritanie. A l’image de ses frères auxquels incombera le Khalifat de Serigne Touba, ainsi qu’aux autres qui avaient des missions non moins exaltantes, le vénéré Serigne Abdoulahi MBacké (RTA) fut bien avant tout un talibé modèle, qui ne cessera de cimenter la cohésion au sein de la Mouridya et dont les actes illustraient, mieux que chez quiconque, cette quête perpétuelle de piété vers le voisinage du Tout-Puissant. Alors que, homme dans le siècle, il se signalera parmi ses contemporains comme un entrepreneur agricole hors pair dont l’apport inestimable relevait à bien des égards du miracle.

UNE PRESTIGIEUSE ASCENDANCE

Selon les témoignages recueillis, la naissance de Serigne Abdou a été chaudement accueillie. Parce que ce fut durant son exil en mer, entre le Gabon et le Sénégal que Cheikh Ahmadou Bamba a reçu les signes du Créateur de l’Univers quant au premier enfant à son retour. Dès 1903 donc, alors que les colons pensent le déporter vers la Mauritanie, Ahmadou Bamba entame en fait une autre mission en Mauritanie.

En effet, c’est là qu’il prendra celle qui allait donner naissance à Serigne Abdoulahi, le frère cadet de Serigne Bassirou. Sokhna Fatimal Koubra est la petite-fille de l’illustre Cheikh Sidya Baba, descendant du Prophète Muhammad (PSL) et Khalife de la Khadrya en Afrique de l’Ouest. Dès que le mariage est scellé d’ailleurs, le Cheikh se prépare et quitte la Mauritanie.

Il ira s’installer dans un village du Djoloff, Thiéyène (en wolof) qu’il a baptisé lui Darou Rahman. C’est là que naquit en 1907 le premier enfant de Serigne Touba, le cinquième de sa descendance après plus de dix ans d’exil.

Le futur Abdoulahi Mbacké a donc de qui tenir et peut être considéré comme un don du ciel par son ascendance prestigieuse. Les contemporains de Serigne Touba ont témoigné qu’il en ressentit une grande joie. Au point qu’il lui a consacré un talif -poème- dans lequel il dit:

Minal haqqi jaa al Haqqu
Lilhaqqi fissahbi
Bihaqqin moubinin
Layouhaanihi min sahbi
Littéralement :” La Vérité émane de la Vérité
Elle vient aussi pour la Vérité…”

Une dizaine de vers que les talibés mettent en sous-verre et appellent : “kou guis tekhe” – le paradis à qui les a vus. Ce poème révèle qui est Serigne Abdoulahi d’après les signes que le Cheikh avait reçus d’Allah.

Selon Serigne Ara Diatara, compagnon et confident de Borom Darou Rahman, Serigne Touba faisait référence à lui par “Sama doom dji”, parce qu’il fondait beaucoup d’espoir sur le petit-fils de Cheikh Sidya Baba. Les liens qui les unissaient étaient donc très forts, comme en témoigneront ses contemporains à qui il le présentait ainsi.

UNE VIE AU SERVICE DE SERIGNE TOUBA

A l’âge de cinq ans, en 1912, le futur fondateur de Darou Rahman est confié à Serigne Abdourahman Lô de Ndam, comme ses autres frères, Mouhammadou Moustapha, Fadilou, Bara et Bassirou avant lui. C’est ainsi qu’il apprendra le Coran et le transcrira pour aller en présenter une copie à son père Khadimou Rassoul qui l’envoie alors auprès de Serigne Mbacké Kani Bousso vers 1920.

Il poursuit donc ses études chez cet oncle direct de son frère cadet, le future Serigne Abdou Khadre Mbacké, l’Imam des Imams. Il y apprend la connaissance (avec en sus, l’histoire, la géographie, l’astronomie, etc.) avant d’aller poursuivre ses études auprès de Serigne Afé Mbacké, le frère de Serigne Touba et de Mame Thierno Birahim son bras droit bien connu.

Il dominera tous les sujets enseignés et des témoignages indiquent qu’il connaissait par coeur la géographie des cinq continents qu’il dessinait par terre. “Très éveillé” et “très courtois”, sont parmi les superlatifs qui foisonnent dans la description d’un érudit dont l’humilité fera que bien des talibés ne le connaissent que de nom. Il était humble parmi les humbles et le courage et la franchise étaient au nombre de ses traits distinctifs.

