66 journalistes tués en 2014, 114 enlevés… : Presse non grata dans le monde

presseLe bilan 2014 est lourd : 66 journalistes tués, 5 exactions qui ont marqué l’année, 119 journalistes enlevés, 5 zones les plus dangereuses, 178 journalistes en prison, 139 journalistes exilés, 853 journalistes arrêtés, 1846 journalistes menacés et/ou agressés. C’est les chiffres sinistres publiés par Reporters sans frontières pour ressasser les violences commises contre les journalistes.

Les journalistes font toujours l’objet d’attaques dans le cadre de l’exercice de leur fonction. Malgré la sensibilisation et la communication me nées pour le respect de la liberté de la presse. Dans son rapport de cette année, Reporters sans frontières (Rsf) révèle que nonobstant «une légère baisse du nombre de journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions, il a été noté une mutation de la violence, avec une instrumentalisation de plus en plus grande des exactions contre les reporters (décapitations, mises en scène, menaces)».

«Les assassinats sont de plus en plus barbares, les enlèvements en très forte croissance, avec l’objectif, pour ceux qui les perpètrent, d’empêcher l’information indépendante et de dissuader les regards extérieurs. Les intimidations sont si diverses que les journalistes sont deux fois plus nombreux à avoir pris le chemin de l’exil par rapport à l’année précédente», a-t-on fait savoir dans le bilan pour l’année 2014 publié par cette organisation.

Dans ce document rendu public, on informe que «les décapitations de journalistes en 2014 démontrent l’ampleur de la violence à l’égard des témoins gênants». Selon Rsf «rarement la mort des reporters aura été perpétrée avec une science aussi barbare de la propagande».

L’or- ganisation, qui s’indigne contre ces actes perpétrés contre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions, informe  qu’au-delà de «ces actes qui ont suscité une émotion partoutdans le monde, 66 journalistes professionnels au total ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions en 2014».

«Ce qui représente une légère baisse de 7 % par rapport à l’an passé. Les deux tiers ont trouvé la mort dans des zones de conflit, comme en Syrie (le pays conforte sa place de pays le plus meurtrier pour les journalistes), dans les Territoires palestiniens (notamment à Gaza), dans l’Est de l’Ukraine, en Irak et en Libye», a-t-on ajouté.

La Syrie, mouroir des journalistes 

En analysant ce bilan, l’organisation relève ainsi «deux phénomènes importants : la décrue des assassinats de journalistes dans les pays “en paix”, en Inde ou aux Philip pi nes. Et à l’inverse, la hausse importante (+ 100 %) de femmes journalistes tuées cette an née» car il y en a eu  six cette année contre trois l’an dernier.

«Les journalistes de sexe fé minin ont été tuées en Centra frique, en Irak, en Egypte, en Afghanistan et aux Philippines. Une net-citoyenne mexicaine a également été assassinée après avoir été enlevée par des hommes armés», a-t-on renseigné.

Si les journalistes tués ont connu une baisse cette année, telle n’est pas le cas en ce qui concerne  les enlèvements qui accusent une forte hausse cette année. «En 2014, 119 journalistes professionnels ont été kidnappés dans le monde, contre 87 l’an dernier, soit une augmentation de 37 %.

Les prises d’otages ont été particulièrement nombreuses dans la zone Moyen-Orient Afrique du Nord. En Libye et en Syrie, respectivement 29 et 27 journalistes ont été enlevés au cours de l’année. En Irak, le chiffre s’élève à vingt», a-t-on souligné.

Dans le rapport, on mentionne que cette «tendance s’explique notamment par l’offensive du groupe Etat islamique dans la région ainsi que par l’insécurité qui règne en Libye où les conflits armés entre milices rivales ne faiblissent pas».

De même, «en Ukraine, de nombreux journalistes ont été enlevés cette année, principalement dans l’Est du pays où le conflit perdure malgré le cessez-le-feu décrété en septembre dans la région». «A ce jour, 40 journalistes et trois cito yens-journalistes restent otages dans le monde. Repré sentant près de 90% des enlevés, les journalistes locaux payent le plus lourd tribut. En Syrie, parmi les 22 journalistes toujours entre les mains de groupes armés, 16 sont Syriens.

En Irak, les huit otages encore retenus sont tous de nationalité irakienne», informet-on par ailleurs. Dans son bilan, Reporters sans frontières a aussi classé les 5 pays les plus meurtriers pour les journalistes, il s’agit de  la Syrie, de la  Palestine, l’Ukraine, l’Irak, la Li bye. En plus, il a été mentionné dans le document, les pays où les journalistes sont kidnappés «Uk raine, Libye, Syrie, Irak, Mexique».

Dans le bilan on fait aussi état des zones considérées comme les plus dangereuses pour les journalistes. On donne entre autres à titre d’exemple «des territoires sous contrôle du groupe Etat islamique (Irak et Syrie), Baloutchistan (Pa kistan), Département d’Antio quia (Colombie) l’Est de la Libye». Con cernant cette zone située à l’Est de la Libye, Reporters sans frontières informe que les journalistes sont souvent menacés, kidnappés et enlevés.

«’’On va te couper les doigts si tu continues à écrire’’. Voici le genre de menaces auxquelles sont confrontés régulièrement les journalistes dans l’Est de la Libye.  (…) En cinq mois, trois journalistes ont été assassinés en pleine rue, le plus jeune avait 18 ans. Neuf autres ont été kidnappés. On ne compte plus ceux qui se sont fait arrêter ou menacer. Porter une caméra ou une carte de presse relève de la bravoure», peut-on lire dans le document.

Pour rappel Reporters sans frontières publie depuis 1995 «le bilan annuel des exactions commises contre les journalistes». Celui-ci  se fonde d’après l’organisation «sur des données précises, collectées grâce à l’activité de veille de l’organisation».

«Sont inclus dans ces statistiques les journalistes, professionnels ou non, ayant trouvé la mort dans le cadre de leur travail d’information. Les cas sur lesquels l’organisation n’a pas encore pu réunir les éléments nécessaires pour statuer avec rigueur demeurent en investigation», a-t-on noté.

 Dieynaba KANE

dkane@lequotidien.sn

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