Coût de l’électricité : La VAR contredit les autorités

Des arguments sont développés pour justifier la hausse du prix de l’électricité qui sera effective ce 1er décembre. S’il est défendu qu’il existe un gap de 12 milliards à résorber pour éviter à la Société nationale d’électricité (Senelec) de ne sombrer dans le noir, il est également prouvé que la VAR contredit les autorités qui avaient plusieurs fois signalées que le Sénégal se dirige assurément vers une baisse drastique du coût de l’énergie.

Déjà en mars 2017, Makhtar Cissé, alors Directeur général de la Senelec faisait une annonce de taille qui avait fait plaisir aux consommateurs. En effet, il déclarait qu’«aujourd’hui, nous avons 40 mégawatts de solaire, nous aurons 3 autres centrales qui seront inaugurées à la fin de l’année. En fin 2017, nous aurons 21% de notre parc de production avec de l’énergie propre, de l’énergie solaire. La statistique mondiale en termes de renouvelable c’est 5%, la France est à 15%. On dépasse le Maroc qui est à 18% en 2018. On ne sera pas loin de 30% en énergie renouvelable».

De tels constats l’avaient même poussé à défendre que «le problème de la disponibilité de l’énergie est réglée jusqu’à l’horizon 2030. La disponibilité de l’énergie assurée, celle-ci aura des répercussions sur le coût de l’électricité». Non sans ajouter à cette date que «c’est cette diversification qui permet de baisser le coût de l’énergie. Nous voulons nous inscrire dans une baisse structurelle, pas dans une baisse conjoncturelle. On n’a pas suivi le coût du baril de pétrole. Si on l’avait suivi, peut-être que la baisse aurait pu être plus importante, mais elle aurait augmenté de façon exponentielle aussitôt».

En restant toujours dans la vérification de la VAR, en décembre de la même année, M. Cissé allait plus loin en parlant d’une baisse de près de 50% du coût de l’électricité. «Mon pari est qu’à partir de 2020-2021, le prix de l’électricité baisse sensiblement». La Senelec qui venait de bénéficier de la note AA- du cabinet Bloomfield investment, indiquait que «dès qu’on aura le premier gaz, le prix de l’électricité va baisser et dans 10 ans, les factures seront divisées par deux».

Avec cette hausse programmée pour ce 1er décembre, peut-on encore l’espérer dans un court délai ? La question est posée avec acuité, surtout avec cette levée de boucliers de la part de plusieurs organisations dont la plateforme Aar Li ñu bokk qui a procédé au lancement de la campagne de résistance contre cete hausse, hier à la place de l’Obélisque. Seulement, en insistant sur la VAR, l’on peut encore se demander si ces nombreuses baisses annoncées n’étaient pas un canular. Car, en décembre 2018, Makhtar Cissé clamait encore : «On ne parle plus de qualité de service, on parle de coûts, cela veut dire que l’État a fait beaucoup d’efforts pour améliorer l’état de service. Donc, c’est un pas important qui a été franchi. L’étape qui suivra, consistera nécessairement à travailler sur la baisse du prix de l’électricité. Et, l’État travaille tous les jours à baisser les coûts, afin de rendre disponible et accessible l’électricité au profit des entreprises et ménages». La Senelec se trouvait dans une telle santé en termes de capacités de distribution énergétique, que M. Cissé arguait que «nous pouvons aujourd’hui assurer l’approvisionnement en électricité du Train express régional, sans aucun problème. Je peux même vous dire que Senelec a aujourd’hui les moyens d’assurer l’alimentation en énergie de deux Trains express régional».

Quand le discours change

Devenu ministre du Pétrole et des énergies, c’est le même Makhtar Cissé qui a fait cette annonce : «Une baisse ne peut pas être envisagée dans le contexte actuel. Ce sont 200 milliards Cfa d’investissements qu’il faudra rembourser. Donc, les investissements dans le secteur sont très lourds. Ce coût a un impact sur le vécu des Sénégalais. Mais cela ne permet pas à l’État de ne pas investir dans d’autres secteurs dont le Sénégal a besoin. Il faut d’abord arriver à maîtriser les coûts de production, les diminuer pour pouvoir enclencher une baisse. Le défi majeur aujourd’hui, c’est la stabilité du système de fourniture de l’électricité.»

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