A la disparition de Serigne Touba en 1927, Serigne Abdoulahi se repliera aux côtés de Serigne Mouhammadou Moustapha, le 1er Khalife pour le servir fidèlement. Ce dernier qui avait une confiance totale en lui, le faisait quérir à chaque fois qu’il avait un problème épineux à régler. Il avait fondé Darou Rahman en 1930, mais son frère le Khalife ne cessera de faire appel à lui.

Dorénavant il sera l’intermédiaire attitré entre les différents membres de la famille de Serigne Touba, qui les réunit souvent pour discuter de toutes les questions. En même temps qu’il demeurera leur porte-parole et leur représentant en diverses occasions.

En 1945, le décès de Serigne Mouhammadou Moustapha, l’aîné qui aura vécu pour la consolidation de la Mouridya, marque le début de l’ère Serigne Fallou qui va faire des daaras et des champs les éléments moteurs de son khalifat, tout en terminant la Grande Mosquée. Serigne Abdoulahi sera son bras droit et avait une devise toute de simplicité, en phase directement avec l’esprit du Ndigueul:

“Tout ce que Fallou dit, nous devons le faire”. Il y ajoutait à l’intention de son aîné direct Serigne Bassirou “si tous les enfants se mettent derrière moi, je serai derrière toi et, ainsi, nous serons tous derrière Fallou”. Il ne cessera de travailler au rapprochement de tous les membres de la famille de Serigne Touba.

D’ailleurs, c’est lui que Serigne fallou envoyait partout comme émissaire et avec qui il s’accompagnait dans tous ses déplacements.
Avec Serigne Bara Mbacké, les relations fraternelles prennent une tout autre dimension. En effet, celui-ci l’aimait par-dessus tout et le plaçait avant quiconque.

Le signe le plus manifeste de cet amour est qu’il donnera le nom d’Abdoul Aziz (Abdoulahi) à un de ses enfants. Au point qu’entre Serigne Abdou et cet homonyme, la différence d’âge n’était que de dix ans.

Avec Serigne Bassirou, son frère aîné direct, l’illustration de l’amour fraternel sera encore saisissante. En effet, ils se connaissaient particulièrement bien, ayant habité ensemble dans la demeure de Serigne Touba de son vivant, où ils partageaient tout. Il est de notoriété que Serigne Abdoulahi rendait visite à son frère partout où il se trouvait, à Diourbel, à Kaolack ou ailleurs dans le Saloum, aux différents lieux de résidence du cadet de Serigne Bara Mbacké.En retour, celui-ci lui rendait la pareille et, à l’occasion de chaque Magal, il passait au moins une journée à Darou Rahman.

Il était également très proche de Serigne Ibra Mbacké. Mais aussi, partageait bien des secrets de famille avec son jeune frère Serigne Abdoul Ahad. Ce dernier sera de tout temps son bras droit, chargé des questions les plus importantes comme les mariages et l’orientation des membres de sa famille. Au point qu’à sa disparition c’est Serigne Abdoul Ahad qui réglera toute la succession.

Avec Serigne Abdou Khadre Mbacké, c’était la confiance totale. Chacun disait de l’autre “ce qu’il dit, est aussi valable pour moi”. D’ailleurs, Serigne Abdoulahi allait toujours chercher ce frère cadet pour l’amener en voiture aux funérailles et autres cérémonies. Serigne Abdou Khadre était en outre son émissaire favori.

Pour tous ses frères cadets, Serigne Abdoulahi a joué le rôle de représentant et de porte-parole, que ce soit à N’Dar auprès du Gouverneur ou à Touba même, y compris l’actuel Khalife, Cheikh Saliou Mbacké -que Dieu lui accorde une bonne santé et le garde encore longtemps parmi nous! Ils ne restaient jamais trois jours sans se voir, a-t-on dit.

Lorsque Serigne Abdoulahi était à Darou Rahman et Serigne Saliou à Touba ou à Diourbel, ils faisaient la navette l’un vers l’autre. D’ailleurs, on apprend qu’ils voyageaient souvent ensemble. Serigne Abdoulahi témoignait son respect à son frère cadet en lui confiant la garde de Darou Rahman à chaque fois qu’il en sortait. Et Serigne Saliou s’occupait de tout et de tous en son absence et n’en bougeait pas tant qu’il n’était pas revenu.

Enfin, le même amour le liait à Serigne Souhaïbou Mbacké, le gardien de la tradition sunnite, ainsiqu’à Serigne Mourtada Mbacké le cadet de la famille de Khadimou Rassoul. Bref avec toutes la famille dont Mame Thierno Mbacké Bousso. Les filles de Serigne Touba ne seront pas en reste et à chacune il laissera une homonyme.

De même que tous les Cheikhs, en particulier Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma, le fils de son frère aîné qui lui était très proche.”Il pouvait ainsi aller des uns aux autres, pour les réunir et les amener à se concerter sur toutes les questions de sorte à toujours parler d’une seule voix”, conclut Serigne Ara Diatara.

UN VIATIQUE DE TRAVAIL ET DE PIETE

L’oeuvre de Serigne Abdoulahi qui lui valut le surnom de Borom Deurbi est attestée par tous ceux qui ont quelque connaissance de Darou Rahman. Autant les mots “Khurwa”, “Deurbi” et “Tanbi” rappellent une époque faste pour les agriculteurs du Sénégal tout entier, autant son nom s’attache à la production de fruits et légumes, voire du riz dans la région du Baol.

Serigne Abdou est celui qui avait transformé une contrée sauvage en paradis, pour le bien-être de familles entières de ses talibés et de nombreux travailleurs agricoles d’horizons divers.

Outre l’introduction dans cette zone d’espèces ligneuses et légumières inconnues jusqu’alors, c’est par son sens de l’organisation du travail et de l’entreprenariat que le marabout de Darou Rahman devançait ses contemporains. Car d’après des sources concordantes, alors qu’il employait plus de cinq cents talibés, et produisait des tonnes de fruits et légumes, approvisionnant le reste du pays, il laissait en héritage un modèle économique digne des exploitations les plus modernes.

D’après le N° 18 du mensuel “Grain de sel”, “Indépendamment des paysans proprement dits, plusieurs équipes bien entraînées se répartissaient la tâche : une pour la récolte,une pour la sélection, une pour la manutention, une pour le convoyage, une pour l’intendance et une pour l’administration.

Le Marabout lui, s’occupait du bureau d’étude et des relations avec les services de l’agriculture.” Ce confrère poursuit par des témoignages sur l’exaltation des vertus du travail que Serigne Abdou tenait de son père, le vénéré Cheikh Ahmadou Bamba. A cet effet, lit-on “il avait fait imprimer une pancarte en français et en arabe sur laquelle on pouvait lire “Croyez en Dieu et en son Prophète, mais travaillez”.

Son ardeur au travail n’avait pourtant d’égale que sa recherche constante de piété.Ainsi, partout où il était, aimait-il ponctuer ses activités de séances de prières et de récitations du Coran. Il était en outre connu pour ses prêches contre les pratiques animistes qu’il jugeait “Bida” et contre lesquelles il mettait ses talibés en garde.

Son attachement strict au Ndigueul est légendaire. Car selon les témoignages recueillis, même après la disparition de Cheikhoul Khadim, il respectait à la lettre ses interdictions d’autrefois. D’après nos sources, en maintes circonstances, il rétorquait à ses vis-à-vis “je ne lferai pas ceci ou cela parce que Serigne Touba m’avait dit ceci”.

Serigne Ara Diatata rapporte que pour Borom Deurbi, la première chose la plus importante au monde était l’adoration de Dieu, toujours et jusque dans la souffrance. De sorte que son Diawrigne était “nuit et jour avec le Tout-Puissant”. Il ajoutait immédiatement après cela un devoir d’enseigner et d’éduquer les gens autour de lui.

Enfin, il se faisait un point d’honneur d’aider et d’assister ses semblables en toutes circonstances. Ce qui l’amena à apprendre seul à soigner, “à faire des injections et des pansements”. Cette assisatnace, il l’étendait en outre aux plans du Zair – physique – et du Baatin -mystique.Il était enfin l’homme du “Disso” -dialogue fécond- en toute circonstance, pour que règne partout l’harmonie et la paix.

Un homme du siècle donc, en avance sur son temps et qui a légué au Sahel un modèle de développement dont la valaidité n’a jamais été démentie.

Darou Rahman L’escale sur la route de Taïf

Le village de Darou Rahman sur la route entre Touba et Taïf, est peu connu en raison de la discrétion de son fondateur, Serigne Abdoulahi Borom Deurbi. Son humilité était légendaire. Pourtant, il fut à l’origine de l’un des premiers jardins d’essai du Baol et du projet horticole et forestier le plus florissant que le Sénégal ait connu.

Au garage de Touba qui grouille de monde comme chaque jour de la semaine, lorsque vous demandez à vous rendre à Darou Rahman, il y a toujours quelqu’un qui s’empresse de vous indiquer que vous êtes presque arrivé. Il suffit de prendre un taxi juste à côté ou, si vous avez le temps pour flâner, l’une des nombreuses charrettes qui vous déposent au croisement avec la nouvelle route en chantier menant à Taïf.

Cet axe routier qui n’attend que son bitumage serpente à travers une brousse aux arbres rabougris dont le vallonnement en dit long sur le passé de la contrée. Ceux qui ont choisi la promenade à pied de sept kilomètres vous indiquent la frondaison des acacias “Kadd” , sept kilomètres plus loin, au-delà de laquelle est nichée la demeure du Cheikh de Darou Rahman. Malgré le dur soleil qui tanne la peau, un faible zéphyr donne du courage au visiteur. Image surréaliste, une BMW rutilante débouche qui abrège le trajet.

Devant la grand’place du village, c’est le calme des habitations-écoles du mouridisme où le silence règne, qui n’est interrompu que par des psalmodies. On passe de la rue principale au coeur de la concession après une grande cour et une seconde palissade. Là, une antenne parabolique gigantesque montre si besoin était l’immersion de la famille MBacké dans la modernité, face à l’avènement des Ntic.

Surtout dans cette région où la radio ne se capte encore que difficilement. Sous deux acacias géants, des talibés devisent tranquillement, dont tous vous disent qu’ils ont passé la majeure partie de leur existence à l’ombre des MBacké et, en particulier ici, de Serigne Abdoulahi Borom Dër bi -le patron des jardins maraîchers.

Car la légende de ce 5ème fils de Serigne Touba a fait le tour du pays. Le vieux MBaye Diakhaté est formel : “C’était un vrai miracle. Du temps de Sëgn Abdou, toute cette zone était une véritable forêt. On y trouvait toutes sortes d’arbres fruitiers; oranges, goyaves, pommes cannelles ainsi que les inévitables rôniers qui seuls ont survécu.

Des libanais y avaient également implantés diverses variétés de salade, le persil, le céleri ou les poireaux. Sans oublier la betterave, le salsifis ou les navets et autres choux raves. Et la pêche y était abondante”.

De cet eldorado en plein Baol, il ne reste guère que des rares rôniers rabougris qui pointent leur ramage rachitique vers un ciel dénudé. Or le reporter de l’hebdomadaire sénégalais “Grain de sel” est formel. Convaincu que Serigne Abdoulahi était en avance sur son temps, il écrit dans son édition N°18 :

“En moins de trois années, le marabout était parvenu à transformer un vrai bled où ne poussaient que des “nguer”, fréquenté par des fauves et pullulant de serpents venimeux, en une véritable oasis. Plus de cinq cents talibés appointés, bénéficiant de nombreux avantages sociaux y étaient employés. en 1957, la production globale était de 360 tonnes de légumes et fruits par jour!”

Le plus étrange pour celui qui aborde Darou Rahman aujourd’hui c’est de s’entendre dire que le poisson y était abondant. L’aquaculture était donc une pratique connue ici bien avant l’indépendance. On y trouvait des carpes et des tilapias dont le rythme de reproduction était tellement rapide qu’Omar Fall, talibé alerte et débordant d’enthousiasme portant bien la soixantaine, qui travaille chez Sokhna Maïmouna Mbacké, fille de Borom Deurbi, se souvient d’ une année exceptionnelle où des inondations menaçaient d’entraîner les alevins.

“C’était en 1959, dit-il ; je me souviens parce que j’étais venu pour mon premier Magal. Borom Deurbi avait dû faire construire une digue pour préserver le poisson.”.

On regrette ce temps pas si lointain où il devait faire un doux climat autour de l’étang (tan) aux alentours boisés. Car dès après la disparition de Serigne Abdoulahi en 1960, la végétation a commencé à dépérir. Pourtant, même si aujourd’hui il ne reste que quelques rôniers pour en témoigner, on garde l’espoir.

A l’image de Madame Ouli Wade, la matronne qui a hérité son métier de sa mère et souhaiterait bien disposer d’une case de santé pour parer à toutes éventualités. Pour l’instant, elle envoie ses malades à l’hôpital deTouba et avec cette foi inébranlable qui animent les mourides sadikh, à l’instar de son voisin Gning pourtant visiblement souffrant, elle remercie Dieu “Alhamdou lilahi, jusqu’ici, il n’y a pas eu de cas déseepérés”

Sokhna Maïmouna MBacké, est aussi venue apporter son témoignage sur l’amour de Serigne Abdou pour ses enfants et talibés, avant de dire une courte prière qu’on s’est empressé de recueillir, comme une bénédiction. Parce que justement, on sait à Darou Rahman que non loin de cette vallée des miracles, à Ndokk précisémént, Serigne Cheikh MBacké, le fils aîné et actuel Khalife de Darou Rahman marche sur les traces de son père. Et lorsque de gros nuages prometteurs se sont levés à l’horizon, toutes les pensées sont retournées à Borom Deurbi le fondateur.

Ils m’ont jeté sur la mer par refus de la volonté divine et par haine, mais le Généreux m’y a incontestablement comblé de sa grace.
Ils ont voulu m’humilier en me jetant sur la mer, heureusement que mon Seigneur a dompté pour moi la houleuse des mers.

Commémoration de la prière de la mer DJULIG GEEDJ-GI 21 septembre 2000

C’est grâce à la détermination de talibés engagés et unis au service de l’oeuvre de Serigne Touba que, depuis 1995, les musulmans célèbrent chaque année cet événement majeur dans la vie du vénéré Cheikh Ahmadou Bamba. C’est l’occasion de rappeler les rudes épreuves qu’il a subies et son héroïsme stoïque durant la longue captivité de 1895 à 1927.

C’est-à-dire, pas moins de 42 ans durant lesquels, les colons ne lui ont pas laissé la paix un instant. Alors que c’est uniquement en s’adonnant à la prière, suivant les rites islamiques et au service du Prophète Mouhammad (PSL) que le Cheikh résistera à ses ennemis, afin de sauver l’humanité.

Les deux rakats de la mer sont commémorés sur Ndigueul, à l’instar des autres célébrations de la Mouridya que sont :

– les deux Rakats de Ndar, pour l’anniversaire du procès du 5 septembre;
– le Magal de Touba Buntu Port, pour le retour du Gabon.

La prière de la mer eut lieu en une après-midi (Takoussan) alors que l’embarcation qui l’emmenait avait pris le large. Selon une première version, c’est le Commandant qui a voulu faire ombrage au Cheikh en le plaçant devant un dilemme, puisqu’il lui interdira de prier à bord. De sorte que soit il désobéissait et était fautif vis-à-vis de l’autorité, soit il ne priait pas et l’était vis-à-vis de Dieu.

Une seconde version dit que c’est alors qu’il avait terminé ses ablutions et s’apprêtait à prier qu’une dame à b bord l’a approché pour le perturber. Le Cheikh a opté pour cette prière sur la mer.

Un des leçons que les talibés peuvent en tirer concerne l’importance de l’adoration de Dieu et de l’heure de la prière qu’il n’est pas permis de différer.

Le Kurel Djulig Guedj a été mis sur pied depuis 1995. Il a été présidé par Serigne Nazir Touré dont les talibés ont fait aujourd’hui le Président d’honneur. La Présidence est aujourd’hui assurée par Serigne Baba Guèye fortement appuyé par les femmes mourides unie derrière Sokhna Soda Touré.

Au fil des ans, ce Magal célébré le 21 septembre a gagné en ampleur et en notoriété et figure aujourd’hui au nombre des principales manifestations de la Mouridya. selon certaines sources, lorsqu’il avait été informé de la volonté de célébrer cette date, le défunt Khalife Serigne Abdou Khadre a dit “voilà certainement le Magal qui mérite le plus”.

Au commencement, la prière des rakats de la mer qui a toujours lieu en fin d’après-midi (takoussan) était dirigée par Serigne Mourtada M’Backé Ibn Khadimou Rassoul. Puis Serigne Saliou Inb Serigne Mouhammadou Moustapha dit “Ambassadeur”a pris le relais avant de le passer à Serigne Mountaqa Ibn Serigne Bassirou. Ensuite, Serigne Abdou Hakim Ibn Serigne Bassiorou leur succédera. Il passera la main à Serigne Mame Mor MBacké IBn Serigne Mourtada MBacké.

Au cours de ces années, il convient de signaler la présence très remarquée de Serigne Bassirou Ibn Serigne Bara MBacké.
La prière a toujours lieu sur le grand Boulevard de Diamalaye, en face de la mer, à la sortie de l’autoroute en venant du Cices vers Nord Foire, quelques 400 m après l’échangeur.

Rendez-vous le 21 septembre dans l’après-midi.

Malhonnêteté…

Cet engagement solennel (…) comment l’interpréter et à quel titre l’a-t-il pris ? est-ce en tant que Président de la République ou en tant que talibé ?
Si c’est en sa qualité de président qu’il l’a pris, il a commis une erreur monumentale ; car, en cette qualité, il doit réserver un traitement égal à toutes les confessions et confréries.(…) Alors M. Sy, la probité vous demande de dénoncer les dérives “pro-tijanes” de Diouf avant de dénoncer les dérives “pro-mourides” de Wade. (…) Si maintenant c’est en tant que talibé tidiane qu’il l’a fait, on n’a rien à lui reprocher(…)

*A l’occasion d’une prière de Korité ou de Tabaski, le khalife général des mourides de l’époque Serigne Abdoul Ahad avait prononcé un discours très énergique au cour duquel il affirmait avoir reçu une centaine de lettres de récrimination venant des talibés qui travaillaient dans les différents services de l’administration (particulièrement à l’ORTS (…)” et faisant état de mauvais traitements (…) parce que tout simplement ils sont mourides !

Voilà quelques exemples, parmi tant d’autres que nous pouvons citer avec à l’appui des documents, qui démontrent qu’Abdou Diouf a bel et bien privilégié les tidjanes (…)

Cela dit, on se demande quand ces injustices étaient en train d’être commises à l’encontre des mourides, (…) où était ce subjectif conseiller en communication qui aujourd’hui, tente de créer de toutes pièces une “partialité” du président Wade en faveur des mourides ?

La cinquième malhonnêté d’Abdoul Aziz Sy, c’est de s’être offusqué d’un privilège accordé à Touba… (le reversement des ouvrages hydrauliques que l’Etat a réalisé à Touba dans le réseau SDE pour que les habitants de cette ville payent l’eau au même titre que tout le monde ) comme si les mourides ne faisant pas partie de ce peuple !

(…) nous lui dirons clairement que c’est le Khalife Sérigne Saliou “que Dieu le préserve et lui prête vie longtemps parmi nous ” qui paie les factures des ouvrages d’utilité publique “l’eau, l’électricité de la grande mosquée, de la bibliothèque etc”, les autres étant pris en charge par la communauté rurale que dirige Sérigne Béthio Thioune.

Par ailleurs, nous savons bien comme M. Sy le sait aussi que Tivaouane ne payait pas sous ‘Diouf l’électricité consommée en période de Gamou, ce qui n’était pas le cas pour le Magal (…) comment Aziz Sy peut-il dénoncer l’eau gratuite de Touba et ne pas dénoncer l’électricité gratuite de Tivaouane (…)

La sixième malhonnêteté c’est lorsque M Sy dit :(l’on a souvent entendu le vénéré Abdou Aziz Sy (Rta) fustiger ou mettre en garde contre l’utilisation des tariqas comme arme de combat et prêcher de toutes ses forces, toute sa vie durant, l’unité des coeurs,) comme si les marabouts mourides au lieu de prêcher la même chose, encouragent le pouvoir actuel à l’utilisation des tariqas ou de la tariqa mouride précisément – alors qu’il sait parfaitement que Serigne Saliou lui a joint l’acte à la parole, car non seulement il a toujours plaidé pour la fraternité, l’unité et la solidarité entre les musulmans (…) Avant lui, ses vénérables frères et prédécesseurs faisaient la même chose.

La septième malhonnêteté c’est que, pour lui, le fait de (s’entêter à vouloir faire de Touba ” un Etat dans l’Etat”, une principauté ou même une zone franche, ne va pas dans le sens de la préservation de l’unité nationale. Le vouloir, c’est aussi exposer dangereusement les autorités religieuses de cette ville qui échapperaient totalement au contrôle de la puissance publique pour y faire régner l’ordre) alors que le statut officiel donné à l’autorité tidjane de Tivaouane est quelque chose de normal pour lui (…)

A la fin (…) Abdoul Aziz Sy dit à l’endroit du président Wade : maintenant, si vous persistez dans vos dérives sectaires, cher Maître, les Sénégalais seront en droit de penser que vous êtes tous sauf un républicain, tout sauf le président de tous les Sénégalais (…) nous contentons de répondre en disant tout simplement que si Abdoulaye Wade, en persistant -comme Aziz Sy- dans ses dérives sectaires serait tout sauf un républicain et sauf le président de tout les sénégalais, c’est que, donc, Abdou Diouf qui l’a devancé dans ses dérives sectaires et y a persisté lui jusqu’à sa chute était tout sauf un Républicain, tout sauf le président de l’ensemble des sénégalais. L’honnêteté veut que M Sy accepte les deux hypothèses ou qu’il les rejette toutes les deux.

Enfin nous disons à Abdou Aziz Sy et à tous ceux qui partagent son aversion à l’égard des mourides deux chose:

1° S’il y a une communauté qui a tant souffert d’injustice, de blocage systématique, d’attaques blasphématoires de la part de nationaux et d’étrangers (thèses de l’ex-président Diouf, thèse de Rawhane Mbaye, enquêtes parues dans les revues françaises Paris-Match, marocaine AI-Quods et koweïtienne AI-arabi), de boycott inavoué, de marginalisation, de calomnie à l’extérieur, de discrimination au niveau des services publics , de manipulation politicienne…c’est bien la confrérie mouride , dénigrée à l’étranger précisément dans les pays arabes..

2° Les mourides sont des intellectuels avertis qui savent ce qui se passe, mais la discipline et le respect rigoureux du Ndigueul qui les caractérisent ont fait qu’ils ont, toujours préféré ne pas répondre aux attaques (…)

De Serigne Abdou à Serigne Cheikh Deurbi à Ndokk

Serigne Abdou a toujours recommandé autour de lui de travailler sans relâche, d’éviter tout gaspillage et de bannir l’auto-glorification. Ainsi, l’humilité a toujours été l’un de se traits de caractère dominant. Il conseillait d’éviter la curiosité malsaine, de s’occuper avant tout de ses propres affaires.

De sorte que la politique était pour lui un domaine dont il valait mieux se mettre en réserve. Et à ceux qui y sont engagés, il conseillait la correction et la politesse et d’éviter toute dispute. Lui-même demandait des autorités coloniales qu’elles le laissent en paix “pour travailler et prier”.

Les témoignages sont concordants qui affirment que son fils aîné a hérité de ces vertus et de sa vision du monde. Rien d’étonnant puisque Cheikh Abdoulahi a éduqué lui-même Serigne Cheikh jusqu’à sa dixième année au moins. Ainsi, à sa disparition le 15 janvier 1960, le fils avait en lui-même les germes de sa future personnalité. En particulier, pour ce qui est de son amour du “Disso”” -le dialogue fécond.

Le père voulait toujours que règne l’harmonie. De sorte que tous les talibés se sentent proches les uns des autres et s’aiment.

De Serigne Cheikh, les talibés les plus âgés soutiennent qu’il est la copie du vénéré Borom Deurbi. Et devant son engagement sur ses chantiers de Ndokk où les jardins et vergers surgissent de terre, ils savent qu’ils n’ont pas tort.

Apparemment, ils ont le même caractère, les mêmes habitudes, parce qu’il a fait le “tarbiyou” chez lui, à la maison paternelle En outre, concluent nos sources, “il ne parle pas beaucoup, il préfère agir”. La continuité pour tout dire.

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